Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
M

marxisme (suite)

➙ Communisme / Engels (F.) / Gauchisme / Gramsci (A.) / Impérialisme / Internationales (les) / Lénine / Liebknecht (K.) / Lukács (G.) / Luxemburg (R.) / Mao Tsö-tong / Marx (K.) / Psychanalyse [Psychanalyse et marxisme] / Social-démocratie / Socialisme / Staline / Stalinisme / Trotski / Trotskisme.

 V. Marx (K.).

Maryland

État de la côte atlantique centrale des États-Unis ; 27 394 km2 ; 3 922 000 hab. Capit. Annapolis.


Allongé d’est en ouest, le Maryland recoupe toutes les unités naturelles comprises entre l’Atlantique et le plateau allegheny : la plaine côtière (au centre de laquelle s’étend le vaste estuaire composite de la baie de Chesapeake) ; la Fall Line, limitant le piedmont appalachien (plus étroit et moins élevé ici que dans les États du Sud atlantique) ; le Blue Ridge ; une région de relief rubanné (dit relief appalachien) orienté S.-O. - N.-E. et composé de crêtes et de vallées parallèles ; enfin, dans l’extrême ouest, le front du plateau allegheny (1 020 m au mont Backbone). Ce relief cloisonné rendrait inaccessible l’ouest de l’État sans la coupure transversale du Potomac, qui ouvre des cluses dont l’importance stratégique a fixé le site de grandes batailles (Antietam, Harpers Ferry).

La plaine côtière possède un climat de façade orientale : hiver froid pour la latitude (100 jours de gelée et un minimum moyen de janvier de 4 °C) ; été chaud (en juillet, moyenne de 25 °C, avec un maximum moyen de 32 °C) et pluvieux (plus du cinquième des 1 000 mm de l’année en juillet et août). L’ouest a des hivers très froids et des étés frais.

Malgré la présence originelle de la forêt mixte (chêne, pin) dans la plaine côtière et de la forêt caducifoliée (chêne, érable, tulipier, noyer) sur le piedmont et dans les vallées appalachiennes, les sols sont en général de faible valeur agronomique, tantôt trop argileux, tantôt sablonneux et fortement podzolisés.

Certaines parties de la plaine côtière, comme les Manor Counties (entre Potomac et Chesapeake), conservent une agriculture archaïque, tandis que l’amélioration des sols et une économie spécialisée assurent la prospérité d’autres secteurs. Ainsi, la péninsule Delmarva (du nom des trois États qui se la partagent : Delaware, Maryland et Virginie) s’est tournée vers la laiterie, l’aviculture et surtout la culture des primeurs (tomates, légumes variés, fraises), expédiées congelées vers les marchés urbains ; le climat y permet plusieurs récoltes par an. L’économie laitière perfectionnée du comté de Lancaster, en Pennsylvanie, a gagné le piedmont marylandais, où la culture du tabac demeure importante et où se développent des vergers à l’imitation de la Virginie. L’exode rural affecte aussi bien les régions d’agriculture rénovée (dont il a facilité la conversion par agrandissement des exploitations) que les secteurs d’économie archaïque, comme les vallées appalachiennes, qu’il est même question de reboiser. Le nombre des fermes est tombé de 42 000 en 1940 à 17 700 en 1970.

La pêche est une activité traditionnelle. À Ocean City on rapporte surtout des menhadens (proches des harengs), de faible valeur, ainsi que des morues et des poissons plats, vendus plus cher. Dans la baie de Chesapeake, on pêche des crustacés, des coquillages, principalement des huîtres (l’ostréiculture emploie 3 000 personnes). Mais l’irrégularité des prix, l’équipement démodé, l’attrait d’autres activités, la pollution ont entraîné un déclin des pêcheries.

En dehors de Baltimore*, où sont concentrées la plupart des industries, celles de l’alimentation (congélation et conserverie de légumes, de volailles et de poissons) se rencontrent dans la plaine côtière (Delmarva surtout), et celles du bois (ameublement, pâte et papier) dans l’Ouest.

Outre Baltimore, la population urbaine de l’État (75 p. 100) comprend surtout des villes de la banlieue de Washington (Chevy Chase, Bethesda, Silver Spring, Wheaton, Takoma Park) qui comptent une forte proportion de fonctionnaires fédéraux. La capitale Annapolis n’est qu’une petite ville (25 000 hab.), siège de l’École navale.

Le tourisme est représenté par les résidences secondaires et la villégiature sur la côte (Ocean City).

P. B.

➙ Baltimore.

Masaccio

Peintre italien (San Giovanni Valdarno 1401 - Rome v. 1428).


Tommaso di Ser Giovanni, qui se nommera plus tard Masaccio, fut orphelin de père à l’âge de cinq ans ; sa famille vint s’installer à Florence en 1417, après le remariage de sa mère. On ne sait rien de ses débuts avant 1422, date à laquelle il s’inscrivit à l’« Arte dei medici e speziali » de Florence. Il semble qu’il était un homme incapable d’affronter les aspects pratiques de l’existence. Marqué par la tristesse de son enfance, il restera pauvre et incompris de la plupart de ses contemporains. À sa mort, pourtant, Brunelleschi* dira : « Nous avons fait une grande perte. » D’après Vasari*, Masaccio était un personnage abstrait, tout dévoué à la cause de l’art, mais négligent et instable. Pendant longtemps, on pensa qu’il était l’élève de Masolino da Panicale (1383 - v. 1447), tant les carrières et les œuvres des deux peintres se trouvent imbriquées. Masaccio étant le plus jeune, Vasari en a déduit que Masolino était le maître, théorie qui serait acceptable si Masolino n’était entré à la gilde de l’« Arte » un an après Masaccio, alors qu’à Florence aucun peintre ne pouvait prendre d’élèves avant d’y être inscrit. Il est en tout cas certain qu’ils travaillèrent ensemble à de nombreux ouvrages, tant à Florence qu’à Rome (on manque de documents sur la brève activité finale de Masaccio dans cette ville).

En 1422, Masaccio est donc un peintre autonome. À Florence, il peint une Annonciation (maintenant disparue) pour l’église San Niccolo sopr’Arno. Le triptyque de l’église de San Giovenale a Cascia, près de Florence, est sa première œuvre presque certaine, datée de cette même année 1422. Il nous montre l’extraordinaire culture de Masaccio dès ce moment. Le jeune artiste se situe déjà aux côtés de Brunelleschi et de Donatello*. On sent qu’il a étudié les fresques de Giotto* à Santa Croce et qu’il a retrouvé l’essentiel du classicisme giottesque, comme Nanni di Banco a su retrouver celui d’Arnolfo* di Cambio dans ses sculptures. En 1424, Masaccio s’inscrit à la compagnie de San Luca, composée exclusivement de peintres.