Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
L

Leao-ning

En pinyin Liaoning, province de la Chine du Nord-Est. Capit. Shenyang (Chen-yang).


Le Liaoning est la moins étendue (230 000 km2) mais la plus peuplée des trois provinces qui constituent la Chine du Nord-Est : 24 090 000 habitants en 1957 et environ 30 millions en 1967 (estimation). Trois « familles minoritaires » y sont officiellement recensées : 1 100 000 Mandchous, 330 000 Mongols (à l’ouest) et 130 000 Hui (Houei) [dans les villes].

Le Liaoning se présente comme un « fer à cheval » s’ouvrant sur le golfe de Bohai (Po-hai) et est constitué de quatre grands ensembles de relief. Au centre, sur environ le quart de la surface totale de la province, s’étend la plaine du Liaohe (Leao-ho), qui s’élève progressivement de 50 à 200 m, du sud au nord, et dont l’essentiel résulte de l’accumulation de matériaux déposés par le fleuve à l’emplacement d’un fossé d’effondrement. À l’ouest, du plateau mongol vers la plaine, se succèdent une série de massifs disloqués qui s’abaissent en gradins de 1 000 m à l’ouest à 300 m à l’est, et dont l’ensemble est désigné par le terme de « collines du Liaoxi » (Leao-si). Au nord-est, les massifs de Longgang (Long-kang) et de Guotou (Kouo-t’eou) [culminant à 1 350 m] sont le prolongement méridional des montagnes de Mandchourie orientale et constituent la limite de partage des eaux entre les deux principaux fleuves de la province : le Liaohe (Leao-ho) et le Yalu (Ya-lou) à la frontière coréenne. Cet ensemble montagneux se prolonge au sud-est par les collines et la péninsule du Liaodong (Leao-tong), dont les Qian-shan (Ts’ien-chan) sont l’élément essentiel.

Par sa situation méridionale et son ouverture sur la mer (1 650 km de côtes), le Liaoning jouit des meilleures conditions climatiques du Nord-Est chinois : la moyenne des températures de janvier n’est que de – 5 °C dans la péninsule et de – 10 °C dans la plaine, et l’été est partout très chaud : moyenne de juillet, 24 à 25 °C. Le régime des précipitations est comparable à celui de la Chine du Nord : diminution progressive du sud-est (700 mm) au nord-ouest (300 mm) et concentration en été (65 p. 100 du total annuel).

Aux différents ensembles régionaux correspondent diverses vocations agricoles. Le soja et le kaoliang (cultures d’été) restent les deux grandes cultures de la plaine centrale, mais se concentrent progressivement vers le nord, tandis que se développe la riziculture dans la basse vallée du Liaohe et que le maïs progresse à partir du sud-est vers le centre (souvent en culture intercalaire avec le soja). Le coton est une culture pionnière sur les sols salés de la basse plaine, mais c’est la région de Jinzhou (Kin-tcheou), au sud-ouest, qui fournit l’essentiel de cette production (la moitié des surfaces en coton de l’ensemble de la province). Les conditions les plus médiocres caractérisent les collines du Liaoxi : sols intensément érodés, faible pluviosité ; aussi, le millet, plante peu exigeante, occupe-t-il l’essentiel des terres cultivées de l’ouest de la province. La variété des productions caractérise au contraire les collines et la péninsule du Liaodong. Le maïs est ici la principale culture céréalière, mais on y cultive aussi arachides et patates douces, en rotation, sur les terres sablonneuses de la péninsule ; les basses pentes des collines de Kaiping (K’ai-p’ing) à Lüda (Liu-ta), notamment, portent des plantations de pommiers qui fournissent les trois quarts de la production chinoise de pomme, et les régions de Fengcheng (Fong-tch’eng) et d’Andong (Ngan-tong) font du Liaoning le second producteur chinois, après le Shandong (Chan-tong), de soie « sauvage », ou soie de tussah (vers élevés sur les feuilles de chêne, Quercus serrata, et non de mûrier).

Mais le Liaoning est avant tout une grande province industrielle qui fournissait en 1957 le quart de la production de l’industrie lourde chinoise. Cette puissance repose sur l’exploitation de ressources naturelles riches et variées, au premier rang desquelles figurent le charbon et le minerai de fer. Le charbon est exploité de part et d’autre de la plaine centrale à partir de quatre bassins principaux : à l’est, Fushun (Fou-chouen) [15 Mt par an de charbons bitumineux] et Benxi (Pen-hi) [5 Mt par an, dont 70 p. 100 de charbon à coke] ; à l’ouest, Fuxin (Fou-sin), qui détient les plus grosses réserves (5 000 Mt) et qui est appelé à supplanter Fushun, et Beipiao (Pei-p’iao), qui fournit plus de 2 Mt d’un excellent charbon à coke. Le minerai de fer est exploité en une dizaine de sièges situés dans un rayon de 80 km autour d’Anshan (Ngan-chan) et dont le plus important est celui de Gongzhangling (Kong-tchang-ling), qui détient près de un milliard de tonnes de réserves (35 à 40 p. 100 de teneur en métal).

D’énormes réserves de schistes bitumineux (Fushun, Jinxi [Kin-si], Jinzhou), un gisement de plus de 1 000 Mt de magnésite situé entre Haicheng (Hai-tch’eng) et Kaiping, de l’alunite (à 40 p. 100 d’alumine) à Fushun, Benxi, Jinzhou, le plomb, le zinc et le molybdène dans la région de Fengcheng, le sel du littoral (25 000 ha, 22 p. 100 de la production chinoise) sont les autres grandes matières premières industrielles du Liaoning.

Dans un rayon de moins de 100 km autour de Shenyang (Chen-yang), la capitale, s’est constitué le plus puissant foyer industriel de la Chine : Anshan (1 000 000 d’hab.) est la première ville sidérurgique chinoise (plus de 5 Mt d’acier), secondée par Benxi (500 000 hab.), producteur de fonte et d’aciers spéciaux ; Fushun (1 200 000 hab.), grand centre charbonnier, est aussi le premier producteur chinois d’huile de schiste et de fuel synthétique ; une usine d’aluminium, des usines de roulements à billes et d’équipements miniers complètent cet énorme ensemble industriel. Shenyang (4 000 000 d’hab.), servi par ce puissant complexe d’industries de base, est devenu le premier centre chinois d’industries mécaniques.