Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

anthéridie (suite)

Angiospermes

Ici, la réduction de l’anthéridie est encore plus marquée, et, dans le grain de pollen (microspore), on ne trouve plus que deux noyaux : l’un est le noyau végétatif et l’autre le noyau reproducteur, qui se divisera pour donner deux anthérozoïdes, généralement au moment de la germination du grain de pollen. On considère que le noyau végétatif et son cytoplasme, qui rempliront le tube pollinique, représentent toute l’anthéridie. On peut remarquer que, chez les Gymnospermes, il fallait deux divisions à partir de la cellule anthéridiale pour arriver aux anthérozoïdes. Chez les Angiospermes, il n’en faut qu’une, et c’est un caractère important permettant d’opposer Gymnospermes et Angiospermes. On voit donc que l’appareil reproducteur mâle, qui a acquis dans certains groupes tels que les Bryophytes un développement important, se réduit et que l’élaboration du tube pollinique apporte d’importantes transformations au mode de fécondation : passage des natrices aux vectrices, disparition de la ciliation des gamètes mâles haploïdes, qui d’anthérozoïdes ciliés se réduisent à de simples noyaux.

J. M. T. et F. T.

anthropologie

Ensemble des sciences dont l’objet est l’étude de l’homme.


L’anthropologie moderne limite son champ d’investigation à l’étude des diverses cultures et à la recherche des fondements de toute vie collective.


Essai de définition

L’anthropologie se donne un objet universel, l’homme, dont elle admet l’identité par-delà les différences. Elle l’étudié à différents niveaux et selon différents points de vue. Ainsi, la vie sociale de l’homme varie non seulement dans le temps, mais aussi dans l’espace : des sociétés fondamentalement différentes coexistent à une même époque. À l’intérieur d’une même société, on peut distinguer différents niveaux d’activité et d’organisation : les activités économique, politique, religieuse peuvent ainsi être choisies comme terrain d’observation privilégié, et chacune de ces activités peut donner lieu à observation systématique et à étude comparative. Les méthodes d’observation et d’analyse, enfin, peuvent elles-mêmes varier, indépendamment du niveau de la réalité sociale auquel elles s’appliquent. On parlera par exemple d’une anthropologie structurale pour caractériser une méthode, le structuralisme*, appliquée à l’étude des sociétés humaines. Ce constat de diversité se retrouve dans la terminologie des spécialistes.

En France, le terme d’anthropologie a longtemps désigné l’anthropologie physique (v. art. spécial), par opposition à l’ethnologie, dont l’objet est la connaissance de l’ensemble des caractères de chaque ethnie, afin d’établir des lignes générales de structure et d’évolution des sociétés. L’expression anthropologie sociale et culturelle est aujourd’hui réservée à l’étude scientifique des sociétés, de leurs structures familiales, sociales en général, politiques, de leurs systèmes de valeurs, de leurs croyances, etc. Le terme anthropologie, sans qualificatif, est utilisé assez couramment en ce sens dans les pays anglo-saxons et en France. Indépendamment des appellations, une tendance dominante de l’anthropologie britannique s’est appliquée à voir dans la culture des sociétés un reflet de leur organisation sociale, alors qu’une tendance dominante de l’anthropologie américaine s’attachait à voir dans l’organisation d’une société une expression de sa culture, de sa personnalité. On assiste à l’heure actuelle, en France notamment, à de nouvelles (et apparentes) divisions de l’anthropologie (sociale et culturelle) sous l’influence de la distinction marxiste des différentes « instances » de la réalité sociale. On parlera ainsi d’anthropologie économique (v. art. spécial) ou d’anthropologie politique (v. art. spécial), dans la mesure où l’observateur privilégie un niveau particulier de la réalité sociale.

Rendre compatibles l’étude intensive et l’étude extensive constitue la difficulté essentielle de la démarche anthropologique, qui ne peut ni négliger les particularités ni renoncer à son projet de constitution d’une science universelle de l’homme. Elle est nécessairement partagée entre sa vocation à l’universel et son recours au particulier : c’est parce qu’elle veut connaître tout l’homme qu’il lui faut étudier tous les hommes, et sous tous leurs aspects. L’exotisme a toujours été le domaine de l’anthropologie ; pour les premiers anthropologues — et, de ce point de vue, les philosophes français Montesquieu et Jean-Jacques Rousseau peuvent passer pour des précurseurs —, il s’agissait à la limite d’aller chercher ailleurs des éléments permettant de mieux comprendre ce qui se passait dans leur propre société. On peut donc dire de l’anthropologie que l’unité de son objet commande la pluralité de ses démarches et de ses champs d’action. Cela justifie sa division en disciplines différentes, et la division de certaines d’entre elles — comme l’anthropologie sociale et culturelle — en fonction des régions où elles s’exercent.

Cela explique en revanche sa prétention aux généralisations et sa constante tendance aux regroupements entre disciplines ; si les « ethnologues » — au sens de « chercheurs en anthropologie sociale et culturelle » — se divisent en africanistes, américanistes, etc., l’« africanisme », l’« américanisme » rassemblent chacun pour leur part des chercheurs de différentes disciplines, qui tentent d’unifier leurs projets. Sur le terrain, l’ethnologue aurait souvent besoin du linguiste, entre autres, et l’inverse est également vrai ; les études monographiques essaient de saisir la totalité du phénomène humain dans une région donnée.

Par anthropologie, il convient donc d’entendre une démarche scientifique, une orientation des recherches visant, comme l’écrit Claude Lévi-Strauss, « à une connaissance globale de l’homme embrassant son sujet dans toute son extension historique et géographique ».