Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
L

Lemoyne (François)

Peintre français (Paris 1688 - id. 1737).


Cet artiste, un des plus brillants décorateurs du xviiie s., mériterait d’être plus populaire, ne serait-ce qu’au titre de maître de Boucher*, qui lui doit beaucoup.

Lemoyne fut l’élève de Louis Galloche (1670-1761) et sans doute aussi du portraitiste Tournières (Robert Le Vrac [1667-1752]). Premier prix de Rome en 1711, il ne fit pas le traditionnel voyage en Italie, les finances royales n’ayant pas accordé de bourse cette année-là. Se tournant alors vers l’étude de Rubens* à la galerie Médicis du palais du Luxembourg, il apprend à rendre les transparences et les nuances par une touche délicate et nerveuse. Ses débuts sont difficiles, car il reçoit peu de commandes. En 1722, afin de prouver qu’il aurait été capable d’effectuer un tel travail, il donne une esquisse pour le plafond de la salle du Mississippi à la Banque royale, plafond qui avait été confié au Vénitien Giovanni Antonio Pellegrini (1675-1741). En 1723, deux riches amateurs l’emmènent en Italie. Mais ce voyage lui apporte peu, sa manière étant déjà formée. La même année, il a proposé pour une somme dérisoire de peindre la voûte de la chapelle axiale de l’église du couvent des Jacobins au faubourg Saint-Germain (auj. Saint-Thomas-d’Aquin) : le thème de l’œuvre est la Transfiguration.

Ses tableaux de chevalet — Persée et Andromède (1723, Londres, Wallace Collection), Hercule et Omphale (1724, Paris, Louvre), Vénus et Adonis (1729, musée de Stockholm), Louis XV donnant la Paix à l’Europe (1729, Versailles, salon de la Paix) — donnent une idée incomplète de son talent.

Car Lemoyne est avant tout un décorateur dans la lignée d’Antoine Coypel* et de La Fosse*. Deux commandes importantes vont enfin lui permettre de satisfaire son ambition et de donner toute sa mesure. Lemoyne est d’abord chargé de la coupole de la chapelle de la Vierge à Saint-Sulpice (1731-32). Les restaurations ont rendu méconnaissable ce morceau, que l’on peut cependant juger grâce à l’esquisse originale (Louvre). Lemoyne est ensuite chargé, en 1733, du plafond du salon d’Hercule à Versailles (300 m2 ; 140 figures). Son dernier ouvrage, qui est son chef-d’œuvre, lui vaut d’être nommé Premier peintre du roi. Chaque partie du plafond, peint à l’huile sur des toiles marouflées, a reçu la finition d’un tableau de chevalet. « Il n’y a guère en Europe, écrit Voltaire, de plus vaste ouvrage de peinture que le plafond de Lemoyne et je ne sais s’il y en a de plus beau. » Le Repas chez Simon le pharisien de Véronèse venait d’être mis en place dans le salon d’Hercule quand Lemoyne commença son travail, et le peintre a visiblement eu le souci d’accorder son œuvre à la précédente : la terrasse de marbre blanc qui fait le tour du plafond assure la liaison avec les architectures du tableau, et les couleurs claires s’harmonisent. Tout l’Olympe est réuni pour assister à l’Apothéose d’Hercule debout dans un char que conduisent des génies. Pour récompenser le héros, Jupiter lui donne la main d’Hébé, déesse de la Jeunesse. Cette apothéose est aussi le triomphe du goût nouveau, celui de la peinture claire.

Surmené, travaillé d’ambition, se croyant persécuté, Lemoyne se suicida à l’âge de quarante-neuf ans.

B. A.

Lémuriens

Mammifères primates ayant quelques ressemblances avec des Insectivores.


Ce sont des animaux propres à l’Ancien Monde, ressemblant un peu à des Singes. Ils font partie, avec les sous-ordres des Tarsiens, des Simiens et des Hominiens, de l’ordre des Primates. Leur taille est petite ou moyenne. Ils ont certains des caractères des Insectivores par leur dentition, dont la formule dentaire est

ainsi que par leur régime alimentaire. Ils ont des aspects simiens par leurs membres terminés par des mains et des pieds préhensiles, avec les pouces et les gros orteils opposables aux autres doigts ; tous leurs ongles sont plats, à l’exception de celui du gros orteil, qui fait griffe.

Leur tête est plutôt allongée ; leur cerveau, bien qu’à peine plissé, a les caractères de celui des Primates, mais à lobes olfactifs encore très développés. Leurs yeux sont grands et très rapprochés.

Leurs membres postérieurs sont beaucoup plus développés que les antérieurs et présentent de ce fait une grande aptitude aux sauts.

Leurs organes génitaux ressemblent à ceux des Simiens, mais leur cycle sexuel est saisonnier à la manière des Insectivores. L’utérus est bicorne, et le placenta diffus. Les Lémuriens ont en général deux paires de mamelles : une pectorale, une autre abdominale (seulement une paire de mamelles pectorales chez les Indris).

Leur répartition géographique comprend Madagascar, l’Afrique noire, Ceylan, l’Indochine, l’Inde, l’Indonésie, les Philippines.

On peut classer les Lémuriens en trois groupes : les Lorisiformes, les Lémuriformes, les Daubentoniformes.


Les Lorisiformes

Les Loris, qui ont donné leur nom à ce groupe, sont asiatiques. Ils sont de petite taille (25 cm de long) et sans queue ; leurs bras et leurs jambes sont longs. Les Loris sont nocturnes et possèdent de grands yeux comme les Hiboux. Leur pelage est doux et ressemble à de la peluche. Ils sont arboricoles, lents, ont un comportement de grimpeurs agrippeurs et se nourrissent de fleurs, de jeunes pousses, de fruits, d’Insectes, d’œufs d’Oiseaux.

Le Nycticèbe est de taille un peu plus grande. On le rencontre en Indochine, en Indonésie jusqu’aux Philippines. Il vit et chasse la nuit en petites bandes. Aux végétaux et aux Insectes, qui font l’essentiel de son alimentation, il ajoute des petits Lézards et des Geckos.

Le Galago du Sénégal est gris plus ou moins roux. Il vit dans les boisements épars des savanes ; il mesure de 17 à 21 cm sans la queue. Essentiellement nocturne et arboricole, il s’abrite le jour dans les anfractuosités des écorces des arbres ou dans des nids d’Écureuils.