Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

Angleterre (suite)

De même, la côte de la Manche imite la côte atlantique des États-Unis, vouée aux loisirs. De Southend à Weymouth, elle est devenue un parc de villégiature et de tourisme. Les stations les mieux reliées à Londres (Southend, Brighton) offrent aux touristes du week-end les agréments du théâtre, du casino, du music-hall, du mini-golf, des machines à sous et à disques, des arcades de tirs. Pour ceux qui séjournent plus longtemps, un dispositif d’accueil est en place, hôtels, pensions de famille, parcs de caravanes, ainsi qu’une gamme plus large de distractions, golf, équitation, surf, régates de Cowes. Enfin, les villes les plus élégantes, Bournemouth, Worthing, Eastbourne, ont une population permanente de retraités riches, qui habitent des villas cossues, de styles variés.

De nombreux ports de voyageurs parsèment la côte : Harwich, Tilbury, Ramsgate, Douvres, Folkestone, Newhaven, Southampton pour la petite navigation ; Southampton pour la navigation au long cours. Le port de guerre de Portsmouth est en déclin, et le trafic des marchandises se concentre à Southampton ainsi que sur la Tamise, en aval de Londres (Gravesend, Tilbury).

Cette côte méridionale est en fait un immense « Londres-plage », dont l’activité se conçoit en fonction de la capitale.

Le creusement d’un tunnel sous la Manche accroîtrait encore les privilèges géographiques (échanges économiques, tourisme, etc.) du Sud-Est anglais.

C. M.

➙ Birmingham / Grande-Bretagne / Leeds / Liverpool / Londres / Manchester / Sheffield.

 V. Grande-Bretagne.


L’histoire de l’Angleterre

L’Angleterre doit la particularité de son histoire à un peuple original, où l’élément germanique (anglo-saxon) prédomine. Cependant, dès avant la venue décisive des Anglo-Saxons, elle s’est nettement individualisée.


Avant les Anglo-Saxons : la Bretagne (jusqu’au ve s. apr. J.-C.)


Les premières populations de l’Angleterre

Elles peuvent être reconnues à partir du IIIe millénaire av. J.-C. Deux d’entre elles ont laissé des témoignages significatifs. L’une, venue de la péninsule Ibérique, a édifié le long de la côte ouest des mégalithes (Stonehenge). L’autre, du type alpin, venue du sud-est, se distingue par les coupes que l’on trouve dans les tombes (« Beaker folk »). Les deux cultures se sont mêlées dans la plaine de Salisbury, à l’âge du bronze.


Les Celtes

Ils vont faire passer l’Angleterre à l’âge du fer. Si ces Celtes appartiennent tous au même groupe linguistique (Celtes-P, usant de dialectes brittoniques, distincts de ceux des Celtes d’Irlande), ils sont venus en vagues successives, auxquelles correspondent au moins quatre civilisations différentes.

De 700 à 400 av. J.-C., des immigrants originaires de la Hollande et surtout de la Champagne se sont installés dans le Sud-Est, où ils ont développé une culture proche de la période de Hallstatt. À partir de 400 av. J.-C., le Sud-Ouest, par le commerce de l’étain, est entré en relation avec la Galice et l’Armorique ; sous l’influence de ces contrées apparaît une culture caractéristique du La Tène moyen (villages lacustres, forts, nombreux objets en fer, poteries). À la même époque, dans le Nord-Est, s’installe une aristocratie guerrière issue des « Parisii » de Gaule. Vers 75 av. J.-C., des Belges, Celtes mêlés de Germains, disposant de lourdes charrues, capables de défricher, utilisant la monnaie, viennent s’établir sur les bords de la Tamise.


Les Romains

Les liens étroits entre la Bretagne et la Gaule ont entraîné déjà l’intervention de César (55-54 av. J.-C.). En 43, Claude entreprend la conquête : elle ne sera effective qu’avec Agricola (78-83), envoyé par Vespasien en raison de la résistance des Celtes. La romanisation reste très superficielle, surtout en dehors du bassin de Londres. Les villes, avant tout camps militaires, les villae, les routes nombreuses, des ouvrages comme le mur d’Hadrien (v. 122-130) ne permettent vraiment ni la défense ni le contrôle de la Bretagne.


Les Anglo-Saxons (450-1066)


Les ve et vie s. : l’établissement des Anglo-Saxons en Bretagne

En 407, les dernières légions romaines quittent la Bretagne. Celle-ci est dès lors abandonnée à elle-même. À partir de 450 apparaissent les envahisseurs germaniques.

Les Saxons. Installés depuis le ier s. dans l’actuel Holstein, ils essaient de descendre vers le sud. Leur insuccès en Gaule les détourne vers la Bretagne, où ils s’installent dans la partie méridionale (Essex, Sussex, Wessex, v. 500).

Les Angles. Ils vivaient sans doute dans les îles proches du Jutland ; leur mouvement est difficile à distinguer de celui des Saxons, dont ils se rapprochent beaucoup par la langue et la civilisation.

Les Jutes. Voisins des Francs sur les bords du Rhin, ils viennent s’établir en Bretagne, dans une zone difficile à déterminer.

Les populations bretonnes sont en grande partie repoussées, formant des zones de peuplement purement celtiques (Cornouailles, pays de Galles), ou partant sur le continent (peuplement de l’Armorique en Gaule). Les villes sont abandonnées. Les quelques Celtes demeurés sur place adoptent très vite la langue des envahisseurs : population et société de l’Angleterre sont vite et entièrement germanisées.


L’essor de la civilisation anglo-saxonne

Une lente pacification politique le rend possible. Sept royaumes anglo-saxons (Kent, Essex, Wessex, Sussex, Northumbrie, Mercie, East-Anglia) se sont constitués, formant l’Heptarchie. Ils se livrent d’abord de terribles luttes : l’hégémonie passe du Kent (v. 600) à la Northumbrie, puis à la Mercie, dont le roi Offa entreprend de grandes réformes. Mais l’apparition en 793 des Danois affaiblit les royaumes du Nord, bientôt conquis : c’est alors le Wessex qui domine. Son plus célèbre roi, Alfred le Grand, vainqueur des Danois à Edington (878), lui assure la prospérité. Ses successeurs, en particulier Edgar (959-975) et son ministre saint Dunstan, réussissent à maintenir cette situation jusque vers 980.