Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
L

Ligurie

En ital. Liguria, région de l’Italie du Nord, sur le golfe de Gênes ; 5 413 km2 ; 1 867 000 hab. (Ligures). Capit. Gênes*.


La Ligurie est une petite région, limitée par la frontière française à l’ouest, la Toscane à l’est, le Piémont et l’Émilie au nord. Les quatre provinces qui la constituent (Imperia, Savone, Gênes, La Spezia) sont avant tout des régions maritimes. C’est cette position qui confère à la Ligurie son importance et explique la concentration de près de 2 millions d’habitants (344 hab. au km2) sur son territoire exigu.

L’influence des données physiques sur l’économie est contradictoire. La Ligurie est formée par la retombée sur la Méditerranée (appelée ici golfe de Gênes ou mer Ligurienne) d’un vigoureux bourrelet montagneux. Ce dernier est composite. À l’ouest du col de Cadibone (460 m), les derniers reliefs des Alpes maritimes culminent dans la région au mont Saccarello (2 200 m). À l’est, c’est le début de l’Apennin, dont les points les plus hauts ne dépassent pas 1 800 m (1 735 m au mont Penna). De ce fait, l’extension des plaines est très faible ; l’essentiel de la Ligurie est composé de montagnes (65 p. 100 de la superficie) et de collines. Ces reliefs sont facilement traversés grâce à la présence de cols de faible altitude, permettant de rejoindre Turin, Milan, Plaisance ou Parme ; le plus important d’entre eux est le col dei Giovi, en direction de Milan. Mais, en dépit de ces possibilités de circulation, le manque d’espace est un sérieux obstacle au progrès économique ligure. Le climat a des conséquences très bénéfiques. Comme la Côte d’Azur française, la Ligurie appartient au domaine méditerranéen et se trouve protégée des influences septentrionales par l’arc montagneux. L’action adoucissante de la mer est grande : les hivers sont doux, les étés ensoleillés et non torrides. Cela permet le développement du tourisme et de cultures délicates, notamment celle des fleurs.

Ces éléments physiques joints à la situation de débouché de la plaine padane expliquent la forte densité de population, qui trouve ici des possibilités diverses d’emploi. La structure de la population est complexe. L’accroissement doit peu au mouvement naturel. Les taux de natalité sont faibles (12,6 pour 1 000), et les taux de mortalité assez élevés (12,3 pour 1 000). Ce sont les mouvements migratoires qui sont à l’origine de la croissance. Ils sont d’une double origine. D’une part, il y a l’afflux d’Italiens du Sud (Sardes et Calabrais surtout) en quête d’emploi ; d’autre part, beaucoup de retraités viennent sur la côte ligure à la fin de leur vie active.

La vie économique est diversifiée. L’agriculture tient peu de place (10 p. 100 de la population active), mais la valeur commerciale de sa production est grande. Dans la montagne, la vieille agriculture méditerranéenne est abandonnée. La richesse provient de l’extension des cultures florales. Autour d’Imperia, sur la « Riviera des Fleurs », s’étend la plus grande surface floricole du monde, avec prédominance de l’œillet. La pêche a très peu d’importance.

L’industrie occupe 40 p. 100 de la population active de la Ligurie. En dehors de deux gros établissements chimiques à l’intérieur, elle est concentrée sur la côte, surtout entre Savone et Gênes. En exceptant les industries traditionnelles (conserveries, minoteries, sucreries, savonneries...), qui se sont cependant fortement modernisées, les fondements industriels sont la sidérurgie, les constructions navales et la chimie. À La Spezia (122 000 hab.) se trouvent un grand arsenal et une raffinerie notable. Savone (80 000 hab.) est un port charbonnier avec des industries chimiques ; il se soude à Vado Ligure, qui reçoit les hydrocarbures. Mais c’est Gênes qui est le foyer industriel principal, avec notamment l’aciérie à cycle intégral de Gênes-Cornigliano et les constructions navales de Sestri Ponente. Enfin, le secteur tertiaire absorbe 50 p. 100 des effectifs de la population active grâce à deux activités essentiellement : le tourisme et le trafic portuaire (concentré à Gênes qui est le premier port d’Italie). La beauté d’un littoral rocheux très découpé et la douceur du climat ont suscité l’éclosion de nombreuses stations tant à l’ouest de Gênes, sur la Riviera di Ponente (San Remo, Imperia, Alassio), qu’à l’est, sur la Riviera di Levante (Rapallo, Portofino). Il s’agit essentiellement d’un tourisme balnéaire d’été, de masse et de court séjour ainsi que d’un tourisme résidentiel d’hiver. Le tourisme ligure représente 10 p. 100 de l’activité nationale en ce domaine.

E. D.

➙ Gênes.

 C. Merlo, Liguria (Turin, 1961). / J. H. Hermitte, l’Économie industrielle des rivages méditerranéens de Toulon à La Spezia (Ophrys, Gap, 1965). / G. Ferro, E. Leardi, M. Quaini et A. Vallega, Studi geografici sul Genovesato (Gênes, 1970).

Liliiflores

Vaste ensemble de plantes monocotylédones comprenant la majorité des espèces de cette classe.


Ce phylum, le plus important des Monocotylédones, comprend 11 ordres, rassemblés en 5 groupes : Commélinales-Graminales, Juncales-Cypérales, Broméliales, Pontédériales et Liliales-Dioscoréales-Scitaminales-Burmaniales-Orchidales. Seules les ordres des Liliales, des Dioscoréales et des Pontédériales sont étudiés ici. (V. aussi les articles Broméliacées, Cypérales, Graminacées, Juncales, Orchidées, Scitaminales.)


