Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

Anderson (Carl David) (suite)

Par la suite, Anderson et bien d’autres, notamment Blackett*, Giuseppe Occhialini (né en 1907) et, en France, les époux Joliot-Curie*, observent la naissance de ce positon en même temps que celle d’un électron négatif. La production d’une telle paire correspond à la disparition d’un photon gamma. Et l’on est fondé à penser que le rayon gamma, immatériel, s’est matérialisé en deux particules de charges opposées, conformément à la formule d’équivalence de la masse et de l’énergie.

Cette même technique d’emploi des chambres de Wilson va, en 1937, donner à Anderson et à Seth Henry Neddermeyer (né en 1907) l’occasion d’une deuxième découverte dans la composante pénétrante du rayonnement cosmique : il s’agit de celle du méson μ. L’existence de cet « électron lourd » avait été prévue quelques années plus tôt par le Japonais Yukawa, qui voyait dans cette particule l’agent de cohésion du noyau de l’atome.

R. T.

Andes

Chaîne de montagnes de la partie occidentale de l’Amérique du Sud, du nord du Venezuela au détroit de Magellan.


Les Andes constituent un immense complexe montagneux dressant une barrière continue sur une longueur de près de 7 500 km.

Pourvues de climats variés, résultant de différences d’altitude et surtout de latitude, elles ont été, au moins dans leur partie centrale, le cadre de civilisations indiennes, précédant la pénétration espagnole.

Ces civilisations traditionnelles, confrontées avec l’époque coloniale, puis avec le monde moderne, n’ont pas pu s’adapter et peuvent être considérées comme une des causes du sous-développement des Andes. Pourtant, l’occupation humaine présente d’importants contrastes.

Quelques points privilégiés, quelques villes revêtent un aspect moderne par leurs constructions, leurs fonctions, leurs universités, tandis que les hauts bassins, les hautes vallées n’offrent encore qu’un habitat primitif, qui abrite un groupe humain analphabète et pratiquant une agriculture dont les méthodes n’ont guère varié depuis des siècles.

La division politique a fixé la répartition du complexe montagneux entre un certain nombre d’États. Ceux-ci, en général, possèdent non seulement la partie andine, à vrai dire la plus peuplée, mais également des plaines littorales à l’ouest et une partie des grandes plaines intérieures en contrebas des Andes à l’est.


Un immense complexe montagneux au climat varié


Le relief

L’architecture du relief s’organise autour de longs alignements de chaînes et de crêtes plus ou moins parallèles à la côte, formant un bourrelet continu entre le Pacifique et le reste de l’Amérique du Sud. Ces longues chaînes sont séparées par des éléments de hautes terres plus ou moins planes ou par des vallées plus ou moins profondes. Les plus hauts sommets sont formés non pas par ces longues crêtes, mais par des reliefs surimposés, dus à des volcans : c’est ainsi que l’Aconcagua approche 7 000 m et que plusieurs autres volcans dépassent 6 000 m.

On peut diviser les Andes en trois grandes zones distinctes : les Andes septentrionales, les Andes centrales et les Andes méridionales.

• Les Andes septentrionales commencent au Venezuela par la chaîne de Mérida et se prolongent en Colombie par la chaîne orientale de Colombie. Au Venezuela, la chaîne de Mérida atteint déjà parfois 5 000 m ; toutefois, elle ne forme pas encore une ligne de hauteurs continues, mais elle est coupée par un certain nombre de dépressions. C’est en Colombie que commencent les véritables Andes septentrionales, dont le relief est constitué de chaînes plus ou moins parallèles, convergeant vers le sud et séparées par des vallées (la Cordillère orientale est séparée de la Cordillère centrale par la vallée du Magdalena, tandis que la vallée du Cauca sépare la Cordillère centrale de la Cordillère occidentale). Dans cette dernière, les altitudes ne dépassent guère 2 500 m ; la Cordillère centrale est beaucoup plus élevée, avec des pics dépassant 5 000 m, tandis que la Cordillère orientale, qui prolonge la chaîne vénézuélienne, est plus fragmentée et comporte tantôt une zone de montagnes avec des crêtes, tantôt une zone de hauts plateaux, et en particulier celui où est située la capitale, Bogotá. Au sud de la Colombie, la Cordillère centrale et la Cordillère orientale se rapprochent et, en Équateur, ne forment plus qu’une seule grande chaîne, appelée Cordillère orientale. Ainsi, à partir de cet État, les Andes se présentent-elles comme un complexe de montagnes constitué par deux grandes crêtes parallèles séparées par de hauts plateaux. Ceux-ci, où est située notamment la capitale, Quito, ont une altitude moyenne supérieure à 2 000, voire 3 000 m ; ils ne sont jamais très larges et prennent l’aspect de hautes vallées, parfois de hauts bassins, dont la largeur ne dépasse cependant jamais 50 ou 60 km.

La Cordillère occidentale est en général moins élevée que la Cordillère orientale, dont les altitudes dépassent souvent 5 000 m, mais, en revanche, en raison de la présence des volcans, elle possède les plus hauts sommets des Andes septentrionales, avec le Chimborazo (6 272 m). Ces Andes équatoriennes se terminent, au sud de l’Équateur et au nord du Pérou, par une zone un peu plus confuse, comportant plusieurs chaînes parallèles précédant le relief plus vaste et plus net des Andes centrales.

• Les Andes centrales sont formées, du Pérou à la Bolivie et au nord du Chili, de deux grandes cordillères, la Cordillère orientale et la Cordillère occidentale, séparées par de très vastes éléments de plateaux dont la largeur peut dépasser 700 à 750 km. Ces hauts plateaux, façonnés par un système d’érosion lié à un climat semi-aride, sont caractérisés par l’endoréisme et se divisent donc en une série de bassins fermés. Certains de ces bassins sont occupés par des lacs, tel le lac Titicaca. La Cordillère orientale, très élevée, est surmontée de volcans encore actifs, tandis que la Cordillère occidentale constitue l’une des plus grandes chaînes volcaniques du monde, mais comporte surtout des volcans datant de l’ère tertiaire, culminant entre 5 500 et 6 700 m.

Ces Andes centrales se resserrent progressivement dans la partie septentrionale du Chili ; le plateau séparant les deux cordillères devient de plus en plus étroit, et apparaît alors le troisième élément, les Andes méridionales.