Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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Laban (Rudolf von)

Chorégraphe, pédagogue et théoricien de la danse moderne, autrichien d’origine hongroise (Bratislava 1879 - Weybridge, Surrey, 1958).


Très jeune, Laban connaît l’ambiance des théâtres hongrois et allemands. À Paris et à Munich, il étudie l’architecture et la sculpture, la peinture et la scénographie, l’art dramatique et la danse. Passionné par les problèmes du mouvement, il se consacre à l’élaboration d’une technique, qui conduit à la danse pure, à la « danse absolue ».

Grand voyageur, il parcourt l’Europe, où chacun de ses passages laisse une impression durable. La danse libre avait, dès son apparition dans les pays germaniques, en Allemagne en particulier, supplanté la danse académique, qui n’avait jamais vraiment fait école. L’abstraction de la danse classique et sa beauté formelle, rejetées par les danseurs germaniques, laissaient la place à l’expression, extériorisation de l’émotion ressentie par l’artiste. Influencé par François Delsarte (1811-1871) et même par Émile Jaques-Dalcroze (1865-1950), acquis à quelques principes d’Isadora Duncan (1878-1927) et de Maud Allan (1883-1956), Laban, convaincu de la primauté de cette émotion, en fait l’origine de tout mouvement, de tout rythme et, partant, de toute musique. Art spatial, la danse est soumise à des lois et résulte du travail de composition du chorégraphe, qui en a conçu le schéma. L’harmonie naît de la rencontre de ces deux éléments.

Théoricien, Laban, par ses travaux, a prouvé la liberté totale de la danse vis-à-vis des autres arts, position opposée à celle que défendaient des chorégraphes comme Michel Fokine* ou Léonide Massine*, qui, bien que novateurs, tentaient non pas d’isoler la danse, mais, au contraire, de la lier étroitement à tous les arts. Le mouvement, traduction dynamique d’une impression, d’un sentiment, doit être toujours considéré par rapport à l’espace, à l’« environnement ». De plus, s’il inscrit son dessin — si complexe soit-il — dans l’espace, les directions qu’il suit peuvent être ramenées à des notions très simples, opposées et complémentaires deux à deux : droite-gauche, hauteur-profondeur, avant-arrière.

Pédagogue, Laban, qui voulait « fonder la danse en raison, voire en philosophie », édifia son enseignement sur quatre idées maîtresses : l’espace, l’effort, l’harmonie et la sensibilité. Tout mouvement a son point de départ à l’intérieur du corps, et son rythme naturel est la respiration. À une tension musculaire succède toujours une détente (Anspannung-Abspannung), principe que l’on retrouve par exemple chez Martha Graham (née v. 1893) [contraction-release] ou chez Doris Humphrey (1895-1958) [fall recovery]. Formés à l’école de Laban, Mary Wigman (1886-1973) [qui, par la suite, s’opposa à lui], Kurt Jooss (né en 1901), Harald Kreutzberg (1902-1968) et Aurel Milloss (né en 1906) contribuèrent beaucoup à la propagation des principes du maître.

Chorégraphe, Laban a produit des œuvres pour formations réduites et dans lesquelles il aimait figurer, sans musique ou avec accompagnement de percussions (Himmel und Erde, 1922 ; Nacht, 1927). Il a animé également de grandes fresques, de grands mouvements de masse (Bewegungschore), où sa science du nombre et des lignes s’est révélée tout entière (Agamemnons Tod, d’après Noverre*, 1924 ; Titan, 1927). En 1936, il réglait les évolutions des athlètes aux jeux Olympiques de Berlin... En marge de ses théories, il a également composé des chorégraphies sur des œuvres musicales préexistantes (Don Juan de Gluck, Prométhée de Beethoven).

Créateur du système de notation* chorégraphique appelé aujourd’hui labanotation, Laban réussit à schématiser les pas, leurs directions, les différentes orientations prises par le corps ou une partie du corps du danseur, les formations et les déplacements des groupes. La partition musicale, écrite sur des portées supplémentaires, peut se lire, simultanément. Ce système, qui s’avère un des plus efficaces, a été adopté, entre autres, par K. Jooss, George Balanchine* (qui a introduit son étude à la School of American Ballet), et le Royal Ballet. Le Dance Notation Bureau fonctionne à New York depuis 1940.

Rudolf von Laban, qui a écrit de nombreux ouvrages didactiques, est, sans aucun doute, le fondateur et le premier penseur de la danse moderne.

Principales œuvres

Gymnastik und Tanz (Oldenburg, 1926)
Choregraphie (Iéna, 1926)
Schrifttanz : Methodik, Orthographie, Erläuterungen (Vienne-Leipzig, 1928)
Ein Leben für den Tanz (Dresde, 1935)
Modern Educational Dance (Londres, 1948)
The Mastery of Movement on Stage (Londres, 1950)
Principles of Dance and Movement notation (Londres, 1956)

H. H.

➙ Danse / Expressionnisme / Notation chorégraphique.

Quelques repères biographiques

1910-1914

Munich : fondation de sa première école.

1914-1918

Zurich : création d’une école (1915) et à Ascona.

1919-20

Nuremberg et Stuttgart.

1921-1923

Mannheim, Nationaltheater.

1923-1925

Hambourg : directeur de la danse au Staatsoper. Création d’un groupe de danse de concert (1923).

1925-26

Théâtre de Würzburg.

1927-1935

Chorégraphe et pédagogue au Staatsoper et au Staatlicher de Berlin. Création d’un institut de chorégraphie (1930).

1938

S’exile en Angleterre et travaille à Darlington (école de K. Jooss), puis à Londres.

1942

À Manchester il crée l’Art of Movement Studio.

1953

Weybridge : il fonde le Art of Movement Center où sont formés les futurs professeurs.

Labiées ou Labiacées

Vaste famille d’herbes et de sous-arbrisseaux gamopétales caractérisés par une tige carrée, des feuilles décussées, une corolle à deux lèvres.


Cette famille comprend plus de 4 000 espèces, réparties en 200 genres environ (respectivement 200 et 30 en France).


Généralités

Les Labiées sont ordinairement des herbes ou des arbustes, exceptionnellement des arbres. Les feuilles sont décussées, c’est-à-dire que les paires successives se développent alternativement à angle droit ; il en résulte que les tiges, du moins dans leur première année, sont le plus souvent quadrangulaires. Les angles, très bien marqués, sont renforcés par un tissu de soutien (collenchyme) cellulosique et sont parfois ornés d’une aile membraneuse. En plus, à chacun de ces angles correspond un gros faisceau libéro-ligneux. On remarque sur les tissus herbacés (jeunes tiges et feuilles) une grande abondance de poils, les uns protecteurs, simples ou ramifiés, les autres glanduleux et produisant des essences. Ces derniers sont composés d’un pied et d’une tête pluricellulaire (2-4 ou 8 cellules). Ils sécrètent une essence qui s’accumule sous la cuticule, les parois cellulaires s’étant décollées sous la pression exercée par l’accumulation de l’essence ; quelques genres ont des cellules sécrétrices internes.