Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
M

main (suite)

La région dorsale

Elle est formée par les tendons des muscles de la région postérieure de l’avant-bras, à fonction d’extension. Recouverte d’une peau fine et fragile, elle est innervée par les deux nerfs précédents et le nerf radial.

La tabatière anatomique, située à la base du premier métacarpien, est limitée par les tendons long abducteur, court extenseur et long extenseur du pouce ; elle est, paraît-il, l’endroit idéal pour déposer le tabac avant de le priser.


Anatomie fonctionnelle

La main peut être réduite à deux éléments de base, l’un fixe, l’autre adaptable.

Sur le plan architectural, la main est composée de cinq rayons qui s’articulent avec la rangée distale du carpe. L’ensemble réalise une arche longitudinale, clé de voûte fixe de deux arches transversales. L’intégrité de ce système est indispensable pour assurer la préhension à pleine main et à bout de doigt. Le pouce, par la combinaison de la flexion et de la rotation, vient s’opposer (muscle opposant) à l’un des quatre derniers doigts, qui, eux, ne sont mobiles que dans un seul plan.


Les malformations congénitales

Lors de son développement particulièrement complexe, la main est exposée aux anomalies congénitales (un sur trois mille cas environ). Celles-ci sont classées en fonction de l’aspect plus que de la pathogénie, qui est extrêmement variée et dont la connaissance ne nous est pas encore totalement familière. Tous les degrés existent entre l’amputation totale et la multiplicité des doigts surnuméraires.

• La polydactylie, ou doigts surnuméraires. Cette malformation peut être complète ou simplement à l’état d’ébauche. C’est souvent un caractère familial transmissible.

• Les agénésies. Elles sont caractérisées par l’absence de développement d’un segment de doigt ou de la main, transversalement ou longitudinalement. La plus fréquente est l’oligodactylie (ou doigt en moins) partielle ou complète, portant sur un ou plusieurs doigts. Une cause fréquente est la présence d’une bride amniotique, cause non répétitive et non transmissible.

• La syndactylie. Accolement de doigts entre eux, partielle ou totale, elle peut unir deux ou plusieurs doigts, à leur base ou sur toute leur longueur, être purement cutanée ou également osseuse. La syndactylie est parfois isolée, mais il s’y associe souvent d’autres malformations.

• La dysdactylie. C’est une dysharmonie digitale pouvant être de différentes natures, soit que le doigt entier ou une phalange de celui-ci soit exagérément grand (macrodactylie), ou court (brachydactylie), ou incliné (clinodactylie), ou fléchi (camptodactylie).

Ce chapitre des malformations congénitales est extrêmement vaste. On retiendra, cependant, que la syndactylie est l’affection la plus fréquente et que ces malformations sont rarement localisées à la main. Elles entrent dans le cadre de syndromes beaucoup plus complexes.

Le traitement est chirurgical ; il est souvent extrêmement complexe (transposition, allongement, phalangisation...), mais, en général, il permet d’améliorer de façon importante, du moins dans les cas les plus usuels, la fonction de notre outil de préhension.


Les affections acquises


La main du rhumatisme évolutif

Polyarthrite rhumatoïde, ou polyarthrite chronique évolutive. C’est une maladie de système relativement fréquente (2 à 3 p. 100 des individus de 50 à 60 ans), qui atteint électivement le tissu conjonctif partout où il se trouve ; il s’agit donc d’une atteinte globale de tous les tissus, mais c’est au niveau de la main que l’atteinte est le plus spectaculaire. Le tissu rhumatoïde se comporte en effet comme une véritable tumeur à malignité locale, envahissant et détruisant les tissus de voisinage pour s’y substituer. Toute altération si minime soit-elle retentissant sur la fonction de la main, rapidement des déformations apparaissent. Elles peuvent être classées en trois catégories :

• Hypertrophie des gaines synoviales, avec ou sans rupture tendineuse. Une de ses manifestations classiques est le doigt « à ressort », lié à la présence d’un nodule rhumatoïde dans un tendon fléchisseur ; une autre manifestation est le syndrome du canal carpien (atteintes des tendons à ce niveau).

• Déformation pauci-articulaire (ne touchant que quelques articulations) à type de dilatation fusiforme, chute du doigt en maillet, déformation en col de cygne, syndrome de la boutonnière. Ces déformations prennent un aspect particulier au niveau du pouce.

• Déformation ostéo-articulaire majeure. C’est la « main en griffe » et surtout la main « en coup de vent », due à une déviation cubitale des doigts. Il s’agit d’une des déformations les plus fréquentes, les plus caractéristiques, les plus mutilantes, mais qui, paradoxalement, s’accompagne pendant longtemps d’une fonction satisfaisante et qui peut se développer à tous les stades de la maladie et s’accompagner volontiers d’autres déformations rhumatismales de la main.

Le traitement de la main rhumatoïde est triple : médical, chirurgical, kinésithérapique.

Le traitement médical est celui de la maladie (v. rhumatisme).

Le traitement chirurgical est spécifique et fonction des lésions, toute intervention devant être faite à la demande. Les procédés utilisés sont la synovectomie (ablation des gaines synoviales) articulaire ou tendineuse, les transpositions tendineuses, les résections articulaires, les arthrodèses (blocages d’articulations), les prothèses articulaires (celles-ci ont été récemment mises au point ; en silicone, elles sont utilisées pour remplacer les articulations détruites).

La kinésithérapie, grâce à des soins prolongés, des petits plâtres, des attelles de posture, permet, en complément des traitements précédents, de conserver à la main une fonction satisfaisante.