Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
K

Kanō (école des) (suite)

Les peintres de genre de l’école Kanō

Dès la fin du xiie s., les e-makimono mêlent aux représentations de la vie aristocratique des scènes plus populaires, mais il faut attendre la seconde moitié du xvie s. et la montée de la classe bourgeoise pour que les faits de la vie quotidienne deviennent des thèmes d’élection. Les peintres académiques, les Kanō surtout, sont les premiers à s’intéresser aux scènes de genre.

Hideyori, fils de Motonobu, représente des bourgeois admirant les érables rougis par l’automne à Takao (musée national de Tōkyō), tandis que Naganobu, frère cadet d’Eitoku, transpose dans un milieu noble la fête des cerisiers en fleur. Dans cette peinture, des groupes de danseurs dominent la composition et montrent que l’intérêt des amateurs se concentre désormais sur des scènes de détails. Ainsi, les rues bordées de magasins et les fêtes, représentées dans les vues cavalières de Kyōto et de ses alentours, deviennent le sujet principal dans les paravents de Yoshinobu sur les artisans au travail ou dans ceux de Naizen sur les cérémonies du sanctuaire Hōkoku. Enfin, ce sont aussi des Kanō qui créent les paravents des Barbares du Sud, évoquant l’arrivée du bateau portugais qui venait chaque année ravitailler les Jésuites au Japon.

F. D.

➙ Eitoku / Kyōto / Sanraku / Tōkyō.

 Akiyama Terukazu, la Peinture japonaise (Skira, Genève, 1961). / M. Sollivan, l’Art en Chine et au Japon (Milan, 1971).
CATALOGUE D’EXPOSITION. Trésors de la peinture japonaise (Louvre, Paris 1966).

Kansas

État des Grandes Plaines américaines ; 213 063 km2 ; 2 249 000 hab. Capit. Topeka.


Le Kansas n’est pas formé d’une plaine unique, mais de plusieurs niveaux sédimentaires, séparés par des cuestas, incisés de vallées encaissées et s’élevant du sud-est au nord-ouest : plaines Cherokee (vers 200-250 m) et Osage ; cuesta calcaire de Flint Hills, dont le Bluestem Belt forme le revers ; Great Bend Prairie, dans le coude de l’Arkansas, dominée par la table gréseuse des Smoky Hills ; enfin High Plains (vers 1 000 à 1 200 m).

La décroissance des précipitations de l’est (1 000 mm) à l’ouest (500 mm), leur maximum en début d’été, leur variabilité extrême, surtout à l’ouest, sont les traits continentaux d’un climat qui est aussi subtropical par la latitude (entre 37 et 40 °C) : l’hiver est doux (0 °C en janvier à Wichita), et l’été très chaud (27 °C en juillet, avec un maximum moyen de 33 °C à Wichita), ce qui accroît l’évaporation aux dépens de l’eau du sol.

Par suite de la distribution des pluies, les hautes prairies de l’Est (Blue grass, Poa pratensis ; Bluestem, Andropogon) passent graduellement aux steppes courtes des High Plains (Grama grass, Bouteloua ; Buffalo grass, Buchloe). Les vallées profondes (Arkansas) sont boisées (chênes, noyers). Outre les alluvions fluviatiles et les lœss, l’agriculture dispose des sols formés sous prairie, profonds, riches en matière organique et bien structurés.

Entre 1850 et 1870, la frontière agricole déborde du Missouri sur l’est du Kansas. L’Ouest connaît alors le système de l’open ranch (élevage bovin extensif sans clôtures), dont les marchés sont Kansas City et surtout Abilene. À partir de 1870, l’invention du barbelé, de l’éolienne, la production industrielle des machines agricoles, l’extension du réseau ferroviaire, puis une série d’années humides favorisent la colonisation agricole aux dépens de l’élevage.

Le tiers occidental du Kansas, à l’ouest de l’isohyète de 625 mm, applique aujourd’hui le dry-farming, ou summer fallow (une année de jachère sur deux, trois ou quatre ans selon la pluviosité), au blé d’hiver ainsi qu’au sorgho et aux petits grains, en mordant imprudemment sur le domaine aride (récoltes détruites par la sécheresse de 1932 à 1936 et de 1952 à 1957). Pour se prémunir contre ces aléas, l’exploitant (qui est souvent un suitcase farmer, habitant en ville entre semailles et moisson) achète ou loue des terres à blé de printemps dans les Dakotas ou le Montana.

À l’est de l’isohyète de 625 mm, on associe à la grande culture du blé (celui-ci jouant le rôle de cash crop) celle du sorgho, du maïs et de la luzerne pour l’alimentation du bétail.

L’élevage du bœuf de boucherie, complété par quelques cultures fourragères, demeure l’activité principale dans le Bluestem Belt et les Smoky Hills. Les vallées irriguées de l’Arkansas et du Missouri produisent cultures fourragères, foin, betterave à sucre.

Le Kansas occupe la première place aux États-Unis pour le blé (qui occupe le cinquième de la superficie exploitée de l’État) et le sorgho.

Dans cet État réputé principalement agricole, l’industrie dépasse aujourd’hui l’agriculture, tant par la valeur ajoutée (2 milliards de dollars contre 1,5) que par le nombre d’emplois (140 000 contre 88 000 exploitants agricoles). Au premier rang figure la mécanique : pièces et montage d’autos, de wagons, d’avions, matériel de meunerie et de forage pour le pétrole, et surtout machines agricoles. Les industries chimiques et pétrochimiques sont fondées sur l’extraction des hydrocarbures. Le Kansas produit 16 Mt de pétrole (septième rang, avec 3 p. 100 de la production des États-Unis), traités dans quatorze raffineries, et 25 milliards de mètres cubes de gaz naturel (cinquième rang, avec 5 p. 100). Les industries alimentaires comprennent la meunerie et surtout le traitement de la viande (abattage, conditionnement, charcuterie industrielle).

La population urbaine s’élève à 61 p. 100 de la population totale. La principale agglomération est Kansas City (130 000 hab.), qui forme avec son homonyme du Missouri* (617 000 hab.) et avec les banlieues une conurbation de 1 390 000 habitants. Port fluvial en relation avec le Far West, puis nœud ferroviaire et marché du bétail et des céréales, Kansas City est aujourd’hui un centre industriel important : industries alimentaires (deuxième centre de meunerie aux États-Unis ; abattoirs gigantesques), machines agricoles (premier centre de fabrication et de distribution), construction automobile (Ford, Chevrolet), matériel ferroviaire, produits chimiques et pétrochimiques, papeteries, travail des métaux. Plus puissante, la ville du Missouri attire les fonctions supérieures aux dépens de la ville du Kansas.

Wichita (390 000 hab.) a surtout des fonctions industrielles (qui occupent 37,5 p. 100 de la population active) : minoteries, abattoirs, raffineries de pétrole, produits chimiques ; c’est un centre très important pour la construction aéronautique.

Topeka (120 000 hab.) est la capitale de l’État, un centre industriel (pneus, produits chimiques) et le siège de la célèbre compagnie « Atchison, Topeka and Santa Fe Railway ».

P. B.