Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
I

Italie (suite)

• L’influence culturelle des Étrusques survit à la défaite que leur infligent les Grecs à Cumes (474 av. J.-C.) et à la révolte générale des Latins. Mais le déferlement gaulois sur la péninsule au début du ive s. av. J.-C. porte un coup mortel à la puissance étrusque. Rome* va en profiter pour affirmer son indépendance et réaliser la conquête de l’Italie.


L’Italie romaine


La conquête romaine (ive-iie s. av. J.-C.)

• 338 av. J.-C. : la Ligue latine est dissoute ; le Latium est unifié par Rome, qui s’est précédemment débarrassée des Gaulois et a dû combattre les Étrusques de Véies. Rome pénètre en Campanie, que menacent les Samnites, et entre en rapport avec Capoue, Naples, Marseille et les Carthaginois ; peuple terrien, les Romains affirment ainsi leurs ambitions maritimes.

• 343 à 291 av. J.-C. : longues guerres de Rome contre les Samnites, qui trouvent des alliés dans les Étrusques et les Gaulois du pays des Senones. La victoire romaine de Sentinum (295) disloque la coalition. Puis l’Étrurie est soumise après la défaite des Apuliens et des Lucaniens. Dans le Sud, les Romains se heurtent aux Grecs de Tarente, qui demandent l’aide de Pyrrhos*, roi d’Épire.

• 280-270 av. J.-C. : guerre de Rome contre Pyrrhos, qui est battu à Bénévent (275) ; la chute de Tarente (272) fait de Rome la maîtresse de toute l’Italie péninsulaire.

• 264-241 av. J.-C. : première guerre punique* ; finalement vainqueurs, les Romains gardent la Sicile.

• 238-237 av. J.-C. : profitant de l’affaiblissement de Carthage, les Romains occupent la Corse et la Sardaigne. Puis ils s’installent progressivement dans la Gaule Cisalpine. L’histoire de l’Italie va désormais se confondre avec celle de Rome*.


Les institutions romaines en Italie

• Dans l’État romano-italique progressivement unifié se juxtaposent deux sortes de territoires : l’ager romanus, dépendant directement de Rome, dont les municipes sont rapidement latinisés et que contrôlent de nombreuses colonies de droit romain (Pisaurum [Pesaro], Buxentum [Policastro], Puteoli [Pozzuoli]...) ou de droit latin (Salernum, Brundisium, Firmum [Fermo], Terracina...) ; les fédérés, cités liées à Rome par un statut variable, mais qui participeront progressivement aux conquêtes romaines et au droit romain ou latin.

• Cette assimilation s’accélère à la suite de la guerre italique, ou guerre sociale (91-89 av. J.-C.), qui résulte d’une vaste révolte dans la péninsule et aboutit à l’octroi par Rome du droit de cité aux villes latines, aux fédérés et aussi — à titre individuel — à tous ceux qui le solliciteraient. César, en 49 av. J.-C., accorde la citoyenneté complète aux Gaulois de la Transpadane.

• Auguste* — qui incorpore la Gaule Cisalpine à l’Italie — est le grand unificateur de la péninsule, qui voit se constituer un magnifique réseau routier et dont les villes se développent et s’ornent de monuments.

• Mais l’afflux des blés étrangers provoque la dégradation des terres, le remplacement de la culture des céréales par la vigne, l’olivier et l’élevage du mouton, et aussi la ruine des petits propriétaires fonciers au profit des maîtres des latifundia.

• De plus, au cœur de l’immense Empire romain, l’Italie, malgré un gros effort d’équipement portuaire, n’est plus le centre des affaires. Elle se provincialise, surtout après sa division, par Auguste, en onze régions. L’Italie fournira de moins en moins de personnel au gouvernement et à l’armée.


La fin de l’époque romaine

• Les empereurs du iie et du iiie s. accélèrent la mainmise gouvernementale sur la péninsule.

• Début du ive s. apr. J.-C. : Dioclétien* divise l’Italie en huit circonscriptions groupées en un diocèse, puis Constantin* découpe ce diocèse en deux : l’Italie annonaire, soumise à l’impôt (Milan), et l’Italie suburbicaire (Rome, le sud de la péninsule et les îles). La fondation de Constantinople* (324-330) affaiblit encore la position de l’Italie dans l’Empire.

• L’Italie est l’une des premières régions de l’Empire romain à être gagnée au christianisme. Mais c’est Milan* plus que Rome qui joue le rôle prédominant, Milan dont l’évêque, Ambroise*, peut se permettre de dicter ses volontés à Théodose Ier.

• 401-406 : Stilicon († 408), le véritable maître de l’empire d’Occident, se débarrasse des Wisigoths et des Ostrogoths ; mais il a dû démunir la barrière du Rhin : l’Empire est envahi par les Barbares ; bientôt, il se réduit à l’Italie.

• 410 : Alaric* prend Rome, mais son successeur Athaulf quitte l’Italie pour la Gaule (412).

• 452 : Attila* envahit l’Italie et ne l’évacué que sur la promesse d’un tribut.

• 455 : les Vandales de Geiséric pillent Rome pendant quinze jours.

• 456-472 : sous l’autorité nominale d’empereurs éphémères, le patrice Ricimer, chef de l’armée d’Italie, exerce le pouvoir réel.

• 475 : Oreste, ancien secrétaire d’Attila, installe sur le trône son fils Romulus Augustule.

• 476 : un des maîtres des armées barbares, le Skyre Odoacre, soulève les troupes, fait tuer Oreste et déposer Romulus Augustule, qui n’est pas remplacé comme empereur d’Occident. Odoacre envoie à Constantinople les insignes impériaux, mais agit en chef pratiquement autonome.


Le haut Moyen Âge


De Théodoric aux Lombards (488-568)

• 489 : l’empereur d’Orient Zénon, pour se débarrasser des Ostrogoths, concède à leur roi, Théodoric*, le gouvernement de l’Italie.

• 493 : Théodoric tue Odoacre, qui a capitulé à Ravenne.

• 493-526 : sous la souveraineté théorique de Constantinople, le roi des Ostrogoths est maître absolu de l’Italie. Théodoric s’efforce d’établir l’équilibre entre les Goths, installés par lui sur les riches terres du Nord, et une civilisation romaine à laquelle il s’efforce de rendre vie, maintenant les institutions impériales, conservant dans la péninsule les cadres anciens (cités, provinces). Cependant, un mouvement vers la centralisation se fait sentir.

• 526-535 : les tendances trop romaines du successeur de Théodoric, sa fille Amalasonte, provoquent un soulèvement des Goths, qui se débarrassent d’elle. L’anarchie qui s’ensuit favorise l’intervention de Justinien*, empereur byzantin.

• 535-555 : Bélisaire, général de Justinien, mène en Italie la longue « guerre gothique » au cours de laquelle se révèlent d’énergiques chefs goths, notamment Totila († 552).

• Sous les Byzantins, la péninsule est écrasée par la fiscalité impériale. Les Orientaux s’efforcent en vain de redonner à l’Italie l’éclat du temps de Rome.