Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
I

Italie (suite)

Le commerce extérieur

L’Italie est désormais présente partout dans le monde. Si elle reçoit l’aide internationale par l’intermédiaire de la Banque européenne d’investissements, elle participe aussi au développement des pays sous-développés par l’octroi de crédits et l’apport de son assistance technique. Elle est le troisième pays du monde — après les États-Unis et le Royaume-Uni — « exportateur » de routes, de barrages, de travaux publics (plus de 200 milliards de lires par an) ; on trouve ses ingénieurs en Afrique et dans les Andes (centrales hydro-électriques), en Nouvelle-Zélande (tunnels), au Pākistān (canaux)... Le commerce extérieur est en pleine expansion, conformément au principe d’une large ouverture économique. La place qu’il occupe dans le revenu national est passée de 10 p. 100 en 1951 à plus de 20 p. 100 ces dernières années. La balance commerciale est déficitaire, mais elle s’est fortement améliorée. Le taux de couverture des importations était de 70 p. 100 en 1957, de 99 p. 100 en 1968 et de 95 p. 100 en 1971. La structure des échanges s’est modifiée ; ceux-ci portent de plus en plus sur des produits élaborés. Près de 70 p. 100 des importations sont constitués de biens destinés à la transformation industrielle (hydrocarbures en tête). Dans les exportations, les produits de l’agriculture ont un pourcentage toujours plus faible ; les produits finis industriels ont par contre la primauté absolue, avec trois groupes principaux : industries mécaniques, produits chimiques, textiles et vêtements. Les directions géographiques des échanges italiens sont caractérisées par la prédominance des rapports avec les pays européens, l’importance relative des liaisons avec les États-Unis, les efforts accomplis pour ouvrir de nouveaux marchés. C’est avec le Marché commun que les échanges sont les plus intenses, l’Allemagne fédérale venant en tête, suivie par la France. Les échanges avec les pays de l’Est et les pays sous-développés se développent. La balance commerciale étant déficitaire, il est logique de penser que l’Italie progresse en s’endettant. Mais le déficit est comblé par les apports nets du tourisme, les envois d’argent d’émigrés, le revenu des investissements à l’étranger. L’Italie a pu ainsi faire des placements de capitaux à l’étranger, atteindre un niveau élevé des réserves de change (plus de 4 milliards de dollars).


Conclusion

La description de l’économie des années 1960 présente un bilan florissant. Pourtant, depuis 1969, l’Italie est en crise. Les grèves de l’« automne chaud » de 1969 se sont poursuivies, la vie politique a vu la renaissance d’une agitation d’extrême droite et l’intensification de l’action gauchiste. Le revenu national n’a augmenté en 1971 que de 1,4 p. 100, le chômage s’étend, les investissements baissent, des fuites de capitaux ont lieu, et des tensions inflationnistes se manifestent. On a pu parler de « miracle incomplet ». Dans son essor économique, l’Italie a oublié par trop de résoudre des problèmes sociaux urgents. Une importante activité législative a tenté de résoudre quelques problèmes (loi sur le divorce, réforme des baux commerciaux, de la fiscalité et du logement, nouvelles mesures pour le Mezzogiorno...), mais il y a des questions aussi graves que celles de l’université, de la situation hospitalière qui n’ont pas eu de solution, sans oublier de rappeler la question méridionale. Un nouvel équilibre ne peut se concevoir si ces préalables ne sont pas levés. L’Italie semble devoir marquer une pause dans sa course à l’élévation du niveau de vie individuel pour satisfaire une plus large consommation sociale et pour pratiquer une meilleure intégration régionale. Ses difficultés présentes ne seraient dans ce cas que la traduction d’une crise de croissance avant de nouveaux progrès, que l’énergie et l’habileté de ses habitants peuvent parfaitement assurer.

E. D.

➙ Abruzzes / Aoste (val d’) / Apennin / Basilicate / Bologne / Calabre / Campanie / Dolomites / Émilie-Romagne / Frioul-Vénétie Julienne / Gênes / Latium / Mezzogiorno / Milan / Naples / Ombrie / Palerme / Parme / Piémont / Pise / / Pouille / Rome / Sardaigne / Sicile / Toscane / Trentin-Haut-Adige / Trieste / Turin / Vénétie / Venise.

 R. Almagià, l’Italia nei suoi aspetti naturali, umani ed economici (Turin, 1959 ; 2 vol.). / F. Gay et P. Wagret, l’Économie de l’Italie (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1962 ; nouv. éd., 1968). / E. Sereni, Storia del paesaggio agrario italiano (Bari, 1962 ; trad. fr. Histoire du paysage rural italien, Julliard, 1965). / Touring Club italien, Il Paesaggio (Milan, 1963). / P. Birot, J. Dresch et P. Gabert, la Méditerranée et le Moyen-Orient, t. I : Généralités, péninsule Ibérique, Italie (P. U. F., 1964). / P. George, Géographie de l’Italie (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1964 ; 2e éd., 1967). / B. Caizzi, Storia dell’industria italiana dal xviii secolo ai giorni nostri (Turin, 1965). / S. B. Clough, Storia dell’economia italiana (Turin, 1965). / F. Milone, l’Italia nell’economia delle sue regloni (Turin, 1965). / G. Piovene, Viaggio in Italia (Milan, 1966). / A. Blanc, M. Drain et B. Kayser, l’Europe méditerranéenne (P. U. F., 1968). / D. Gribaudi, Italia geoconomica (Turin, 1969 ; trad. fr. l’Italie géo-économique, Bordas, 1971). / D. M. Smith, Storia d’Italia (Bari, 1969 ; 2 vol.). / J. Nobécourt, l’Italie à vif (Éd. du Seuil, 1970). / E. Dalmasso, Milan, capitale économique de l’Italie (Ophrys, Gap, 1971). / P. Ferrari, les Régions italiennes (P. U. F., 1972). / ISTAT, Annuario statistico italiano (Rome, éd. annuelle).


Les institutions

« L’Italie est une république démocratique fondée sur le travail », proclame la Constitution du 27 décembre 1947.


Le gouvernement

Le président de la République est élu pour sept ans par les députés, les sénateurs et des représentants des provinces. La majorité des deux tiers est exigée pour les trois premiers tours de scrutin, la majorité absolue pour les suivants (21 tours ont été nécessaires en 1964, 23 en 1971). Il est irresponsable (tous ses actes sont contresignés), mais les rivalités de partis, qui, depuis 1953 (date à laquelle la démocratie chrétienne a cessé d’être majoritaire), sont à l’origine d’une grande instabilité ministérielle, permettent en fait à un président possédant une forte personnalité de jouer un rôle réel dans la direction du pays. Il peut communiquer avec les Assemblées par messages et il a le droit de grâce.

Il désigne le président du Conseil, qui choisit ses ministres en vue d’obtenir une majorité dans chacune des deux Assemblées, dont il doit obtenir la confiance dans les dix jours.

Le président de la République peut dissoudre l’une ou l’autre Assemblée (sauf pendant les six derniers mois de mandat), de même que les assemblées législatives des provinces.