Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
J

jumeaux (suite)

Risques courus par les jumeaux

La mortalité périnatale des jumeaux est plus grande que celle des enfants uniques. La mort d’un des deux fœtus in utero, due à un déséquilibre circulatoire entre les deux, est essentiellement le fait des jumeaux ayant un placenta commun. Dans les exceptionnelles grossesses à cavité amniotique unique, l’enroulement des deux cordons peut déterminer la mort des jumeaux. Si cet accident survient au cours du second trimestre, le fœtus mort, comprimé par l’autre et momifié, prend l’aspect étrange de fœtus « compressus », ou fœtus « pain d’épice ».

En fait, la principale cause de la mortalité périnatale des jumeaux est la prématurité. L’accouchement prématuré s’observe dans 80 p. 100 des cas et surtout vers le septième mois. Il s’explique du fait de la surdistension mécanique de l’utérus, de l’ouverture forcée du col et de la rupture prématurée des membranes. Il justifie l’arrêt de l’activité professionnelle et le repos complet à partir du début du troisième trimestre pour toute femme enceinte de jumeaux.

Au moment de l’accouchement, la nécessité fréquente de certaines manœuvres sur le second jumeau explique que celui-ci soit plus menacé que le premier.


Diagnostic des grossesses gémellaires

La reconnaissance d’une grossesse gémellaire est souvent difficile au début. On y pense chez une femme ayant des antécédents familiaux si elle présente des signes fonctionnels de grossesse particulièrement accusés, ou si l’utérus paraît trop gros pour l’âge de la grossesse. En fait, c’est à partir du second trimestre que l’on pourra faire le diagnostic, par la reconnaissance à la palpation de l’utérus, de deux « pôles » fœtaux. L’auscultation retrouvera deux foyers de battements cardiaques non synchrones. En pratique, ce n’est que l’examen radiographique, pratiqué à partir du cinquième mois, qui permet d’affirmer la présence dans l’utérus de deux squelettes fœtaux.

La méthode des jumeaux

Les jumeaux, réalisant une expérience naturelle, permettent d’établir une discrimination entre ce qui est héréditaire et ce qui ne l’est pas ; ils fournissent des éléments de réponse au problème toujours actuel de la « nature » et de la « nurture » des auteurs anglo-saxons.

Le principe de la méthode initiale est simple : les caractères concordants des vrais jumeaux, porteurs du même caryotype, relèvent de l’hérédité, alors que les caractères discordants sont imputables à l’action du milieu ou de l’ambiance.

Si deux vrais jumeaux sont séparés et élevés dans des milieux différents, les dissemblances constatées proviendront du milieu, et les ressemblances témoigneront du jeu héréditaire. Quant aux faux jumeaux, leurs différences sont conditionnées à la fois par l’hérédité et le milieu ; mais, lorsque deux faux jumeaux vivent dans le même milieu familial et dans des conditions identiques, leurs différences traduisent l’action de deux génotypes différents.

Dès 1876, sir Francis Galton (1822-1911), cousin de Darwin, préconisait cette méthode ; mais elle ne fut réellement utilisée que beaucoup plus tard, lorsque W. Siemens en fit une méthode statistique (1924).

De grandes enquêtes furent réalisées par la suite aux États-Unis et en Allemagne, en particulier par Horatio H. Newman (biologiste), F. N. Freeman (psychologue) et K. J. Holzinger (statisticien).

Selon ces auteurs, la part de l’hérédité dans la réalisation des caractères physiques atteindrait 74 à 90 p. 100, alors que, pour les caractères psychiques, elle serait seulement de 64 à 80 p. 100.

Les tests d’intelligence entre vrais jumeaux élevés ensemble donnent une corrélation de 0,90 ; elle est seulement de 0,55 pour les faux jumeaux élevés ensemble.

Mais les deux partenaires d’un couple de jumeaux n’exercent-ils pas l’un sur l’autre une action ? Ne faudrait-il pas considérer le couple gémellaire ? C’est dans cette perspective que s’orientent divers travaux, et notamment ceux de René Zazzo. Deux vrais jumeaux forment un couple presque idéal, sans diversité au départ. Des observations par exemple sur les manifestations de l’imitation entre les deux jumeaux montrent des différences entre vrais et faux jumeaux et aussi selon le rang de naissance. Chez les faux jumeaux de sexe différent, on observe une dominance exercée par la fille, qui se justifie par la plus grande maturité, à âge égal, de celle-ci.

A. T.

Ph. C.

 H. H. Newman, F. N. Freeman et K. J. Holzinger, Twins, a Study of Heredity and Environment (Chicago, 1937). / L. Gedda, Studio dei gemelli (Rome, 1951) ; Twins in History and Science (Springfield, Illinois, 1961). / R. Zazzo, les Jumeaux, le couple et la personne (P. U. F. 1960 ; 2 vol.). / J. Rostand et A. Tétry (sous la dir. de), la Vie (Larousse, 1961) ; l’Homme (Larousse, 1972 ; 2 vol.). / S. G. Vandenberg (sous la dir. de), Methods and Goals in Human Behavior Genetics (New York et Londres, 1965). / E. Wolff, « la Genèse des monstres » dans Biologie, sous la dir. de J. Rostand et A. Tétry (Gallimard, « Encyclopédie de la Pléiade », 1966). / M. G. Bulmer, The Biology of Twinning in Man (Oxford, 1970). / P. Mittler, The Study of Twins (Harmondsworth, 1971).

Juncales

Ordre de plantes monocotylédones comprenant une partie des espèces du bord des eaux usuellement appelées Joncs.


Cet ordre se place entre les Liliales, dont il dérive, et les Cypérales. Il diffère des premières seulement par le périanthe scarieux et les graines à albumen amylacé. Les Cypéracées en ont de nombreuses caractéristiques : le port, l’inflorescence habituellement contractée, l’organisation florale sur le type trois ainsi que de multiples caractères anatomiques, biologiques et écologiques, mais les plantes de cette famille s’opposent aux Juncales par la présence d’un ovule unique à placentation basilaire et par leurs fruits indéhiscents. Les Juncales réunissent quatre familles : les Joncacées (la seule de quelque importance ayant des représentants en France), les Centrolépidacées, les Restionacées et les Thurniacées.