Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
M

Magnoliales

Ordre de plantes à fleurs, toutes ligneuses, d’un type très primitif, ne comprenant que la famille des Magnoliacées.



Magnoliacées

C’est une famille (10 genres et une centaine d’espèces) qui a des représentants connus depuis le Crétacé ; elle possède une aire disjointe en Asie, en Amérique du Nord et au Brésil. Les fleurs, souvent très grandes, ont ordinairement un axe allongé sur lequel sont insérées les pièces florales. Celles-ci, comme chez les Monocotylédones, ont une symétrie ternaire, et il arrive, en outre, que sépales et pétales soient identiques (tépales). Les étamines sont généralement très nombreuses, et l’ovaire possède des carpelles disposés en spirale. Les Magnolia (une quarantaine d’espèces) vivent en Amérique du Nord et en Asie (Japon, Chine, Himālaya) ; ils sont très employés dans la décoration des parcs. Parmi les espèces les plus connues, on peut citer M. grandiflora, M. acuminata, M. macrophylla... Un autre genre, le Liriodendron, possède une espèce, le Tulipier, fréquente dans les parcs ; c’est un très bel arbre d’Amérique du Nord, dont les feuilles sont tronquées à leur extrémité (feuilles lyrées) ; les fleurs, en forme de tulipe, ont une couleur jaune avec des bandes vertes et orange suivant les cultivars ; son bois sert parfois en ébénisterie. Le genre Illicium a une espèce en Chine, I. verum, ou Badiane, qui donne l’anis étoile ; il n’a été introduit en Europe qu’au tout début du xviie s. ; seul le fruit est utilisé, et l’essence (80 p. 100 d’anéthol) entre dans la composition de l’anisette, de boissons alcoolisées et de dentifrices.


Ordres voisins

La famille des Anonacées (1 000 espèces et 80 genres), la principale de l’ordre des Annonales, rassemble des espèces tropicales d’origine très ancienne ; celles-ci ont certaines caractéristiques des Monocotylédones, en particulier la symétrie des fleurs, qui présentent parfois le phénomène de cauliflorie (Xylopia). Les Anonacées sont cultivées dans les régions chaudes pour leurs fruits (Annona, Asimina) ; elles donnent aussi des fibres textiles et une essence utilisée en parfumerie (Cassangra).

L’ordre des Laurales, qui a, comme le précédent, des liens de parenté très nets avec les Magnoliales, comprend sept ou huit familles, toutes tropicales et qui ont, malgré un certain degré d’évolution, des caractères primitifs (fleurs du type trois). La famille des Lauracées, très ancienne puisqu’elle est connue depuis le Crétacé, possède quelques plantes très utiles, en particulier le Camphrier (Cinnamomum camphora [Chine, Japon]), bel arbre toujours vert qui peut vivre un très grand nombre d’années. C’est par épuisement à l’eau chaude que l’on extrait les essences qui, oxydées, donnent le camphre. C. cassia fournit la cannelle, qui est extraite des jeunes pousses des arbres. Cette plante aurait été connue par les Chinois plusieurs millénaires av. J.-C. Elle ne fut répandue en France qu’à l’époque romaine. Il en existe plusieurs variétés suivant les arbres et les régions qui la produisent (cannelle de Ceylan, de Chine, de Java, d’Annam). Un seul genre dans cette famille n’est pas d’origine tropicale : le Laurier (Laurus nobilis et L. canariensis), localisé dans la région méditerranéenne. Ses feuilles sont employées comme épice et dans la médecine populaire ; une huile est extraite de ses fruits broyés par épuisement à l’eau bouillante. Le Laurier peut pousser dans presque toute la France, mais il ne résiste guère aux températures inférieures à – 10 °C ; il est souvent cultivé en bacs pour décorer les terrasses ; il supporte parfaitement la taille.

Dans la famille voisine des Monimiacées, signalons Peumus boldus du Chili, dont l’essence sert en pharmacopée (boldo, tisane hépatique). La famille des Myristicacées, très proche de celle des Lauracées, n’a qu’un seul genre, dont une espèce, Myristica fragans, originaire des Moluques, donne la « noix muscade », qui, maintenant, est cultivée dans de nombreuses régions tropicales.

Dérivant de l’ordre des Magnoliales, celui des Dilléniales comprend quatre familles, qui vivent surtout dans les régions tropicales. Certains genres, comme Dillenia et Pachynema, donnent des bois intéressants. Issu, pour certains auteurs, directement des Dilléniales, l’ordre des Théales rassemble une dizaine de familles ; il fait la liaison avec ceux des Ericales, des Myrtales et des Guttiférales. Dans la famille des Théacées (appelée aussi Ternstrœmiacées), qui, par certains caractères, présente encore des formes primitives, on rencontre les espèces les plus intéressantes : le Thé, les Camélias (Camellia) et les Actinidia. Les Théiers sont de petits arbres originaires de Chine et dont la culture est maintenant répandue dans toutes les régions tropicales. Le thé vert s’obtient par simple séchage ; une fermentation est nécessaire pour avoir le thé noir. Ce sont les toutes premières feuilles, les plus jeunes, qui fournissent les meilleures qualités. Commercialement, on distingue les thés de Chine, à partir desquels on fait surtout le thé vert, et les thés d’Assam, qui sont à la base des thés noirs. Une espèce de Thea (T. japonica) est la plante qui, par culture, a donné les Camélias. Ces plantes ont été introduites en Europe au début du xviiie s. ; elles ont leur limite de rusticité dans la région parisienne, Nantes étant en France leur principal centre de culture ; ce sont de petits arbustes à feuilles persistantes vert foncé, luisantes, dont les fleurs, d’assez grande taille, sont très nombreuses et d’un éclat très vif ; il existe beaucoup de variétés à fleurs doubles. Dans cette famille, une plante lianoïde de Chine, l’Actinidia, dont la culture commence à se répandre en Europe, a des fruits de la taille d’une petite souris, munis de poils courts, crépus gris brunâtre et très riches en vitamine C. Les Ochnales (familles des Diptérocarpacées, des Strasburgiacées), qui gravitent à côté de l’ordre des Théales, regroupent des arbres surtout tropicaux de l’Ancien Monde.

L’ordre des Coriariales, que l’on fait dériver directement des Dilléniales, est composé d’une famille, les Coriariacées, qui possède une espèce vivant en France, Coriaria myrtifolia, dont les fruits sont toxiques.

J.-M. T. et F. T.