Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
L

Lyon (suite)

L’industrie occupe presque la moitié de la population active, avec quatre activités dominantes : le travail des métaux, le bâtiment, le textile et la chimie ; mais il existe de nombreuses autres branches. Ce secteur secondaire est composé surtout d’activités de transformation, produisant soit des biens d’équipement (poids lourds automobiles, machines électriques, matériel de travaux publics, pompes, appareils pour l’industrie textile, charpente métallique, chaudronnerie, robinetterie), soit des biens de consommation (tissus, appareillage électroménager, produits pharmaceutiques, parfums, plastiques, produits alimentaires, etc.). La soierie reste l’activité la plus ancienne et la plus célèbre de cet ensemble, avec l’organisation du travail à façon, distribué par un « fabricant », qui est davantage un donneur d’ordres qu’un industriel. Une partie de ce travail textile est exécutée par des usines ou de petits ateliers dispersés dans la région : tissages dans les monts du Lyonnais et du Beaujolais, en Saône-et-Loire, dans le bas Dauphiné, sur les contreforts du Pilat ; moulinages dans la Drôme et l’Ardèche. La construction automobile et la construction électrique entretiennent aussi de nombreux fournisseurs et sous-traitants, aussi bien dans le Rhône qu’en Haute-Savoie, dans l’Isère et la Loire : de grandes usines lyonnaises ont décentralisé une partie de leurs fabrications dans les villes voisines (Bourgoin-Jallieu, Villefranche-sur-Saône, Bourg-en-Bresse, Mâcon). La chimie a fait de même au Péage-de-Roussillon et aux Roches-de-Condrieu. Ainsi, l’industrie contribue à étendre la zone d’influence de Lyon. Mais il faut aussi rappeler que de nombreux établissements lyonnais approvisionnent des entreprises installées dans d’autres régions françaises en pièces de forge, de fonderie, de mécanique, en moulages plastiques, en accessoires électriques, en bases de spécialités pharmaceutiques, de parfumerie, etc.


L’agglomération lyonnaise

La topographie, les hommes et leurs activités ont provoqué l’urbanisation d’un espace d’environ 48 000 ha. Le cours du Rhône sépare cet ensemble en deux territoires de superficie presque équivalente, mais inégalement peuplées et d’aspect très différent. Plus de 600 000 personnes résident sur la rive gauche dans 4 arrondissements de Lyon et 14 communes ; 400 000 environ habitent dans les 5 autres arrondissements et 44 communes.

Les paysages de la rive gauche sont ceux d’une agglomération composite, que dominent des immeubles à bureau dans les quartiers proches du centre et des cheminées d’usines à la périphérie. De grandes avenues radio-concentriques et des plans en damier rappellent les conditions favorables du site. Cependant, l’urbanisation a rencontré là beaucoup d’obstacles, en particulier les fortifications du xixe s., dont le tracé fut repris par le chemin de fer de Perrache aux Brotteaux, et les limites administratives. La plus grande partie de ce territoire urbain appartient à des communes indépendantes de Lyon, et, jusqu’en 1967, plusieurs communes de la banlieue faisaient partie du département de l’Isère. Aussi, la vie urbaine s’est-elle organisée assez différemment. Près du parc de la Tête-d’Or, les Brotteaux forment un quartier aristocratique assez froid, tandis que la Guillotière conserve encore des aspects de faubourgs, le cours Gambetta réussissant à soutenir une partie des activités jadis réservées à la presqu’île. Villeurbanne, commune de 120 000 habitants, a réussi le transfert du centre municipal dans l’ensemble dit « des gratte-ciel » et voit surgir un nouveau quartier à la fois universitaire et résidentiel. Monplaisir et Montchat gardent une structure plus aérée, encore verdoyante par endroits. Gerland, quartier industriel, s’urbanise peu à peu, mais reste coupé de la ville par un remblai ferroviaire. Les communes périphériques gardent en partie leur physionomie de banlieue : on y trouve encore de l’espace pour la construction de grands ensembles de logements (Vaulx-en-Velin, Bron-Parilly, les Minguettes) et l’aménagement de parcs, de zones industrielles ou commerciales. Le paysage le plus rationnel est celui qui apparaît au sud, sur le territoire des communes de Saint-Fons, de Feyzin, de Solaise et de Pierre-Bénite : lors de la construction d’une usine hydro-électrique de la Compagnie nationale du Rhône, on a procédé à l’agrandissement du port fluvial Édouard-Herriot et au remblaiement de vastes terrains, où ont pris place l’autoroute de Vienne, une gare de triage, des usines chimiques et une raffinerie de pétrole.

Le reste de l’agglomération est cloisonné par le relief. Les plus fortes densités de population se trouvent encore sur les premières pentes de la Croix-Rousse, près des Terreaux. L’impression d’entassement des constructions est générale dans la presqu’île au nord de la gare de Perrache, dans le Vieux Lyon des bords de la Saône et dans les anciens faubourgs du nord (Vaise et Saint-Clair) et du sud (La Mulatière-Oullins). Conserver les quartiers historiques, rénover les îlots dégradés restent des tâches difficiles. On préfère construire sur les collines (Montessuy, la Duchère, Sainte-Foy-lès-Lyon et Saint-Genis). Malgré la difficulté des communications et le petit nombre des emplois, le plateau de Caluire et tout l’ouest lyonnais ont attiré de grands collectifs. Le caractère trop exclusivement résidentiel de ces territoires aggrave incontestablement le problème général de la circulation dans le centre de la ville. Aussi est-il probable que le centre de gravité démographique de l’agglomération lyonnaise se déplacera encore un peu vers l’est. C’est dans cette direction qu’est en cours l’aménagement d’une ville nouvelle : L’Isle-d’Abeau, près de Bourgoin.

M. L.

➙ Canuts (la révolte des) / Foire / Gaule / Genève / Rhône (le) / Rhône (département) / Rhône-Alpes / Vaudois.

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