Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
I

Italie (suite)

(Milan 1914). Diplômé d’architecture, il constitue à Milan la Cinémathèque italienne. Il fait partie de l’école des « calligraphes » avec Jacques l’Idéaliste (Giacomo l’idealista, 1942), puis devient l’un des leaders du néo-réalisme : le Bandit (Il Bandito, 1946), le Crime de Giovanni Episcopo (Il Delitto di Giovanni Episcopo, 1947), Sans pitié (Senza pieta, 1948), le Moulin du Pô (Il Mulino del Po, 1949). Il collabore avec Fellini pour Feux du music-hall (Luci del varieta, 1950). Après un succès commercial, Anna (1951), il signe son meilleur film, le Manteau (Il Cappotto, 1952), d’après Gogol. Parmi ses autres films, il faut citer la Pensionnaire (La Spiaggia, 1954), Guendalina (1957), la Novice (Lettere di una novizia, 1960), Mafioso (1962).


Mario Monicelli

(Viareggio 1915). Il débute dans une série de films comiques en collaboration avec Steno. Il devient à partir du Pigeon (I Soliti Ignoti, 1958) l’un des plus doués parmi les réalisateurs italiens, capable d’aborder avec une égale facilité la comédie, la tragédie, la satire, le drame social : la Grande Guerre (La Grande Guerra, 1959), les Camarades (I Compagni, 1963), l’Armée Brancaleone (l’Armata Brancaleone, 1966), Mortadella (1971).


Ermanno Olmi

(Bergame 1931). Il tourne une trentaine de documentaires pour la société Edison Volta, qui lui permet de réaliser son premier long métrage, Le temps s’est arrêté (Il tempo si e fermato, 1959). Il confirme son talent tout de pudeur et de retenue dans Il Posto (1961) et les Fiancés (I Fidanzati, 1962). Parmi ses autres films, il faut citer : Et vint un homme (E venne un uomo, 1964), Un certo giorno (1968), Durante l’estate (1970).


Pier Paolo Pasolini.

V. l’article.


Gillo Pontecorvo

(Gilberto Pontecorvo, dit) [Pise 1919]. Il est assistant d’Yves Allégret et de Monicelli. Ses principaux films sont Un dénommé Squarcio (La Grande Strada azzurra, 1959), Kapo (1960), la Bataille d’Alger (La Battaglia di Algeri, 1965), Queimada (7970).


Francesco Rosi

(Naples 1922). Après dix années d’assistanat (Visconti, Emmer, Antonioni, Monicelli), il débute par des pamphlets sociaux et politiques : le Défi (La Sfida, 1958), I Magliari (1959), Salvatore Giuliano (1961), Main basse sur la ville (Le Mani sulla città, 1963). Dans ses films suivants, le Moment de la vérité (Il Momento della verita, 1965), les Hommes contre... (Uomini contro, 1970), l’Affaire Mattei (Il Caso Mattei, 1971), Lucky Luciano (1973) on retrouve les mêmes qualités d’écriture au service d’une pensée humaniste et contestataire.


Roberto Rossellini.

V. l’article.


Luchino Visconti.

V. l’article.


Luigi Zampa

(Rome 1905). Il s’impose avec Vivre en paix (Vivere in pace, 1946) comme un des maîtres « mineurs » du néo-réalisme. Parmi ses films suivants, on peut citer également l’Honorable Angelina (L’Onorevole Angelina, 1947), les Années difficiles (Anni difficili, 1948), Anni facili (1953), la Belle Romaine (La Romana, 1954).


L’Art italien

Il est peut-être banal mais cependant indispensable de souligner d’abord l’extrême importance du fait artistique en Italie. C’est dans l’art, sans doute, que le génie italien s’est exprimé le plus intensément à travers les vicissitudes de l’histoire, et de manière à être toujours compris. Partout présent, l’art est intimement mêlé à la vie italienne, et sa popularité frappe d’autant plus que l’Italie n’a guère eu d’art populaire à la façon des pays germaniques.


Les foyers artistiques

C’est la topographie qui assigne l’ordre le plus facilement perceptible aux manifestations enchevêtrées de l’art italien ; leur cadre élémentaire est celui de la cité. La tradition méditerranéenne de la vie urbaine n’a pu que favoriser la création artistique dans chaque centre de quelque importance. Les divisions du passé expliquent, d’autre part, que l’Italie compte autant de villes ayant un rang de capitale, avec un art dont le développement autonome et cohérent justifierait chaque fois une histoire distincte. Cette histoire locale associe étroitement l’architecture, la sculpture, la peinture et les arts dits « mineurs », souvent voués à des entreprises communes ayant pour objet l’embellissement de la cité. L’esprit d’émulation n’est pas étranger à l’éclat de chaque foyer. Il faut aussi tenir compte de l’impulsion donnée par les forces politiques ou divers éléments de la société. Sur une scène occupée d’abord par le pouvoir féodal et surtout par l’Église — dont le rôle n’a jamais faibli jusqu’à la fin du xviiie s. —, il y a eu l’apparition du mouvement communal, qui a connu au xie et au xiie s. un apogée dont témoignent de remarquables édifices publics, puis celle des seigneuries modernes, de style plus ou moins aristocratique jusqu’à la fin du xve s. et essentiellement aristocratique au-delà. La seigneurie, dont les jours de gloire coïncident avec la Renaissance, se traduit dans les arts — pour ne parler ni des lettres, ni des sciences — par un phénomène typiquement italien : celui du mécénat. Si la Rome* des Temps modernes doit aux papes la part la plus évidente de son capital artistique, comme Venise* à ses institutions, Florence* ne serait pas ce qu’elle est sans les Médicis, et l’on évoque inévitablement les Montefeltro à Urbino*, comme les Este à Ferrare*, les Bentivoglio à Bologne*, les Gonzague à Mantoue, les Visconti et les Sforza à Milan*.

L’autonomie, le concours des différentes techniques et les impulsions du mécénat ont contribué à définir la notion de ville d’art. La plupart des cités italiennes peuvent revendiquer ce titre ; non seulement Rome, Naples*, Florence, Venise et Milan, mais beaucoup d’autres, qui ont joué à quelque moment un rôle de capitale et dont l’activité artistique justifie une histoire particulière : Pise*, Lucques et Sienne* en Toscane, Pérouse en Ombrie, Urbino dans les Marches, Bologne, Ferrare, Rimini, Parme, Modène et Plaisance en Émilie, Vérone, Vicence et Padoue en Vénétie, Udine dans le Frioul, Mantoue, Crémone, Brescia et Bergame en Lombardie, sans oublier Gênes*, Turin*, Palerme* en Sicile* et bien d’autres cités de moindre importance.