Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

accord

Ensemble de plusieurs sons émis simultanément. Par exemple, l’accord parfait majeur est fourni par l’émission simultanée de sons tels que do-mi-sol. Cet accord est composé de la tonique (do) et des notes à la tierce majeure (mi) et à la quinte (sol) de la tonique.


Une expérience simple nous renseigne sur la sensation que donne un accord : un disque portant deux rangées de trous concentriques est monté sur l’arbre d’un moteur dont on peut régler la vitesse. Chaque rangée de trous défile, quand le moteur tourne, devant un tube alimenté en air comprimé. Les interruptions périodiques des jets d’air provoquent l’émission simultanée de deux sons qui forment un accord. Si, par exemple, le nombre de trous des rangées est 16 et 20, on entend, pour une certaine vitesse du moteur, un accord de tierce majeure. Si l’on fait varier la vitesse, la hauteur de chacun des sons change, mais l’accord reste un accord de tierce majeure. Et comme seul le rapport des fréquences des sons émis est indépendant de la vitesse de rotation du disque, puisqu’il est égal au rapport du nombre de trous des deux rangées, on en déduit que la sensation fournie par un accord de sons ne dépend que du rapport de leurs fréquences. On trouve en particulier que l’accord de tierce majeure est fourni par l’émission simultanée de deux sons dont le rapport des fréquences vaut 20/16 = 5/4. On appelle intervalle de deux sons le rapport de leurs fréquences. L’accord de tierce majeure est donc caractérisé par l’intervalle 5/4. Le tableau ci-contre donne les intervalles caractérisant quelques accords simples agréables à l’oreille, ou, comme l’on dit, consonants. On constate que ces intervalles sont des fractions entières simples. De ce fait, les sons qui forment les accords correspondants ont de nombreux harmoniques communs (v. timbre), ce qui rend ces accords particulièrement consonants. En particulier pour deux sons à l’octave l’un de l’autre, tous les harmoniques pairs du son grave sont des harmoniques du son aigu.

Toutefois, dans le tempérament égal (v. gamme), suivant lequel, en principe, tous les instruments sont accordés, l’octave est divisée en douze demi-tons égaux, l’intervalle entre deux notes séparées par un demi-ton étant constant. Il s’ensuit que les intervalles correspondant aux accords du tableau ci-dessus ne sont plus exactement égaux à un rapport simple de deux nombres entiers, l’octave exceptée. On conçoit, cependant, que si l’on part de deux sons formant l’un des accords consonants du tableau et que l’on altère progressivement la fréquence de l’un d’eux, tant que l’intervalle des deux sons ne s’écartera pas trop de la valeur correspondant à l’accord consonant, l’impression de consonance subsistera. C’est en fait ce qui se passe pour les accords fournis par la gamme tempérée, qui ne s’écartent pas des accords consonants correspondants de plus de 3 savarts (v. hauteur) : un intervalle de 1 savart représente 1/50 de ton de la gamme tempérée.

P. M.

accouchement

Ensemble des phénomènes mécaniques et physiologiques ayant pour conséquence la sortie de l’enfant et de ses annexes (placenta, membranes et cordon ombilical) hors des voies maternelles, et à partir du terme théorique de six mois de grossesse.


Avant le sixième mois, en effet, on parle d’« avortement* ». Si l’accouchement se produit au terme habituel de deux cent quatre-vingts jours, il est dit « à terme » ; s’il se produit au-delà du terme, il est dit « post-terme » ; s’il se produit entre le sixième et le neuvième mois, il est dit « prématuré ». L’accouchement est « spontané » s’il se déclenche de lui-même ; il est « provoqué » lorsqu’il est consécutif à une intervention extérieure. Il est « naturel » s’il se produit sous l’influence des seules forces de la physiologie ; il est « artificiel » quand il est le résultat d’une intervention. Il est « eutocique » quand il s’accomplit suivant un déroulement mécanique normal ; il est « dystocique » dans le cas contraire. Il est « simple » lorsqu’il aboutit à l’expulsion d’un seul enfant ; il est « gémellaire » s’il aboutit à l’expulsion de deux enfants ; il est « multiple » en cas de triplés ou de quadruplés. Il est dit « sans douleur », ou « psychoprophylactique », lorsqu’il se produit après une préparation particulière, permettant à la mère d’avoir un comportement discipliné et organisé.

On réunit en fait sous le nom d’accouchement trois périodes bien différentes : l’expulsion de l’enfant, ou accouchement proprement dit ; l’expulsion du placenta, ou « délivrance » ; les jours suivants, ou « suites de couches ».


Expulsion de l’enfant, ou accouchement proprement dit


Mécanisme général de l’accouchement normal

Il comporte l’entrée en jeu de puissances, de résistances et de mobiles.

Les forces expulsives sont représentées par le muscle utérin et par la musculature abdominale et diaphragmatique : l’utérus comporte une musculature interne circulaire et une musculature externe longitudinale. Le muscle utérin est un muscle lisse, doué d’élasticité, de contractilité et de tonicité. Les contractions sont intermittentes, totales et progressives. Elles sont indépendantes de la volonté. La musculature abdominale et diaphragmatique, au contraire, est faite de muscles striés, sous la dépendance de la volonté.

Les résistances sont représentées d’abord par le col de l’utérus, qui joue un rôle de verrou durant toute la grossesse. C’est donc le premier obstacle rencontré par le fœtus. Les trois quarts des forces déployées par l’utérus pendant l’accouchement se dépenseront pour l’ouvrir. Deux modifications vont survenir à son niveau : l’effacement d’abord (diminution de longueur qui substitue un orifice utérin au canal préexistant) ; la dilatation ensuite, progressive, jusqu’à ce que le col soit mis à l’alignement du vagin et de l’utérus, qui ne forment plus alors qu’un énorme cylindre de 10 cm de diamètre (dilatation complète). Le vagin et la vulve sont beaucoup plus élastiques que le col, mais le vagin est bridé latéralement par le muscle releveur de l’anus, qui forme l’essentiel du plancher périnéal. Le second obstacle est donc ce plancher périnéal, qui sera franchi sous l’action des contractions et des efforts volontaires de la femme. Mais l’élément essentiel dont le fœtus doit s’accommoder est le bassin osseux. C’est un canal rigide constitué par les deux os iliaques et le sacrum. On lui décrit deux orifices, ou détroits, et une excavation. L’orifice supérieur, ou détroit supérieur, a la forme d’un ovale à grand axe transversal ; sa moitié postérieure est, en son milieu, repoussée en avant par la saillie du promontoire (du sacrum). L’excavation elle-même est constituée en avant par la face postérieure du pubis et en arrière par la face antérieure du sacrum et du coccyx. Dans son ensemble, elle forme un tronc de tore avec un orifice supérieur à grand axe transversal et un orifice inférieur à grand axe antéropostérieur. Elle est divisée en deux étages par le détroit moyen. L’orifice inférieur, ou détroit inférieur, est ostéofibreux, de forme losangique, à grand axe antéropostérieur. Cet anneau osseux étant rigide, sa traversée ne saurait être, sans dommage pour le fœtus, une question de force seule. Le fœtus, pour le traverser, ne peut que s’adapter et s’accommoder à lui, un peu comme une vis s’adapte à son pas de vis. La façon dont le fœtus évolue dans ce canal osseux varie selon la présentation ; cette « présentation » se définit comme la partie du fœtus occupant l’aire du détroit supérieur au début de l’accouchement. Dans le cas du « sommet », présentation la plus habituelle, la traversée osseuse se fait successivement pour la tête, les épaules et le siège du fœtus en trois étapes.