Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
K

Kyōto (suite)

À partir du xviie s., la classe bourgeoise s’affirme, et les riches marchands de la ville stimulent le développement des métiers d’art. La plupart des soieries et des laques* du Japon sont fabriqués à Kyōto. Les artisans du textile, groupés dans le quartier Nishijin, rivalisent d’ingéniosité pour décorer les étoffes et utilisent un procédé spécial de teinture (yūzen) qui permet des dessins libres et multicolores. Les broderies, les objets en bambou, les peignes et les poupées sont également réputés. La production céramique connaît un essor constant, en particulier à Kiyomizu et à Awata. Cet artisanat de haute qualité reste aujourd’hui très vivant.

F. D.


La ville actuelle

L’époque actuelle a laissé moins de traces ici que dans les autres métropoles japonaises ; les quartiers industriels se concentrent au sud de la gare, épargnant ainsi la zone historique. Toutefois, 16 p. 100 de la population se livrent à des activités manufacturières, en usines ou en ateliers nombreux et de petites dimensions : appareillage électrique, instruments de précision, produits pharmaceutiques. L’absence d’industries lourdes garde à Kyōto un ciel clair qui contraste violemment avec les brumes noirâtres dont Ōsaka s’enveloppe à 50 km au sud-ouest.

La principale richesse de la ville provient toutefois du tourisme, 10 millions de personnes la visitant chaque année : Japonais en groupes d’écoliers ou de ruraux venus en voyages organisés et étrangers, pour lesquels la ville est le principal pôle d’attraction. Les deux pointes de cette activité se situent au printemps (mars-mai : 40 p. 100 des visiteurs) et en automne (25 p. 100). Un grand nombre d’hôtels vivent de ce tourisme. Un centre commercial, avec grands magasins, banques, hôtels modernes, forme un îlot de constructions modernes de bois, à peu près au milieu de l’agglomération : il s’étend au sud vers le quartier de la gare, lui aussi très animé.

Aujourd’hui, Kyōto paraît entrer dans une nouvelle phase de sa longue histoire. Elle s’intègre, en effet, de plus en plus dans la conurbation d’Ōsaka, pour laquelle elle devient une ville-dortoir. Elle se développe dans trois directions : à l’est, vers le bassin de Yamashina et le lac Biwa ; au sud, dans la plaine du Kansai ; à l’ouest, dans le secteur de Sagano. Un métro est prévu, bien que l’ampleur des avenues rende ici le problème de circulation bien moins pressant que dans les autres métropoles. Trois voies ferrées relient la ville à Ōsaka, et la ligne récente du Shinkansen la met à 2 h 50 mn seulement de Tōkyō. L’autoroute Tōkyō-Kōbe passe légèrement au sud, parmi des rizières que la marée des constructions fait rapidement disparaître. Au sein de la mégalopolis, Kyōto demeure ainsi un témoignage du passé. Comme Florence ou Athènes, c’est un des hauts lieux de l’esprit humain.

J. P.-M.

➙ Eitoku / Japon / Kanō (école des) / Kōrin et Kenzan / Sōtatsu / Tch’an et Zen dans l’art / Thé (cérémonie du).

 R. Ponsonby-Fane, Kyōto, the Old Capital of Japan (Kyōto, 1956).

kyste

Cavité pathologique contenant un liquide, parfois des éléments solides et limité intérieurement par une paroi recouverte d’un épithélium.


En fait, le terme de kyste désigne des affections disparates qu’il est illusoire de vouloir classer.


Anatomie pathologique

En règle générale, les kystes sont des « tumeurs liquides » bénignes. Ils résultent d’une prolifération (d’une néo-formation) tissulaire se développant progressivement, sur place à partir d’un tissu ou d’un organe donnés, en reproduisant des structures normales, sans monstruosités cellulaires. Ils se développent en refoulant les tissus voisins, qu’ils compriment, mais sans les pénétrer ni les envahir : un plan de clivage les sépare.

La paroi des kystes vrais est constituée intérieurement d’une ou de plusieurs couches de cellules épithéliales, plus ou moins aplaties suivant la nature du kyste et la pression régnant à l’intérieur de la cavité. La couche épithéliale est entourée par une couche de tissu conjonctif dense et par une couche de tissu conjonctif lâche, permettant le clivage.

Les faux kystes ont une constitution analogue, mais il n’existe pas d’assise épithéliale intérieurement, et la paroi est formée uniquement de tissu conjonctif.

Le contenu des kystes peut être un liquide clair ou teinté, limpide ou trouble, plus ou moins visqueux. On trouve dans certains kystes des éléments tissulaires divers (amas épithéliaux, poils, dents, etc.) et, si l’origine du kyste est parasitaire, le parasite ou ses œufs. La pression à l’intérieur des kystes est variable, parfois élevée.


Causes des kystes

Très souvent, les kystes ont une origine embryonnaire : ils se forment au cours de la vie intra-utérine et constituent alors une sorte de malformation. Ces kystes peuvent grossir dès cette période et être perceptibles à la naissance ou, au contraire, rester longtemps à l’état d’ébauche, puis ne se développer qu’à l’âge adulte.

Dans d’autres cas, les kystes se forment par suite d’une anomalie de fonctionnement d’un organe : une glande qui ne peut évacuer sa sécrétion et qui continue à fonctionner accumule celle-ci, et il se forme une cavité kystique.

Enfin, la formation de kystes constitue pour l’organisme un processus de défense contre certains parasites. Le type le plus courant de ces kystes parasitaires est le kyste hydatique, qui se forme dans le foie, le poumon et le cerveau, autour des embryons du ténia échinocoque (ce ténia vit à l’état adulte dans l’intestin du chien, et ses formes embryonnaires se développent chez l’homme ou chez le mouton).