Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
J

Jésus (Compagnie ou Société de) (suite)

Comment se forme et vit un jésuite ?

Un candidat à la Compagnie n’entre au noviciat que s’il a bien « examiné » sa vocation, et s’il a été lui-même examiné par les responsables de l’ordre.

Les Constitutions s’ouvrent par l’« examen général » et elles se divisent en dix parties. Ce document fondamental — et en cela il porte bien la marque de saint Ignace — ne relève pas de l’architecture juridique, mais il trace devant le candidat un itinéraire spirituel missionnaire.

Au départ, une forte formation de deux années, dont les pièces essentielles sont des experimenta, ou expériences, celles-là mêmes par lesquelles se sont formés Ignace et les premiers pères : les exercices spirituels, le pèlerinage, le service des pauvres malades, les travaux à l’intérieur de la maison. Au terme de cette étape, le novice prononce des vœux qui sont d’emblée perpétuels.

Suivent dix ou onze années de formation humaine, par l’étude et les stages ; la part la plus importante en est réservée à la philosophie et à la théologie ; l’ordination sacerdotale est conférée un an avant la fin des études théologiques. Au terme de cette longue formation, le jésuite « s’exerce » de nouveau pendant un an, notamment par les exercices spirituels. (Ce temps de formation est abrégé pour les « coadjuteurs temporels », c’est-à-dire pour les jésuites qui ne s’orientent pas vers le sacerdoce.) Le jésuite prononce alors sa « profession solennelle » ; il s’insère définitivement dans l’ordre.

L’autorité suprême de l’ordre est la congrégation générale, assemblée composée des provinciaux et de membres élus (deux par province). Elle a le pouvoir de modifier les Constitutions, sauf sur quelques points réservés au pape, d’élire et, dans certains cas, de déposer le général. Celui-ci est élu à vie et gouverne la Compagnie entre les congrégations générales. Par le quatrième vœu de ses profès, la Compagnie, et chacun de ses membres, est à la disposition totale du pape. Où qu’il soit, et quelque fonction qu’il exerce, le jésuite se considère « en mission ». Il est « compagnon de Jésus-Christ ».

A. R.

➙ Ignace de Loyola (saint).

 C. Sommervogel, Bibliothèque de la Compagnie de Jésus (Picard, 1890-1900 ; 12 vol.). / J. Brucker, la Compagnie de Jésus, esquisse de son Institut et de son histoire (Beauchesne, 1919). / J. Brodrick, The Origin of the Jesuites (Londres, 1940) ; The Progress of the Jesuites (Londres, 1946 ; trad. fr. Origines et expansion des Jésuites, S. F. E. L. T., 1950 ; 2 vol.). / F. de Dainville, les Jésuites et l’éducation de la société française : la naissance de l’humanisme moderne (Beauchesne, 1940 ; 2 vol.). / P. de Chastonay, les Constitutions de l’ordre des Jésuites, leur genèse, leur contenu, leur esprit (Aubier, 1941). / F. Charmot, la Pédagogie des jésuites (Spes, 1943). / J. de Guilbert, la Spiritualité de la Compagnie de Jésus (Rome, 1955). / P. Moisy, les Églises des jésuites de l’ancienne assistance de France (Rome, 1958 ; 2 vol.). / A. Guillermou, les Jésuites (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1961 ; 3e éd., 1972). / I. de Loyola, Constitutions de la Compagnie de Jésus, traduites et annotées par F. Courel et F. Roustang (Desclée De Brouwer, 1967 ; 2 vol.). / C. Hollis, A History of Jesuits (Londres, 1968 ; trad. fr. Histoire des jésuites, Fayard, 1969). / E. Paris, Histoire secrète des jésuites (Fischbacher, 1970).

jet-stream

Rapide courant d’air atmosphérique, circulant à haute altitude.


L’article implique un grand nombre de faits, exprimés dans le texte et dans les illustrations, de circulation* atmosphérique.


Sa nature

Un jet-stream (ou courant-jet) se trouve à peu près dans la situation d’un jet gazeux pénétrant brutalement dans un gaz immobile. C’est donc un vent fort revêtant la forme d’un ruban ou d’un tuyau cylindrique de section limitée et évoluant en atmosphère plus calme. En l’état actuel, les jets sont relevés couramment dans la haute troposphère, avec vitesses maximales au niveau de la tropopause. Il existe aussi des jets stratosphériques, parmi lesquels les courants d’est équatoriaux. Les courants-jets varient en vitesse et en direction en fonction des saisons, quand ils ne sont pas tout simplement temporaires. Leur diversité est plus grande qu’il n’était admis à l’origine. On sait, aujourd’hui, qu’il n’y a pas seulement dans chaque hémisphère un flux rapide au contact de l’air polaire et de l’air tropical, mais plusieurs couloirs d’accélération situés à diverses latitudes.


Historique

Les grandes vitesses atmosphériques d’altitude retenaient déjà l’attention au début du xxe s. (L. Teisserenc de Bort, Mironovitch, A. Viaut). C’est cependant en 1947 que Rossby et ses collaborateurs proposèrent l’expression de jet-stream pour désigner les vents rapides reconnus à la périphérie des flux d’ouest circumpolaires. L’usage international devait les consacrer sous les termes de jet-stream boréal et de jet-stream austral (P. Queney). Aujourd’hui, on sait qu’il est d’autres courants-jets, plus irréguliers et plus discontinus il est vrai, le jet polaire, auquel on rattache le front polaire (H. Flohn, F. Durand-Dastès, R. G. Barry et R. J. Chorley), et le jet arctique, lié au front arctique (F. K. Hare). Ainsi, dans chaque hémisphère, on admet la présence de jets épisodiques (arctiques surtout et aussi polaires) à côté du jet-stream subtropical, permanent bien que variant en position et en vitesse selon les saisons. L’héritage du jet-stream hémisphérique unique des premiers auteurs n’est pas clairement établi. On est convenu implicitement (v. anticyclone, atmosphère, circulation atmosphérique), d’une façon qui peut être discutée, que le jet subtropical, le plus proche de l’équateur, est celui qui exprime le dynamisme reconnu au jet circumpolaire unique des savants météorologues de l’après-guerre. Cette position rejoint les remarques de R. G. Barry et R. J. Chorley, selon lesquels le jet polaire est beaucoup moins persistant que le jet subtropical, de sorte que ce dernier traduit la localisation du jet-stream principal. Il n’empêche que celui-ci représente, en fait, dans cet article comme dans les précédents, un concept réunissant les deux flux dont la dissociation, en situations vraies, ne semble pas toujours effective. C’est ce courant d’ouest qui véhicule une grande partie de l’énergie cinétique atmosphérique, de sorte que repose sur lui l’essentiel des raisonnements ayant trait à la dynamique de l’atmosphère.