Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
I

Israël (suite)

 F. M. Abel, Géographie de la Palestine (Gabalda, 1933-1938, 2 vol. ; 3e éd., 1967). / N. Glueck, Rivers in the Desert. The Exploration of the Negev (Londres, 1959). / S. Sitton, Israël, immigration et croissance, 1948-1958 (Éd. Cujas, 1963) ; l’Économie d’Israël (Éd. d’organisation, 1972). / E. Orni et E. Efrat, Geography of Israel (Jérusalem, 1964). / E. Marx, Bedouin of the Negev (Manchester, 1967). / T. Prittie, Israel, Miracle in the Desert (New York, 1967). / Y. Ben Arieh, the Changing Landscape of Central Jordan Valley (Jérusalem, 1968). / D. Nir, la Vallée de Beth Cheane : la mise en valeur d’une région à la lisière du désert en Israël (A. Colin, 1968). / W. Richter, Historiche Entwicklung und junger Wandel der Agrarlandschaft Israels, dargestellt insbesondere am Beispiel Nordgaliläas (Cologne, 1969). / Y. Karmon, Israel, a Regional Geography (New York, 1970). / J. Klatzmann, Israël (P. U. F., coll. « Magellan », 1971).


Histoire


La naissance

L’État d’Israël a été fondé le 14 mai 1948, quelques heures avant l’expiration du mandat britannique sur la Palestine*, conformément à une résolution de l’Assemblée générale de l’O. N. U. en date du 29 novembre 1947, connue sous le nom de « plan de partage ».

La proclamation de l’indépendance, lue par David Ben Gourion*, président du gouvernement provisoire, dans une salle du musée d’Art de Tel-Aviv, était rédigée dans la langue de la Bible hébraïque, langue officielle du nouvel État. Ce texte évoquait le passé national juif, la dispersion, le premier Congrès sioniste (1897), le défrichement du désert par les Juifs revenant en masse au pays de leurs ancêtres, la Déclaration Balfour du 2 novembre 1917, confirmée par le mandat de la Société des Nations, l’hécatombe nazie, qui « démontra à nouveau l’urgente nécessité de remédier à l’absence d’une patrie juive », la résolution de l’O. N. U. et enfin « le droit naturel et historique [...] d’édifier un État juif en Palestine ».

La résolution de l’O. N. U. de novembre 1947 prévoyait le partage de la Palestine comprise à l’ouest du Jourdain entre un État arabe et un État juif. Ce dernier devait englober la Galilée orientale, la vallée de Jezre‘el, la bande côtière comprise entre Haïfa et Tel-Aviv ainsi qu’une grande partie du Néguev, soit une superficie de 12 000 km2. Le « plan » faisait de Jérusalem, antique capitale juive devenue également haut lieu de la chrétienté et de l’islām, une zone internationale. En réalité, seules les clauses concernant l’État juif furent appliquées, mais sur un territoire sensiblement plus vaste ; aussi bien les dirigeants de la population arabe de Palestine que tous les pays membres de la Ligue arabe rejetèrent le « plan de partage » et s’opposèrent par la force à son application.

Des troupes égyptiennes, libanaises, syriennes, irakiennes ainsi que la Légion arabe de Transjordanie franchirent dès le 15 mai 1948 les frontières du nouvel État, tandis que des unités armées palestiniennes opéraient déjà au cœur même de son territoire, paralysant les axes de circulation et mettant le siège autour de plusieurs agglomérations.

Issue des groupes de résistance juive de l’époque mandataire (Haganah, Irgoun, groupe Stern, etc.), l’armée israélienne se renforça assez rapidement, grâce notamment aux livraisons d’armes en provenance de Tchécoslovaquie. Elle fit généralement face aux attaques des forces armées arabes. Le Conseil de sécurité obtint à deux reprises la conclusion d’une trêve (11 juin et 18 juill. 1948), que les Israéliens mirent à profit. Reprenant l’offensive, les troupes israéliennes occupèrent la totalité du Néguev. Le 12 janvier 1949, l’O. N. U. obtint l’ouverture de pourparlers, qui se déroulèrent à Rhodes. Ceux-ci aboutirent à la conclusion d’accords d’armistice entre Israël et respectivement l’Égypte (24 févr.), le Liban (23 mars), la Transjordanie (3 avr.) et enfin la Syrie (20 juill.).

À de légers correctifs près, les accords de Rhodes constataient la situation créée sur le terrain à la suite de sept mois de combats intermittents. Le jeune État s’étendait désormais sur une superficie de 20 000 km2, comprenant, en plus des zones prévues par le « plan de partage », la Galilée occidentale avec la ville de Nazareth, le sud de la bande côtière jusqu’à Gaza ainsi qu’un « corridor » à travers les monts de Judée incluant le secteur occidental de Jérusalem, qui devenait la capitale.

La Judée et la Samarie, avec la vieille ville de Jérusalem, tombées entre les mains de la Légion arabe, furent par la suite réunies à la Transjordanie, tandis que la bande de Gaza fut placée sous administration militaire égyptienne. Dans ces deux derniers territoires s’étaient concentrés des réfugiés arabes qui avaient fui devant l’avance des forces israéliennes. Au nombre de plus de 500 000, une partie d’entre eux avait trouvé refuge en Syrie et au Liban. Ils furent parqués dans des camps situés pour la plupart à proximité des lignes d’armistice et pris en charge par l’United Nations Relief and Works Agency (UNRWA), organisme créé spécialement à cet effet par les Nations unies. Les réfugiés palestiniens devaient atteindre, au terme de vingt ans, le chiffre de 1 345 000, compte tenu d’un taux de croissance naturel proche de 40 p. 1 000.

Admis en 1949 parmi les nations membres de l’O. N. U., l’État d’Israël allait connaître une histoire marquée essentiellement par l’essor de sa population et de son économie, par un conflit permanent avec ses voisins et par une évolution politique et sociale marquée tout à la fois par la stabilité et par les crises.


Les institutions

Les institutions de l’État ont été créées pour la plupart à partir des organismes représentatifs et exécutifs de la communauté juive constitués pendant la période du mandat britannique par l’ensemble des partis entre lesquels se répartissait le mouvement sioniste. On y reconnaît l’influence conjuguée des démocraties parlementaires et de la bureaucratie des régimes socialistes. En dépit de l’élection d’une Assemblée constituante (25 janv. 1949), les divergences de vues entre la minorité religieuse et la majorité laïque, elle-même divisée sur des questions essentielles, firent échouer les projets de Constitution.

Les libertés publiques et les grands corps de l’État sont régis par des lois fondamentales votées et amendées au cours des années. Dans certains cas, comme le système judiciaire, la législation du régime mandataire a été conservée dans son ensemble.