Liliales

Ce grand ordre comprend 10 familles, entre autres les Liliacées, les Amaryllidacées et les Iridacées, dont les fleurs sont ordinairement du type trois, actinomorphes (symétriques par rapport à un axe) et hermaphrodites.


Liliacées

Cette famille, composée surtout de plantes herbacées (rares espèces arbustives ou arborescentes : Yucca, Nolina, Dracæna, Cordyline) avec des rhizomes, des bulbes ou des tubercules, comprend 4 000 espèces environ, réparties en 240 genres (en France, environ 140 espèces et 25 genres). Les feuilles, rarement pétiolées, sont souvent linéaires-lancéolées et parallélinervées ; des cladodes les remplacent parfois (Asperge, Ruscus). Les fleurs possèdent deux verticilles de trois pièces semblables (tépales) ordinairement libres (Tulipe), mais, dans certains genres, plus ou moins soudées et formant alors un tube (Muguet, Aspidistra). Les étamines sont au nombre de six, parfois unies aux tépales, l’ovaire étant formé de trois carpelles. Citons tout d’abord le genre Veratrum. Une des espèces de Vératre (60 espèces dans l’hémisphère Nord), V. album, à feuilles alternes, parfois dangereusement confondue avec la grande Gentiane jaune, à feuilles opposées, est une plante très toxique par suite de la présence de nombreux alcaloïdes dans ses tissus. Les Colchicum (Colchiques : 70 espèces, surtout de la région méditerranéenne) et, en particulier, C. autumnale ont donné de nombreuses races horticoles ; leur floraison est soit printanière, soit automnale. Très vénéneuses, les Colchiques ont des propriétés médicinales strictement réglementées en pharmacopée. Les Asphodèles (20 espèces méditerranéennes) sont des plantes à racines fasciculées ou tubérisées qui renferment une quantité non négligeable d’inuline ; quelques espèces de ce genre ainsi que des Asphodélines (20 espèces), des Anthericum (une centaine) et des Hemerocallis (10 espèces) sont très employées en horticulture. Les Phormium sont de grandes herbes à feuilles linéaires ; le P. tenax, ou lin de Nouvelle-Zélande, possède dans ses feuilles de nombreuses fibres textiles, et ses fleurs sont disposées sur une longue hampe. Les Aloès (plus de 250 espèces), originaires surtout de l’Afrique orientale, de Madagascar et d’Arabie, ont des tiges épaisses, lignifiées, avec des feuilles crassulentes gorgées d’un suc amer et résineux, habituellement coloré, qui sert en pharmacopée. On donne souvent à tort le nom d’Aloès aux Agaves, à feuilles fibreuses et sans suc, qui appartiennent à la famille des Amaryllidacées. Les Allium avec plus de 300 espèces, dont près d’une quarantaine en France, sont des plantes riches en mucilages et en essences, qui dégagent, quand on les froisse, une odeur caractéristique. De nombreuses espèces sont des plantes potagères (le poireau, les divers aulx, l’oignon, l’échalote, la ciboulette, la ciboule), mais, grâce à leurs belles inflorescences en ombelle parfois colorées, certaines sont employées dans la décoration florale (A. Molly, jaune, indigène ; A. albopilosum, blanc ; A. giganteum, lilas, du Turkestan). Les Lilium (100 espèces, dont 5 en France), originaires de la zone tempérée nord, sont très décoratifs, et les horticulteurs ont créé de nombreux hybrides et cultivars. Presque toutes les espèces de Lis peuvent prospérer en France ; leur multiplication se fait par semis, par cayeux (petit bourgeon qui, en se développant, fragmente le bulbe initial en plusieurs nouveaux) ou par bulbilles. Comme espèces on peut citer : L. candidum, blanc, originaire du Moyen-Orient ; L. speciosum, à fleurs roses et à taches rouges, et L. auratum, à fleurs blanches à ponctuations pourpres, originaire du Japon ; le Lis Martagon, cultivé dès 1583 ; L. croceum, cultivé avant 1542 ; L. pomponium et L. pyrenaicum, indigènes en France. Ils ornaient déjà aux temps minoéens (plus de 1 500 ans avant J.-C.) les jardins et les murs des palais. Les Fritillaires (80 espèces) ont des fleurs pendantes groupées en têtes terminales. C’est à partir de F. imperialis (originaire de Perse et d’Afghānistān, et introduite vers 1580) que de nombreux cultivars et races ont été formés. Le genre Tulipa, avec à peine 80 espèces sauvages, connaît actuellement une vogue considérable, puisque plusieurs milliers de variétés sont cultivées dans les jardins. La Tulipe de Gesner, originaire de l’Orient et introduite en Europe vers 1534, fut l’objet, au xviie s., d’un commerce effréné : sa culture était devenue une véritable manie. C’est surtout aux Pays-Bas que l’on trouve les grands établissements horticoles, qui créent, multiplient les bulbes et les exportent dans le monde entier. Près de ces genres se placent les Scilla (120 espèces), les Ornithogales (100 espèces), les Muscaris (60 espèces), les Jacinthes (40 espèces) originaires du Proche-Orient et de la région méditerranéenne ; ces dernières sont très utilisées pour la décoration printanière des jardins.