Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

Andes (suite)

• Les Andes méridionales sont caractérisées par la disparition progressive, vers le sud, de l’édifice andin. L’ensemble montagneux se réduit dans la partie centrale du Chili à la Cordillère occidentale, qui, d’abord élevée, avec de très grands volcans, dont l’Aconcagua, s’abaisse peu à peu jusqu’à une altitude inférieure à 3 000 m à la pointe méridionale de l’Amérique du Sud. Ici, la caractéristique intéressante est la part de plus en plus importante de l’érosion glaciaire, qui façonne la montagne et lui donne un aspect de haute montagne, malgré les altitudes relativement basses.


Les climats et les systèmes morphoclimatiques

Il n’existe pas, à proprement parler, de climat spécifique des Andes. Mais, par suite de l’altitude, chaque partie de la montagne est affectée d’un climat nuancé par rapport au climat général de la zone climatique dans laquelle elle s’inscrit.

Les climats actuels opposent les Andes tropicales humides septentrionales, les Andes centrales, où dominent des phénomènes de sécheresse, et les Andes méridionales, où règne le froid.

• Les Andes septentrionales appartiennent en général à la zone équatoriale ou à la zone tropicale humide. Aussi sur les bas versants du côté pacifique règnent la forêt équatoriale et l’ambiance chaude et humide correspondant à ce type de végétation. En revanche, le bas versant oriental est recouvert d’une forêt plus sèche et plus aérée, consécutive à un climat à saison sèche marquée, comme celui des « llanos » du Venezuela. Les vallées intérieures du Cauca et du Magdalena sont bien arrosées en toutes saisons, avec deux maximums de pluviosité, en mars-mai et en octobre-décembre. Au-dessus de ce premier étage se trouve la zone dite « tempérée », zone intermédiaire, au climat assez uniforme, relativement agréable, comme celui du bassin de Bogotá ou de Quito, plus agréable lorsque le climat est plus sec, plus pénible lorsqu’il provoque des brouillards, comme à Bogotá. Ces climats ont une moyenne de température correspondant à celle des climats tempérés, mais avec une différence capitale : les températures sont uniformes tout au long de l’année, et l’alternance se manifeste non pas entre une saison froide d’hiver et une saison chaude d’été, mais entre le jour, généralement chaud, parfois même très chaud si le soleil brille, et la nuit, au contraire très froide par suite de l’altitude. Ainsi, à Quito, il peut faire très chaud durant la journée, tandis que la température nocturne peut s’abaisser au point de nécessiter un chauffage dans les maisons.

Au-dessus de cette zone dite « tempérée » se trouvent les hauteurs plus froides, plus venteuses, plus désolées, les paramos, où le climat est déjà beaucoup plus rigoureux. Enfin, sur les très hauts sommets, comme le Chimborazo, dans le centre de l’Équateur, la neige couvre pratiquement l’ensemble des versants.

• Dans les Andes centrales, entre 6 et 25° de lat. S., les bas versants reflètent l’ambiance climatique générale de la zone, c’est-à-dire l’aridité. Celle-ci résulte de la latitude, mais surtout de l’influence du courant froid de Humboldt ou du Pérou, qui longe les côtes, remontant vers le nord, et donne un climat dépourvu de pluie, mais affecté par des brouillards. Aussi, vue d’avion, cette zone andine apparaît-elle comme surgissant d’une mer de nuages qui n’est autre que la mer de brouillard envahissant les bas versants. Ceux-ci présentent l’aspect de longs versants désertiques ou semi-désertiques. Cependant, à partir de 4 000 m, les quelques précipitations suffisent à enneiger les plus hauts sommets (Huascaran, Nudo Coropuna au Pérou, Sajama en Bolivie, Cerro de Tocorpuri à la frontière bolivo-chilienne). À l’est de ce versant occidental désertique, les hautes surfaces planes (la puna) ont un climat sec et froid, et sont couvertes d’une petite herbe plus ou moins continue. Enfin, la Cordillère orientale, qui limite à l’est ces hautes terres, est plus arrosée et retrouve l’alternance de bas versants chauds et humides jusqu’à 2 000 m, d’une zone intermédiaire tempérée humide et de hauts sommets enneigés (Illampu et Illimani, en Bolivie, de part et d’autre de La Paz) ; l’ensemble des versants, à l’exception des parties froides des hauts sommets, est couvert de forêts.

• Dans les Andes méridionales, plus étroites, il n’y a plus de variations climatiques d’ouest en est, mais plutôt un fractionnement en latitude correspondant au fractionnement des zones climatiques de la partie méridionale de l’Amérique du Sud. C’est d’abord, entre 25 et 30° de lat. S., le désert du Chili septentrional, désert général aussi bien de la zone côtière que de la zone d’altitude, « régionalisé » par des différences de température entre le désert chaud du niveau de la mer et le désert froid des hautes terres (c’est le désert de l’Atacama).

Progressivement, entre 30 et 33° de lat. S., le climat devient semi-aride, avec des pluies permettant l’apparition d’abord d’une steppe rare, puis d’une steppe à épineux. Cette zone prend des allures relativement variées selon l’altitude, mais l’essentiel des hautes terres est caractérisé par un climat tempéré sec. Entre 33 et 40° de lat. S., dans la région de Santiago notamment, le Chili bénéficie d’un climat de type méditerranéen, avec des étés chauds et secs, des hivers froids et humides. Ensuite, à partir de Valdivia, le climat devient tempéré pluvieux, puis plus franchement froid et pluvieux. Cette dernière zone connaît des climats très humides, car elle reçoit de plein fouet les grands vents d’ouest caractéristiques de la zone tempérée (le contraste pluviométrique est frappant entre le sud chilien et le nord du pays, pratiquement jamais arrosé). Ces vents, frappant l’édifice andin, provoquent de très grandes précipitations, qui permettent une végétation de grande forêt tempérée ou froide. Vers le sud enfin, jusqu’à la Terre de Feu (qui dépasse 55° de lat. S.), les précipitations tombent de plus en plus souvent sous forme de neige et favorisent la naissance de glaciers qui, à l’extrémité des Andes, descendent jusqu’au niveau de la mer. Entre les glaciers pousse une végétation de toundra. Ces zones froides sont naturellement très répulsives pour l’homme, bien que l’altitude s’abaisse sensiblement et ne dépasse qu’assez exceptionnellement 4 000 m au sud du 40e degré de latitude.

Ce sont les Andes tropicales et centrales qui ont été les foyers d’une civilisation traditionnelle et qui abritent actuellement les groupes humains les plus nombreux, tandis que les Andes méridionales, froides et enneigées, n’ont qu’une population très éparse.