Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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machinisme agricole (suite)

Sur les tracteurs, les perfectionnements courants ont pour but plus limité d’accroître le nombre de combinaisons en évitant le « trou » entre deux vitesses et de permettre le changement de combinaison de façon quasi instantanée, sans interruption de la transmission de puissance aux roues. Par ces dispositifs perfectionnés, on passe d’une vitesse à une autre, ou d’une gamme à une autre, sans agir sur l’embrayage principal.

La synchronisation des vitesses est une amélioration surtout intéressante pour les vitesses rapides.

Pour changer de gamme instantanément, on dispose souvent, en avant ou en arrière de la boîte normale, un réducteur spécial : deux combinaisons au moins (gamme lente, gamme rapide et parfois inversion de marche) comprenant généralement un embrayage à commande hydraulique et une roue libre en plus des trains d’engrenages. Un des systèmes les plus connus met à la disposition du conducteur 12 vitesses avant avec 4 vitesses arrière. Les 12 vitesses avant sont groupées en 3 gammes de 4 vitesses chacune. Le passage des deux gammes extrêmes à la gamme intermédiaire est quasi instantané, sans agir sur l’embrayage principal du tracteur, de même que le passage de la gamme arrière à la gamme intermédiaire, ce qui est très pratique pour les manœuvres répétées (avec un chargeur frontal, par exemple).

On utilise aussi les boîtes semi-automatiques à pignons toujours en prise montés en trains épicycloïdaux (trains planétaires). La commande du choix des combinaisons est hydraulique : on agit sur le serrage de freins à bandes et sur l’application d’embrayages multidisques. Le passage des vitesses se fait ainsi instantanément et en charge d’une façon absolument quelconque.

• Les prises de force. C’est un équipement spécifique des tracteurs agricoles, qui permet de transmettre à l’extérieur la puissance du moteur pour animer les mécanismes des machines. C’est un embout cannelé mâle sur lequel on engage un manchon cannelé femelle, lequel commande un arbre à cardans solidaire des mécanismes de la machine.

Les prises de force sont normalisées en dimensions, en positions, en forme et en régime, de façon que toutes les machines s’adaptent sur tous les tracteurs dans une plage donnée de puissances.

En particulier, le régime normalisé de la prise de force le plus fréquent est de 540 tr/mn pour le régime nominal du moteur. Cela est très important, car les machines sont conçues pour être entraînées à ce régime, et il semblerait indispensable que le moteur puisse fournir sa puissance maximale au régime normalisé de la prise de force. Il n’en est malheureusement pas toujours ainsi, les constructeurs ayant tendance à gonfler les valeurs des puissances annoncées, pour des raisons commerciales.

Avec certaines machines dont les organes doivent tourner rapidement, il est intéressant d’avoir une prise de force tournant à 1 000 tr/mn pour le régime nominal du moteur. Ce type de prise existe sur presque tous les gros tracteurs (à partir de 75 ch).

Le mouvement des prises de force est plus ou moins indépendant du mouvement des roues motrices.

L’indépendance partielle est obtenue à l’aide des embrayages à double effet décrits plus haut : on peut arrêter l’avancement indépendamment de l’entraînement de la prise de force, ce qui est indispensable dans le cas d’une machine de récolte dont l’alimentation dépend de l’avancement ; en cas de bourrage, on arrête le tracteur, l’alimentation cesse et toute la puissance se trouve disponible à la prise de force pour éliminer le bourrage. Avec ce système, on ne peut pas arrêter la prise de force sans arrêter le tracteur.

Pour obtenir cette dernière possibilité, il faut deux embrayages distincts à commandes séparées sur les deux circuits de transmission (avancement et prise de force). Cette solution est plus coûteuse, mais apporte un gain de temps non négligeable dans les manœuvres.

Dans certains cas, on peut éventuellement animer l’arbre de prise de force à des vitesses proportionnelles à la vitesse d’avancement. Il suffit que la liaison puisse s’effectuer à la sortie de la boîte de vitesses.

L’embout principal de prise de force est généralement situé à l’arrière du tracteur, mais il n’est pas rare de trouver d’autres prises de force à l’avant ou entre le train avant et le train arrière (prise de force ventrale, utile pour un outil monté sur le côté du tracteur).

La poulie de battage, autrefois très courante, est un accessoire de moins eu moins utilisé, et elle se monte, lorsqu’elle existe, sur l’embout principal de prise de force.

• Autres équipements des tracteurs agricoles
Un tracteur ne comporte pas comme une automobile un véritable châssis. Les carters de transmissions, boulonnés directement au bloc-moteur d’une part et entre eux d’autre part, constituent un ensemble rigide.

Après la boîte de vitesses, la puissance est transmise aux deux demi-arbres des roues motrices par l’intermédiaire d’un différentiel analogue à celui d’une automobile, mais muni d’un système de blocage. Chaque demi-arbre est logé dans un carter, ou trompette, qui contient parfois un réducteur final. Il commande un moyeu sur lequel se fixe le voile métallique de la jante. L’écartement entre les roues est réglable soit par retournement des voiles de roues, soit par coulissement sur le demi-essieu cannelé. La distance entre les plans médians des roues est appelée voie du tracteur. Le réglage de la voie est nécessaire pour une bonne adaptation des outils au tracteur, en particulier des charrues. Les freins sont à bandes ou à disques et agissent sur les roues arrière. La commande peut être rendue indépendante sur chaque roue, ce qui constitue un moyen efficace pour diminuer le rayon de braquage : on bloque la roue intérieure au virage et on tourne autour de cette roue immobilisée, ce qui est possible grâce au différentiel. Un verrouillage solidarise les deux pédales de commande pour la conduite rapide, afin d’éviter les accidents. La commande des freins peut être assistée hydrauliquement. La direction est généralement assez simple. Elle est assistée hydrauliquement sur les tracteurs puissants et lourds, ce qui facilite beaucoup les manœuvres, surtout quand le tracteur est muni d’un chargeur frontal. Le poste de conduite est relativement simplifié, mais des efforts récents ont été faits pour améliorer le confort du conducteur (visibilité, accessibilité, contrôles du fonctionnement, suspension et réglage des sièges, etc.) et pour assurer la sécurité (arceaux et cabines de sécurité). Le montage de cabines étanches et insonorisées est généralement prévu, mais cet équipement, fort apprécié des utilisateurs, doit être acheté en supplément.