Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
M

médecine (suite)

À l’échelon immédiatement au-dessus se placent les cliniques. Il s’agit d’établissements de soins s’adressant en général à des malades admis et alités ; toutefois, des consultations y sont parfois données. On doit y distinguer la part immobilière, gérée le plus souvent par une société constituée de personnalités médicales ou non médicales, et le personnel des équipes médicales et infirmières, qui travaille dans l’établissement indépendamment de la gestion immobilière. La grande majorité des cliniques est destinée aux actes de chirurgie ou aux accouchements, parfois aux deux. Elles sont astreintes à des règles de fonctionnement concernant la sécurité, les normes d’effectifs de personnel par rapport au nombre des lits, etc. Récemment, les cliniques à orientation médicale, naguère rarissimes, se sont multipliées en raison, notamment, de la nécessité d’admettre en observation certains sujets devant bénéficier d’explorations paracliniques complexes. Enfin citons les cliniques psychiatriques, dans lesquelles peuvent se faire les cures de sommeil, les narco-analyses, les électrochocs, les cures de Sakel ou la surveillance de traitements neuroleptiques majeurs.

Par opposition aux cliniques, qui ne reçoivent qu’une clientèle triée dans une seule discipline, les hôpitaux* assurent le fonctionnement simultané de services de disciplines différentes. Si certains hôpitaux privés gardent la possibilité de n’admettre que les patients qui leur paraissent relever de leur compétence, les hôpitaux publics, et notamment ceux de l’Assistance publique, doivent leurs soins à tout malade relevant de la circonscription, quelle que soit sa situation pathologique et sociale. Plus récemment ont été individualisés des centres hospitalo-universitaires (C. H. U.), qui ont pour missions, à côté de l’activité de soins de tout hôpital, de contribuer à la formation professionnelle des étudiants en médecine et de favoriser la recherche médicale. C’est en fonction de ces deux tendances supplémentaires qu’ont été créées les fonctions médicales à temps plein, le même médecin consacrant toute son activité aux soins, à l’enseignement et à la recherche, à l’exclusion de toute autre activité médicale.


La couverture sociale

Le besoin d’un régime d’« assurances maladie » de dimension nationale s’est peu à peu fait sentir et a abouti à la formation de la Sécurité sociale, qui vise, ainsi que l’expose l’article premier de l’ordonnance du 4 octobre 1945, « à garantir les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de maternité et les charges de famille qu’ils supportent ». En réalité, la Sécurité sociale représente un organisme complexe pour deux raisons principales. En premier lieu, le régime général est loin de recouvrir la totalité des modes d’assurance, car de nombreuses professions ont conservé un régime particulier. En second lieu, au fil des années, des aménagements, des refontes, des modifications se sont succédé, rendant très touffue la législation de cet organisme. Nous n’en donnerons donc ici qu’un aperçu schématique.

• Le risque principal couvert par la Sécurité sociale concerne les assurances maladie*, maternité*, invalidité*, décès*, accidents* du travail et maladies professionnelles. La Caisse nationale d’assurances maladie est une administration à gestion autonome contrôlée par le ministère de la Santé publique et celui de l’Economie et des Finances. Elle gère de façon distincte d’un côté les assurances maladie, maternité, invalidité, décès, de l’autre les accidents du travail et les maladies professionnelles. Elle coordonne l’action sanitaire et sociale des caisses régionales. Elle possède un conseil d’administration comprenant pour moitié des représentants des assurés et pour moitié des représentants des employeurs.
— Les caisses régionales d’assurances maladie ont pour rôle de fixer les tarifs et de prévenir les accidents du travail et les maladies professionnelles.
— Les caisses primaires assurent les prestations dans leur circonscription et contribuent à l’action sanitaire et sociale sous la coordination de la Caisse nationale.

• Les allocations familiales comprennent : les allocations prénatales, versées durant toute la durée de la grossesse pourvu que la femme se soumette aux examens du 3e, du 6e, du 8e et du 9e mois ; les allocations de maternité ; les allocations familiales, versées à compter du deuxième enfant à charge ; l’allocation de salaire unique ; l’allocation de la mère au foyer ; l’allocation d’éducation spécialisée ; l’allocation de logement.

• La Caisse nationale d’assurance vieillesse gère l’assurance vieillesse des travailleurs salariés.

• Enfin, l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale et les unions de recouvrement sont des organismes purement comptables gérant la trésorerie des différentes caisses.

En cas de maladie, la Sécurité sociale rembourse de 75 à 90 p. 100 des frais médicaux et pharmaceutiques, et la totalité (100 p. 100) s’il s’agit d’affections de longue durée. Certaines assurances complémentaires privées ou des caisses de mutuelles peuvent compléter le remboursement. Au sein même de la Sécurité sociale sont recrutés des médecins qui ont alors un rôle de médecins de contrôle ou de médecins-conseils. Ils ont à estimer la validité de telle ou telle demande de prise en charge et à suspecter un abus éventuel de soins, d’arrêts de travail, de demandes de prestations. Les relations entre médecin traitant et médecin-conseil de la Sécurité sociale sont parfois délicates et peuvent être difficiles à concilier avec le respect du secret médical, qui reste cependant nécessaire.


La médecine du travail

L’existence d’une médecine du travail s’est trouvée légitimée du fait des risques croissants que représentent pour le travailleur les matériaux qu’il manipule et l’outillage qu’il utilise. Enfin, à côté des conséquences directes du travail, l’ouvrier peut être indisponible dans son emploi pour une cause de maladie. La prévention d’un certain nombre d’affections devient ainsi du ressort de la médecine du travail. En effet, celle-ci a plusieurs buts :
— améliorer l’hygiène du travail ;
— surveiller périodiquement l’état de santé de l’employé ;
— protéger le travailleur contre les dangers de son emploi ;
— lui faire attribuer un poste en rapport avec sa constitution, ses aptitudes physiques ;
— réinsérer dans un travail adéquat ceux qui relèvent de maladie.

C’est donc une médecine de protection et de prévention.