Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

Antilles (Petites) (suite)

Saint Vincent

Cette île, située entre Sainte-Lucie et la Grenade, est une des plus montagneuses des Petites Antilles. Elle s’étend sur 389 km2 et est entièrement volcanique ; le volcan de la Soufrière y dépasse 1 200 m. Il dévasta le tiers de l’île en 1902, au même moment que la montagne Pelée, la Martinique. Les terres plates sont peu étendues, mais les sols sont très fertiles. L’île est très abondamment arrosée et reçoit partout plus de 2 m d’eau.

Elle a 93 000 habitants, dont 21 000 à Kingstown, sa capitale ; elle a été l’un des foyers de peuplement caraïbe des Antilles, mais il n’y reste que 1 300 Caraïbes, métissés de Noirs.

La culture du coton domina pendant la période française, puis les Anglais firent triompher la canne à sucre, qui céda la place à l’arrow-root, restée la spécialité de Saint Vincent et couvrant 98 p. 100 des besoins mondiaux. C’est une racine dont on extrait une fécule digeste et qui entre dans la composition des aliments pour enfants et de régime. Sa culture est exigeante en main-d’œuvre.

Saint Vincent est surtout devenue une île bananière. La production, dont la commercialisation a démarré vers 1955, atteint 50 000 t. On cultive enfin des cocoteraies (2 000 t de coprah), un peu de coton et des plantes vivrières. La terre appartient à de petits exploitants, ce qui explique l’équilibre social qui règne dans l’île. Saint Vincent exporte ses bananes (45 p. 100 des exportations), de la fécule d’arrow-root (30 p. 100) et du coprah. Mais, en valeur, elle importe deux fois plus qu’elle n’exporte, et ses activités touristiques (navires de croisière) ne peuvent combler le déficit. La Grande-Bretagne, les États-Unis et des pays caraïbes sont ses principaux partenaires commerciaux. Le niveau de vie est bas en dépit du travail intensif de la population (180 dollars par habitant et par an).


Les Antilles néerlandaises

Les Pays-Bas possèdent six îles dans l’archipel antillais : un tiers de Saint-Martin, Saint-Eustache et Saba dans les Petites Antilles du Nord ; Aruba, Curaçao et Bonaire, au large du Venezuela, dans les îles Sous-le-Vent.


Les îles du Vent

La partie hollandaise de Saint-Martin (en néerl. Sint Maarten) s’étend sur 34 km2 et n’est peuplée que de 2 000 habitants. (La partie française a 52 km2 et 7 000 hab.) Elle vit du tourisme et du commerce, favorisés par la franchise douanière et prospères à Philipsburg, la petite capitale. Elle possède un aéroport moderne. Les Japonais y ont établi une base de pêcheries. Les habitants, anglophones, émigrent nombreux vers les îles néerlandaises « Sous-le-Vent ».

Saint-Eustache (en néerl. Sint Eustatius ou Statia), située à 10 km au nord de Saint Kitts, n’a que 21 km2. Cet îlot volcanique, prospère lors de la guerre d’Amérique et de la prohibition, n’a plus que 1 000 habitants. Saba est un volcan de 13 km2, qui émerge de la mer Caraïbe. Ses 1 000 habitants comprennent surtout des femmes et des enfants, les hommes ayant émigré.


Les îles Sous-le-Vent

Aruba et Curaçao, qui ont respectivement 190 et 472 km2, sont situées au large des côtes vénézuéliennes, près de l’embouchure envasée et ensablée du lac de Maracaibo. Peu douées pour la vie agricole, elles doivent leur fortune aux raffineries traitant le pétrole vénézuélien. La première raffinerie fonctionna en 1917 à Curaçao ; aujourd’hui, elle fournit 18 Mt de produits raffinés. Aruba possède deux raffineries qui traitent 19 Mt. La situation géographique de ces deux îles, les ports en eau profonde, la stabilité politique des Pays-Bas et leur puissance économique sont à l’origine de cet essor. Ces îles ont été des foyers d’immigration jusqu’à il y a une dizaine d’années. Le tourisme et le commerce s’y sont développés grâce à la franchise douanière. La capitale, Willemstad (plus de 50 000 hab.), située à Curaçao, à l’entrée d’une profonde indentation du rivage, concentre l’essentiel de ces activités. La balance du commerce visible est à peu près équilibrée, et celle des comptes largement excédentaire ; le niveau de vie (plus de 1 000 dollars par habitant et par an) est très supérieur à la moyenne antillaise. L’île d’Aruba compte environ 61 000 habitants (16 000 à Oranjestad), et l’île de Curaçao environ 150 000 habitants. Bonaire s’étend à l’est de Curaçao sur 246 km2, mais n’a que 8 100 habitants. Le tourisme s’y développe grâce à la beauté des fonds marins, et la population croît après avoir diminué.


Les îles Vierges

Cet archipel, qui rassemble une centaine d’îles et de récifs, est situé entre Porto Rico et l’arc des Petites Antilles. Les îles, pittoresques, ont un climat sain ; elles sont assez basses tout en étant vallonnées. Une situation stratégique de première importance et des trafics de toutes sortes, avec le tourisme et l’activité des bases américaines, constituent les principales ressources. Ces îles sont partagées entre les États-Unis et la Grande-Bretagne.


Les îles Vierges américaines
(en angl. Virgin Islands of the United States)

Elles ont été achetées au Danemark par les États-Unis en 1917.

Sainte-Croix (en angl. Saint Croix) est une île plate, allongée de l’est à l’ouest et dissymétrique, car la côte nord est abrupte, alors que la côte sud est basse. Après une longue éclipse, la canne à sucre y a retrouvé quelque importance, et la production de sucre s’élève à 10 000 t. Un excellent aéroport accueille les touristes, qui séjournent dans les hôtels construits en bordure de mer. C’est une base militaire.

Saint John a été intensément mise en valeur pendant l’esclavage, puis les cultures ont été abandonnées lors des crises économiques. L’air y est très pur, et les littoraux offrent de vastes baies. Le tourisme de passage se développe.

Saint Thomas doit sa fortune à la baie de Charlotte Amalie, la capitale, qui regroupe 15 000 habitants. Des hôtels édifiés en bordure de la baie, le port franc, l’aéroport attirent les touristes. On y fabrique également du bay rum. Les États-Unis y ont installé une puissante base militaire.