Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
M

marine (suite)

Les flottes de guerre des grandes puissances depuis 1945

L’emploi de l’énergie atomique, tant dans la propulsion que dans l’armement des navires de guerre, a introduit un facteur de discontinuité dans l’évolution des flottes annoncée par la Seconde Guerre mondiale. Plus que jamais, celles-ci sont étroitement tributaires de la recherche technologique. Aussi les marines « atomiques », dont le coût est très élevé, sont-elles interdites aux petites nations.

La propulsion par moteur Diesel, qui se substitue peu à peu à la propulsion à vapeur, est encore largement employée, mais, depuis les années 1960-1970, elle est elle-même remplacée ou complétée par l’emploi de la turbine à gaz.

En dehors des missiles stratégiques lancés par de grands sous-marins de type spécial (de 6 000 à 10 000 t), les missiles tactiques mer-surface (qui remplacent l’artillerie de gros calibre), mer-air et anti-sous-marins constituent l’armement principal des navires. Presque tous, cependant, conservent un minimum d’artillerie de calibre de 70 à 127 mm pour leur auto-défense contre les avions ou les vedettes, qui de lance-torpilles sont devenues lance-missiles. Les porte-aéronefs, grâce à leur mobilité et à leur puissance, sont les bâtiments de combat par excellence. Les marines de guerre comprennent en outre des sous-marins d’attaque de 3 000 à 4 000 t (le plus souvent à propulsion atomique), des sous-marins classiques (à moteur Diesel électrique), des croiseurs et des frégates lance-missiles de 6 000 à 11 000 t, des escorteurs de 2 500 à 5 000 t, des avisos de 1 000 à 2 000 t ainsi que toute la gamme des bâtiments de débarquement (v. amphibies [opérations]) et des bâtiments logistiques, sans oublier les forces aériennes et terrestres (« Marines » américains, « Royal Marines », fusiliers marins français, etc.) qui leur sont rattachées.

Si, cependant, à l’âge de l’atome et de l’électronique, l’évolution accélérée du progrès technique modifie de façon constante la physionomie des flottes modernes, la puissance de celles-ci est également conditionnée par la part que réservent les nations au facteur naval dans leur politique et leurs plans de défense*. Or, on constate que celle-ci, loin de décroître, traduit l’importance croissante prise par la mer comme lieu d’échange privilégié où s’affrontent à l’échelon mondial les courants économiques et les ambitions politiques des grandes comme des petites nations.

À côté des marines militaires américaine et soviétique, qui, seules, peuvent prétendre à un rôle mondial, se situent les marines de second rang, à la tête desquelles demeure la Royal Navy, suivie des marines française et italienne. Mais il est important de constater que tous les pays maritimes, notamment la république fédérale d’Allemagne, le Canada, l’Espagne, le Japon, les Pays-Bas, la Suède..., fournissent un effort pour donner ou conserver à leurs flottes de guerre un potentiel suffisant. Aux marines militaires revient, en effet, d’assurer la protection des côtes, des pêches, du commerce et, plus généralement, des communications maritimes, qui sont devenues de plus en plus vitales pour l’équilibre politique et économique des nations. (Pour les principales marines de guerre, v. les articles consacrés aux différents pays. Pour la marine française, v. les articles République [IIIe], République [IVe] et République [Ve].)

Navires en service dans les marines de guerre (1972)

aviso, petit bâtiment de 1 000 à 2 000 t destiné à la défense côtière ou à des missions outre-mer.

bateau de débarquement. V. l’article amphibies (opérations).

bâtiment logistique. V. l’article logistique.

corvette, en France bâtiment de 3 000 à 3 500 t spécialisé dans la lutte anti-sous-marine (Aconit).

croiseur, cuirassé. V. l’article cuirassé.

dragueur, petit bâtiment de 300 à 800 t, à coque en bois ou en matière plastique, conçu pour le dragage des mines (des dragueurs se rapprochent les chasseurs de mines, spécialisés dans la détection et la neutralisation des mines de fond).

escorteur d’escadre, en France, bâtiment de 2 500 à 4 000 t conçu en 1955-1960 pour la protection des communications et modernisé depuis 1968 (type d’Estrées de 3 900 t).

escorteur océanique, navire de 2 500 à 5 500 t doué d’une grande autonomie et souvent conçu pour la lutte anti-sous-marine (type Sheffield anglais de 3 150 t [1971]).

frégate lance-missiles, navire de 6 000 à 11 000 t puissamment armé contre avions, forces de surface et sous-marins, qui assure notamment la protection des porte-avions (tels le Suffren [1967] et le Tourville [1972], français). L’U. S. Navy construit des frégates à propulsion nucléaire (California de 10 000 t [1971]), mais donne aux plus importantes le nom de croiseur (Long Beach de 14 000 t [1961]).

porte-avions, porte-hélicoptères. V. l’article porte-aéronefs.

sous-marin d’attaque, sous-marin classique. V. l’article sous-marin.

sous-marin nucléaire lance-missiles, arme de la dissuasion stratégique.

vedette lance-torpilles ou lance-missiles, bâtiment de très faible tonnage et d’une grosse puissance de feu (telle la Spica suédoise de 190 t, 40 nœuds, équipée de 6 torpilles filoguidées).


L’évolution : les flottes marchandes depuis 1945

• Principaux trafics. Parmi les matières premières solides transportées en vrac, le minerai de fer (245 millions de tonnes en 1972) vient au premier rang. Les usines sidérurgiques, dont plusieurs s’installent en zone littorale, font un appel croissant au minerai d’importation de haute teneur, dont le transport par minéralier de fort tonnage permet l’obtention de bas prix de revient. Les principaux importateurs sont le Japon et les pays de la Communauté économique européenne, dont les fournisseurs sont l’Australie, l’Afrique occidentale, la Scandinavie, le Brésil, le Canada et le Venezuela. Le transport des charbons (100 millions de tonnes en 1972), bien que ne répondant plus aux besoins des navires en combustible, a vu son importance croître depuis 1960, notamment pour les charbons à coke, dont la sidérurgie a besoin ; les utilisateurs sont surtout le Japon et la Communauté européenne, les producteurs les États-Unis et l’Australie.