Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
M

Manchester (suite)

Les bassins portuaires de Salford et le canal ont, au xxe s., dirigé vers l’aval le développement de la conurbation. Une nouvelle banlieue, au sud et à l’ouest de Manchester, fait ainsi pendant à la vieille banlieue « cotonnière » de l’est et du nord. Le domaine industriel de Trafford Park, créé en 1896 par une société privée dans l’« île » comprise entre le canal maritime et le canal de Bridgewater (c’est le plus ancien domaine industriel du monde et le plus vaste de Grande-Bretagne), est devenu de nos jours la plus grosse concentration d’usines de la conurbation. Il fournit 60 000 emplois et abrite 200 firmes : des industries alimentaires et des corps gras, une petite raffinerie de pétrole, des scieries et surtout des industries mécaniques (fabrication de matériel lourd pour les centrales thermiques et la distribution de l’électricité). Les industries mécaniques et électriques sont désormais les plus gros employeurs de main-d’œuvre industrielle, bien avant les industries textiles.

Les industries chimiques récentes se sont aussi établies de préférence dans la banlieue sud et à proximité du canal. Shell possède à Carrington une des plus grosses installations pétrochimiques du royaume, reliée par oléoduc à la raffinerie de Stanlow. Deux divisions du groupe Imperial Chemical Industries ont leur quartier général dans l’agglomération : la division « Colorants » (liée de longue date à l’industrie de la teinturerie) et la division « Produits pharmaceutiques ».

À la différence des banlieues dominées par l’industrie, Manchester elle-même a surtout des fonctions tertiaires, comme il convient à une grande métropole de province. Elle est la seconde place commerciale et financière du royaume après Londres. Le commerce de gros, la fonction d’entrepôt, la vente par correspondance, les grands magasins à succursales multiples y sont fortement représentés. Le syndicat des travailleurs du commerce de détail y a établi sa direction. Le marché à terme du coton, bien modeste aujourd’hui, a été longtemps le véritable centre économique de la région. Deux des banques de dépôt britanniques, la District Bank et la Williams Deacon, ont une origine mancunienne. La plus ancienne chambre de compensation de province (1872) fonctionne à Manchester, ainsi que depuis 1895, un laboratoire réputé de garantie de qualité industrielle. La Bourse des valeurs est active et joue un rôle directeur dans le groupe des neuf Bourses du nord du royaume.

Une importante compagnie maritime (qui travaille surtout avec le Canada et les États-Unis), un aérodrome de classe internationale (à Ringway), un réseau de voies ferrées électrifiées, un carrefour d’autoroutes (vers Liverpool, Leeds, Glasgow, Birmingham), deux universités (à Manchester et à Salford), une réputation artistique enviable (surtout pour la musique) renforcent l’influence régionale de Manchester.

Comme dans la plupart des autres grandes villes britanniques, l’importance démographique de Manchester diminue rapidement à mesure que s’effectue la destruction des taudis victoriens et le desserrement de la population ; de 703 000 habitants en 1951, celle-ci passait à 661 000 en 1961 et à 541 000 en 1971. On constate la même évolution à Salford (178 000 hab. en 1951, 130 000 en 1971) et dans les villes de la banlieue nord et est. En 1971, Bolton avait 154 000 habitants, Bury 67 000, Rochdale 91 000, Oldham 105 000, Stockport 139 000.

L’agglomération se déverse de plus en plus vers le sud, au-delà de la Mersey, sur le Cheshire. En 1971, Sale avait 55 000 habitants (au lieu de 43 000 en 1951), Altrincham 41 000, Cheadle 60 000 (au lieu de 31 000 en 1951), Hazel Grove 40 000 (contre 20 000 en 1951).

L’allégement démographique du nord ouvrier, la progression de la banlieue sud, plus bourgeoise et tertiaire, expliquent que la population totale de la conurbation soit à peu près stationnaire depuis 1931. Cette stagnation de la population totale prouve bien que la conurbation n’arrive pas à retenir tous ses habitants et alimente un courant d’émigration vers les régions plus prospères du sud du royaume.

C. M.

mandat

Terme qui désigne des opérations très diverses, mais où se retrouve toujours l’idée d’une prière ou d’un ordre adressé à quelqu’un de faire quelque chose.



Généralités

Dans un sens juridique plus précis, le mandat est un contrat*, celui par lequel une personne, le mandant, donne pouvoir de faire des actes* juridiques en son nom et pour son compte à une autre personne, le mandataire. Bien qu’il s’agisse d’un contrat consensuel, c’est-à-dire qui se forme par le simple accord des volontés, en dehors de toute forme, il est fréquent, en pratique, de dresser un acte écrit, la procuration, destiné à constater l’existence du mandat et à en permettre éventuellement la preuve* (exceptionnellement, la loi ordonne que la procuration soit faite en la forme authentique lorsqu’il s’agit de donner au mandataire le pouvoir de faire un acte juridique, lui-même obligatoirement en forme authentique, par exemple la donation*).

Le mandat est donc un moyen d’organiser la représentation conventionnelle d’une personne physique ou morale, à côté des hypothèses de représentation légale (ex. le tuteur) ou judiciaire (ex. le syndic de faillite*). Cette idée de représentation, incluse dans le mandat, permet de comprendre son histoire : le mandat n’a pu exister qu’à partir du moment où l’idée de représentation fut admise, avec l’admission qu’un acte juridique puisse produire des effets au-delà du cercle des personnes y ayant physiquement participé. Cela suppose une civilisation juridique évoluée, dégagée du strict formalisme primitif ; le mandat n’apparaît donc, en droit romain, que relativement tard. Il a alors un caractère essentiellement gratuit. À l’heure actuelle, c’est un contrat (gratuit ou salarié) reçu par tous les systèmes juridiques comparables au système français.


Les conditions du mandat

Du point de vue de la capacité*, le mandant ne peut confier au mandataire la mission de faire un acte qu’il ne pourrait accomplir lui-même (puisque c’est en lui que l’acte fait par le mandataire va produire ses effets). Au contraire, la capacité du mandataire est indifférente, puisqu’il ne s’engage pas personnellement : ainsi, un mineur peut être valablement désigné comme mandataire.