Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
M

Mammifères (suite)

Modes de reproduction

Les Mammifères les plus primitifs pondent des œufs et les couvent (Monotrèmes). Ils alimentent leurs petits avec du lait.

Les Métathériens (Marsupiaux) ont un développement embryonnaire dans les voies génitales de la femelle ; l’embryon ne reçoit aucun matériel nutritif ; il vit sur les réserves accumulées dans l’ovule. Les jeunes sont émis à l’état larvaire et continuent leur évolution cramponnés à une tétine maternelle, cachée en général dans une poche ventrale.

Les Euthériens, ou Mammifères placentaires, ont des jeunes qui sont développés jusqu’à leur naissance dans les voies génitales maternelles et reçoivent par l’intermédiaire du placenta tous les éléments nutritifs qui leur sont nécessaires. Le placenta est une annexe de l’embryon, reliée à celui-ci par le cordon ombilical. Il est aussi en contact étroit avec la muqueuse utérine de la mère. C’est à ce niveau que se produisent les échanges nutritifs nécessaires à la croissance du fœtus. Le sang de la mère et celui du fœtus ne se mélangent jamais. Peu avant la naissance, des transformations hormonales interviennent et il y a désengrènement des surfaces de contact entre le placenta et l’utérus maternel, et des contractions des muscles lisses tendent à expulser le fœtus entouré de ses enveloppes. Aussitôt à l’air libre, le jeune doit respirer avec ses poumons. L’oxygénation se faisant par les poumons, le cordon ombilical est coupé par la mère. Bien souvent, chez les animaux, le placenta est mangé par la mère. (V. reproduction.)


Durée de la gestation

Elle est proportionnelle à la taille des adultes : 3 semaines pour la Souris, 18 à 24 mois chez l’Éléphant. Les gestations sont courtes chez les Lapins, les Rats, les Souris, les Musaraignes, les Hérissons, les Chiens et les Chats. Elles sont longues chez des animaux très organisés, sans nids, obligés à des déplacements très rapides : Cobayes, Lièvres, Ongulés, Cétacés.


Caractères sexuels secondaires

Dans beaucoup d’espèces, les deux sexes ne sont pas semblables. Ils diffèrent par des caractères qui leurs sont propres, dès qu’ils arrivent à maturité sexuelle. Ces caractères sont liés au développement des glandes génitales chez les Ongulés, les Phoques, les Éléphants de mer, les Otaries à crinières, les Lions, les Cynocéphales. Citons les cornes chez la plupart des Ongulés mâles ; la crinière chez les Lions, les Cynocéphales ; les canines très développées chez les Loups, les Lions, les Cynocéphales, les Hippopotames, les Babiroussas (Porcins) ; les incisives ou défenses chez les Éléphants, les « bois » chez les Cervidés mâles.

P. B.

➙ Carnivores ou Carnassiers / Cétacés / Édentés / Hominiens / Insectivores / Marsupiaux / Ongulés / Primates / Rongeurs / Simiens.

 M. Burton, The Story of Animal Life (Londres, 1949, 2 vol., trad. fr. Encyclopédie du monde animal, t. VI : les Mammifères, Gérard, Verviers, 1965). / F. Bourlière, le Monde des Mammifères (Horizons de France, 1954). / P.-P. Grassé (sous la dir. de), Traité de zoologie, t. XVI et XVII (Masson, 1955-1972, 6 vol.). / I. T. Sanderson, Life Mammals of the World (New York, 1957 ; trad. fr. les Mammifères vivants du monde, Hachette, 1957). / F. Petter, les Mammifères (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1963). / S. Frechkop, les Mammifères (Arts et voyages, 1965 ; 2 vol.). / E. Mohr (sous la dir. de), Mammifères (S. F. L., 1968). / Mammifères (Larousse, 1970-71 ; 2 vol.).

Mammouth

Grand Éléphant des régions froides, disparu, mais dont les fossiles sont nombreux et parfois très complets.


Le Mammouth (Elephas primigenius Blumenbach) est un Proboscidien fossile, surtout commun pendant la dernière glaciation en Europe et en Amérique, bien qu’il ait déjà existé, semble-t-il, dans des lœss plus anciens. L’animal était caractérisé par des molaires à lames d’émail nombreuses et serrées, peu plissées. Les défenses, spiralées, énormes, dépassent souvent 3 m de long ; il est possible qu’elles aient servi, plutôt que d’armes, à gratter la neige sur le sol pour dégager des végétaux. La tête était plus puissante par rapport au corps que chez les Éléphants actuels. Le corps était couvert d’une fourrure vraisemblablement brune. Sous la peau, une couche de graisse pouvait atteindre jusqu’à 9 cm d’épaisseur. On n’est pas sûr que le Mammouth possédait une bosse de graisse en arrière de la tête, comme l’avait admis le grand paléontologiste américain Henri Fairfield Osborn (1857-1935) ; cette hypothèse est, en effet, fondée sur des reconstitutions de squelette dans lesquelles les vertèbres ont été rassemblées en une colonne vertébrale droite, et non courbée.

Le Mammouth est surtout célèbre pour avoir été retrouvé conservé avec ses parties molles dans les glaces de Sibérie et de l’Alaska et dans une cire fossile, l’ozocérite de Galicie. Le crâne de Mammouth sibérien le plus ancien connu a été décrit dès 1737 ; il fut reproduit par Cuvier en 1806. Certains peuples du nord de la Sibérie (Iakoutes et Toungouses) utilisaient d’ailleurs depuis longtemps l’ivoire fossile pour en faire des outils ; cependant, au cours de la seconde moitié du xviiie s., le commerçant Ivan Liakhov obtint une autorisation d’exploitation dans les îles auxquelles son nom a ensuite été donné ; puis l’exploitation de l’ivoire fossile fut intensément développée, les premiers acheteurs ayant été les Chinois. Mais bien que divers ossements de Mammouth aient été découverts au xviiie et au xixe s., il fallut attendre 1901 pour que l’Académie des sciences de Russie organise, sous la direction de Otto Herz, une expédition qui pût rapporter à Saint-Pétersbourg un Mammouth complet, lequel fut naturalisé et se trouve encore à Leningrad. Le Muséum national d’histoire naturelle de Paris possède aussi une tête naturalisée de Mammouth provenant des îles Liakhov. Toutes les pièces conservées avec les chairs et la peau ont fait connaître certains caractères des Mammouths : les poils comprenaient une laine de 20 à 30 cm de long et des jarres, plus longs et raides, de 50 cm de long. Le contenu stomacal a révélé que l’alimentation du Mammouth était surtout herbacée, confirmant que l’animal devait plutôt paître dans des régions steppiques froides que dans la toundra proprement dite. La trompe du Mammouth présente à son extrémité deux lèvres renflées : une inférieure et une supérieure, tandis que les Éléphants actuels ont une trompe à une seule lèvre, soit inférieure, soit supérieure. Le Mammouth est souvent trouvé au voisinage de restes du Rhinocéros laineux (Cœlodonta antiquitatis).

Les hommes préhistoriques ont chassé le Mammouth (ossuaire de Prědmostí en Moravie). Des huttes, dont les parois, probablement tendues de peaux, étaient formées à la base de crânes et de défenses de Mammouth, ont été trouvées en Ukraine et en Tchécoslovaquie.