Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
I

Italie (suite)

➙ Barbares / Bas-Empire / Communisme / Démocratie chrétienne / Empire colonial italien / Étrusques / Europe / Fascisme / Florence / Gênes / Grèce d’Occident / Guelfes et gibelins / Investitures (querelle des) / Lombardie / Milan / Naples / Papauté / Renaissance / Révolutions de 1848 / Risorgimento / Sacerdoce et de l’Empire (lutte du) / Saint Empire romain germanique / Sardaigne / Savoie / Sicile / Vatican / Venise.
Consulter également les articles consacrés aux principaux personnages de l’histoire de l’Italie.

 P. Matter, Cavour et l’unité italienne (Alcan, 1925-1927 ; 3 vol.). / B. Croce, la Storia d’Italia dal 1871 al 1915 (Bari, 1928, 14e éd., 1966 ; trad. fr. Histoire de l’Italie contemporaine, 1871-1915, Payot, 1929). / E. Jordan, l’Italie et l’Allemagne aux xiie et xiiie siècles (P. U. F., coll. « Histoire générale », 1939). / G. Pepe, Il Medio Evo barbarico d’Italia (Turin, 1941, 3e éd., 1968 ; trad. fr. le Moyen Âge barbare en Italie, Payot, 1956). / A. Fugier, Napoléon et l’Italie (Janin, 1947). / A. Savelli, Manuale di storia europea e particolarmente italiana dal 476 d. C. a giorni nostri (Milan, 1948, 2 vol., 3e éd., 1968 ; trad. fr. Histoire de l’Italie de l’Empire romain jusqu’à nos jours, Payot, 1950). / Y. Renouard, les Hommes d’affaires italiens du Moyen Âge (A. Colin, 1949). / M. Vaussard, Histoire de l’Italie contemporaine, 1870-1946 (Hachette, 1950 ; nouv. éd., Histoire de l’Italie moderne, t. II : De l’unité au libéralisme, 1870-1970, 1972) ; la Vie quotidienne en Italie au xviiie siècle (Hachette, 1959) ; De Pétrarque à Mussolini (A. Colin, 1961). / L. Homo, l’Italie primitive et les débuts de l’impérialisme romain (A. Michel, 1953). / L. Salvatorelli, Sommario della storia d’Italia dai tempi preistorici ai nostri giorni (Turin, 1955 ; 11e éd., 1966). / P. De Francisci, Primordia Civitatis (Rome, 1959). / D. Mack Smith, Italy, a Modern History (Ann Arbor, Mich., 1959). / P. Guichonnet, l’Unité italienne (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1961 ; 3e éd., 1970) ; Histoire de l’Italie (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1969). / N. Valeri, Storia d’Italia (Turin, 1961, 5 vol. ; 2e éd., 1968) ; l’Italia nell’età dei principati dal 1343 al 1516 (Milan, 1969). / G. Devoto, Gli Antichi Italici (Florence, 1964 ; 3e éd., 1967). / M. Gallo, l’Italie de Mussolini (Perrin, 1964 ; rééd., 1971). / J. P. Chassériaud, le Parti démocrate chrétien en Italie (A. Colin, 1965). / J. Meynaud, les Partis politiques en Italie (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1965). / I. Montanelli et R. Gervaso, l’Italia dei Comuni (Milan, 1966 ; trad. fr. l’Italie des communes. Le Moyen Âge de l’an 1000 à 1250, Del Duca, 1969). / P. Milza, l’Italie fasciste devant l’opinion française, 1920-1940 (A. Colin, 1967). / J. L. Miège, l’Impérialisme colonial italien de 1870 à nos jours (C. D. U., 1968). / G. Procacci, Storia degli Italiani (Bari, 1968, 2 vol. ; trad. fr. Histoire des Italiens, Fayard, 1969). / R. Christophe, les Grandes Heures de l’Italie (Perrin, 1970). / P. Milza et S. Bernstein, l’Italie, la papauté, 1870-1970 (Masson, 1970). / J. Nobécourt, l’Italie à vif (Éd. du Seuil, 1970). / J. G. Da Silva, Banque et crédit en Italie au xviie siècle (Klincksieck, 1970 ; 2 vol.). / E. Holt, The Making of Italy, 1815-1870 (New York, 1971). / R. Rossanda, Il Manifesto (Éd. du Seuil, 1971). / G. Busino, Histoire et société en Italie (Droz, Genève, 1972). / J. Godechot, Histoire de l’Italie moderne, t. I : le Risorgimento, 1770-1870 (Hachette, 1972). / P. Gut, l’Unité italienne (P. U. F., 1972).


Les données humaines


Les apports d’un passé prestigieux

Il n’est question ici que de retenir ce qui, dans l’histoire italienne, explique certains faits du présent. Depuis l’ascension de Rome, la terre italienne a été intimement liée à toute l’histoire de l’Europe occidentale et de la Méditerranée. Les fondements de la culture européenne, nombre d’aspects de l’organisation présente en sont issus. La terre italienne a beaucoup donné, mais elle a attendu longtemps de pouvoir faire son unité.


Le rôle de l’Antiquité romaine

L’étude géographique ne peut ignorer l’Antiquité romaine. Celle-ci montre d’abord que la grande différence entre le nord et le sud de l’Italie n’a pas toujours existé. Bien plus, des siècles durant, le Sud a été la partie de la péninsule la plus active, face au Nord, faiblement mis en valeur ; le renversement au point de vue économique se dessine sous l’Empire romain. Mais on ne saurait oublier que l’époque romaine a légué à l’Europe une culture qui a assimilé les apports grecs et orientaux, une langue à l’origine des parlers contemporains, un corps de règles juridiques très élaboré, la notion de l’État centralisé, un ensemble de villes et de routes dont le plan est inscrit fréquemment dans les paysages actuels, de nombreux monuments suscitant un tourisme culturel très actif. L’Italie est la première intéressée à cet héritage, bien qu’à l’issue de l’Empire romain elle ne soit plus qu’une expression géographique.


Les splendeurs de la Renaissance

Mille ans plus tard, l’Italie va être une deuxième fois le foyer d’un éclatant renouveau, avec la Renaissance. Dans l’intervalle, elle n’a cessé de jouer un rôle de premier plan. Dans son histoire mouvementée, on retrouve quelques lignes de force : affermissement de la papauté fixée à Rome au milieu de l’émiettement féodal, divergence de destin entre un Sud qui participe de plus en plus d’une histoire méditerranéenne et un Nord qui se relie à l’Europe occidentale. Déchirée, envahie, l’Italie se fragmente en petites unités. Le mouvement communal va donner aux villes une vie intense et, en leur sein, vont se développer les premières formes du capitalisme commercial. Les marchands, les banquiers italiens accroissent les échanges. Leur activité entraîne des innovations capitales pour la vie économique (la lettre de change, la comptabilité en partie double...), et leur goût du mécénat dote les villes de magnifiques palais. La Renaissance apporte alors le renouvellement de « la vie de l’intelligence et [de] celle des sens, du savoir et de l’art ». Mais l’Italie va de nouveau perdre le bénéfice de ces acquisitions, car la décadence économique du bassin méditerranéen est proche. Il en reste aujourd’hui la profusion des œuvres d’art, le particularisme persistant des villes italiennes (le campanilisme), un certain art de la vie urbaine, l’aisance commerciale, le goût du beau et quelquefois de l’ostentation.