Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
M

maternité (assurance) (suite)

L’assurance maternité, branche de l’assurance maladie

En France, l’assurance maternité obligatoire est gérée par les organismes assureurs qui ont la charge de l’assurance maladie. Sont garanties les femmes assurées, les femmes et filles à charge d’assurés.

Les prestations en nature (accordées sans application du ticket modérateur [20 p. 100 dans le régime général] dès lors que la bénéficiaire a déclaré sa grossesse quatre mois au moins avant la date présumée de l’accouchement) comportent les frais d’examens prénataux et postnataux, les examens complémentaires, les frais pharmaceutiques exposés au moment et à l’occasion de l’accouchement, la ceinture de grossesse, les honoraires d’accouchement (forfait) ainsi que le remboursement de six séances de préparation à l’accouchement sans douleur. Lorsque l’accouchement a lieu en hôpital ou en clinique sont également pris en charge les frais de séjour. Les soins aux enfants prématurés, la fourniture de lait humain, les grossesses pathologiques et les suites de couches pathologiques sont du domaine de l’assurance maladie.

La femme personnellement assurée et qui respecte les obligations imposées à la mère dans un but médical ou pédiatrique (notamment celle de prendre un minimum de six semaines de repos dans la période précédant et suivant l’accouchement) perçoit des indemnités journalières — qui, dans le régime général, sont, depuis 1971, égales à 90 p. 100 du salaire journalier de base (v. maladie [assurance]) — pendant un maximum de quatorze semaines (parfois seize). Le droit aux prestations de l’assurance maternité est ouvert lorsque l’assuré satisfait à une double condition : condition de présence dans l’assurance (dans le régime général, dix mois d’immatriculation avant la date présumée de l’accouchement) et condition d’exercice d’une activité professionnelle suffisante au cours de la période de temps précédant immédiatement la date présumée de la grossesse (en principe le trimestre).


L’assurance maternité dans le cadre de la protection maternelle et infantile

Dès la déclaration de sa grossesse, la femme bénéficiaire reçoit de l’organisme assureur un « carnet de maternité » où sont exposées les règles qu’elle doit suivre pendant et après sa grossesse : surveillance médicale, comportant trois examens prénataux ; surveillance sociale, consistant à suivre les conseils d’hygiène et de prophylaxie donnés par l’assistante sociale ; surveillance du nourrisson pendant les huit semaines postnatales (éventuellement examen du père).

Si l’intéressée suit les prescriptions de la protection maternelle et infantile, elle reçoit des primes. Dans le cas contraire, elle perd tout ou partie des allocations prénatales (v. familiale [politique]). Par ailleurs sont prévues des allocations d’allaitement et des bons de lait, suivant que la bénéficiaire allaite ou non.

R. M.

➙ Assurances sociales.

mathématique ou mathématiques

Science qui étudie les relations entre certains êtres abstraits définis sous les seules conditions que leurs définitions n’entraînent pas de contradiction et qu’ils soient utiles dans d’autres parties des sciences.


On a longtemps défini les mathématiques comme la science des quantités, les subdivisant en plusieurs branches, suivant la nature des grandeurs soumises au calcul. On y distinguait principalement l’arithmétique, la géométrie, la mécanique, la physique mathématique, le calcul des probabilités. Ces diverses branches avaient un lien commun, l’algèbre, qu’on aurait pu définir comme le calcul des opérations. C’est assez dire combien les nomenclatures sont imprécises et surtout sujettes à variation dans le temps. La définition traditionnelle qu’en 1691 Jacques Ozanam (1640-1718) donne des mathématiques (« science qui enseigne tout ce qui se peut mesurer ou compter ») revient à considérer le noyau central des sciences mathématiques comme constitué par l’arithmétique et par la géométrie. Elle consiste donc à dire que ces sciences ont leurs racines dans les Éléments d’Euclide* (iiie s. av. J.-C.), qui traitent justement de ces deux disciplines fondamentales.

Jusqu’au xviiie s., on divise les mathématiques en mathématiques pures, ne faisant appel qu’au raisonnement, et en mathématiques mixtes, « lesquelles, écrit encore Ozanam, examinent les propriétés de la quantité attachée à des sujets sensibles » et qui font de plus appel à l’expérimentation. Ces mathématiques mixtes seraient, pour la plupart, à rattacher aux sciences physico-mathématiques. On distingue aussi les mathématiques théoriques des mathématiques pratiques, comme l’art du calcul ou l’arpentage.


Apparition des idées nouvelles

Vers 1800, on préfère parler non pas de mathématiques mixtes, mais de mathématiques appliquées, distinguant mieux ainsi, dans certaines sciences, la partie expérimentale de la partie plus purement abstraite, ressortissant seule aux règles mathématiques.

La distinction entre les mathématiques pures et les mathématiques appliquées est d’ailleurs fort imprécise. C’est ainsi que la géométrie, en tant que science de l’espace physique, qui fut d’abord l’essentiel des mathématiques pures, en est plutôt considérée à l’heure actuelle comme une application. Inversement, le calcul des probabilités fut longtemps rangé dans les mathématiques appliquées. Aujourd’hui, singulièrement depuis son axiomatisation en 1933 par Andreï N. Kolmogorov (né en 1903), il appartient aux mathématiques pures, la statistique restant du domaine des applications.

Au xixe s., la définition traditionnelle des mathématiques est battue en brèche bien avant de disparaître. En 1854, George Boole* (1815-1864) écrit qu’il n’est pas de leur essence de s’occuper des idées de nombre et de quantité. Aussi fait-il entrer la logique dans le domaine des mathématiques, conception acceptée de nos jours par plusieurs.

En 1874, Gaston Darboux (1842-1917) précise avec netteté un des impératifs de la méthode mathématique : « On devrait s’astreindre à une double loi : bien définir les hypothèses sur lesquelles on s’appuie, ne donner que celles qui sont nécessaires à l’exactitude du théorème à établir. » Son ami Jules Hoüel (1823-1886) écrit en 1878 au début de son cours de calcul infinitésimal : « La Science abstraite... doit constater d’abord si les hypothèses sont compatibles entre elles, et ensuite si elles ne sont pas réductibles à un moindre nombre. Une science fondée sur des hypothèses satisfaisant à ces conditions est absolument vraie au point de vue rationnel et abstrait, quand même elle ne se trouverait pas conforme aux faits réels qu’elle était destinée à représenter [...]. Cette partie logique des Sciences exactes constitue ce qu’on appelle les Mathématiques proprement dites [...]. Les Mathématiques ne se bornent pas à la combinaison des lois fournies par l’observation du monde réel ; elles devancent souvent l’observation et, entraînées par l’analogie et par le besoin de généraliser, elles prennent pour objet l’étude des hypothèses, dont la réalité n’a pas encore offert d’application. »