Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
L

Liliiflores (suite)

Dioscoréales

L’ordre des Dioscoréales comprend deux familles : les Dioscoréacées et les Taccacées.


Dioscoréacées

C’est une famille des régions tropicales, qui possède une dizaine de genres et 700 espèces, dont 3 en France. Tamus communis (Herbe aux femmes battues) est une plante lianoïde dioïque fréquente dans les haies ; les fruits sont des baies rouges, et les racines servaient autrefois de révulsif. Le genre Dioscoræa comprend 600 espèces (dont 2, dites aussi Borderea, sont localisées dans les Pyrénées). Il faut citer D. batatas, dont les gros tubercules (ignames ; parfois plus de 20 kg), à forte teneur en amidon (18 p. 100), ont un rôle alimentaire important dans les régions chaudes ; leur culture se fait en Afrique, en Amérique et en Asie tropicales. Comme autres genres on peut citer les Testudinaria — dont certains tubercules atteignent 300 kg —, les Stenomeris et les Avetra.


Taccacées

La famille des Taccacées est aussi des régions intertropicales ; une espèce de Tacca d’Asie donne un sagou (arrow root de Tahiti).


Pontédériales

Cet ordre se place non loin des groupes précédents ; la famille des Pontédériacées renferme de nombreuses plantes aquatiques. Une espèce, Eichhornia crassipes, originaire d’Amérique du Sud, envahit tous les cours d’eau des régions tropicales, et la puissance de sa végétation arrive à entraver complètement la navigation.

J.-M. T. et F. T.

 A. Steffen, Unsere Gartenlilien (Berlin, 1929 ; 2e éd., Unsere Lilien im Garten, 1953). / Loisel, l’Asperge, culture naturelle et artificielle (la Maison rustique, 1932). / A. B. Stout, Daylilies (New York, 1934). / N. L. Cave, The Iris (Londres, 1950 ; nouv. éd., 1959). / H. B. D. Woodcock et W. T. Stearn, Lilies of the World (Londres, 1950). / C. Beck, Fritillaries : a Gardener’s Introduction to the Genus Fritillaria (Londres, 1953).

Lille

Ch.-l. du départ. du Nord et capit. de la Région Nord-Pas-de-Calais ; 177 218 hab. (Lillois).


Il est difficile de séparer Lille des autres ensembles urbains voisins. La ville, avec sa banlieue, avoisine le demi-million d’habitants, mais, comme dans toutes les régions fortement urbanisées de l’Europe du Nord-Ouest, à quelques kilomètres existent d’autres cités. Au nord, Roubaix et Tourcoing sont juxtaposées, et leurs banlieues rejoignent celle de Lille : Lille, Roubaix et Tourcoing forment ensemble une agglomération d’environ 900 000 habitants. La zone urbanisée atteint à l’ouest Armentières, occupe au nord toute la poche formée par la frontière et descend au sud jusqu’à Seclin et à La Bassée. C’est cet ensemble d’un million d’habitants que gère la communauté urbaine de Lille. La communauté, à son tour, s’insère dans une aire urbaine centrale étendue jusqu’à Arras et englobant une grande partie du bassin minier avec Béthune, Lens et Douai. Cet ensemble urbanisé, à noyaux multiples, qui s’allonge du sud-ouest au nord-est sur 80 km, compte 2,4 millions d’habitants, cependant que la frontière belge n’arrête pas l’urbanisation, qui se prolonge jusqu’à Courtrai et Tournai.

A. G.


L’histoire

Le premier document écrit de l’histoire de Lille est la charte par laquelle le comte de Flandre Baudouin V (1035-1067), en 1066, dote le chapitre de la collégiale Saint-Pierre, consacrée en 1055, de revenus considérables. Le castrum, où avaient été bâtis la collégiale et le château de la Motte-Madame, défendait, depuis un temps impossible à déterminer, le portus établi à l’endroit où l’axe routier Gand-Champagne-Paris franchit la Deûle, rivière qui subit là une légère rupture de pente. De plus, quand Baudouin V octroie sa charte, Lille (dont le nom atteste une position insulaire [Isla] entre les bras de la Deûle) est déjà flanquée au sud d’un forum, ou faubourg marchand, qui, autour d’une seconde église, Saint-Étienne, sera le centre de la future ville. Et déjà, à quelque 200 m, le village de Fins possède, lui aussi, une église, Saint-Maurice, qui est englobée dans Lille au cours du xiie s. Mieux, la charte de 1066 parle même d’un territorium islense, embryon de la future châtellenie de Lille.

Dès la fin du xiie s., Lille est, avec Bruges, Gand, Ypres et Douai, l’un des cinq « membres » de la Flandre ; un siècle plus tard, la ville groupe 10 000 habitants et compte sept paroisses, une nouvelle paroisse (Saint-Sauveur) s’étant détachée de Saint-Maurice et les faubourgs de Saint-Pierre et de Weppes ayant été annexés dans la direction du nord et de l’ouest. La draperie de Lille est bien connue, en particulier dans la péninsule Ibérique et à Gênes ; sa prospérité profite à une caste de notables, bourgeois de Lille, dont les privilèges, comme ceux de la ville sont consignés à partir de 1297 dans un coutumier appelé vulgairement Livre Roisin.

Saccagée par Philippe II Auguste (1213), qui la punit de sa fidélité au comte Ferrand de Portugal, Lille connaît une grande prospérité sous les comtesses Jeanne de Constantinople (1206-1244) et Marguerite II de Constantinople (1244-1280). En 1235, Jeanne lui octroie une charte qui restera le fondement de la vie municipale jusqu’en 1789. À la tête de la cité, douze échevins (tous bourgeois), le premier ayant le titre de maïeur, et un rewart, qui est comme le procureur des bourgeois en tant que corps.

Prise et reprise par Philippe IV le Bel (1297-1304), Lille passe sous le gouvernement direct des rois de France (1304-1369), mais le mariage de Philippe II le Hardi avec Marguerite, fille de Louis II de Mâle, en fait l’une des capitales des ducs de Bourgogne (1383) et le siège d’une de leurs quatre chambres des comptes (jusqu’en 1473). Philippe III le Bon y tient le premier chapitre de la Toison d’or (1431) et y organise (1454) l’extraordinaire festin dit « du Vœu du faisan ».

Ville espagnole après la mort de Charles le Téméraire, Lille, vouée au culte de Notre-Dame de la Treille, est touchée par la Réforme : le calvinisme se propage surtout parmi les petites gens, mais les mesures draconiennes prises par les gouvernements des Pays-Bas ont tôt fait de détruire l’Église réformée lilloise.