Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
I

interféromètres (suite)

• Interféromètres à dédoublement par translation. Une onde plane Σ tombe sur un interféromètre à division d’amplitude, est dédoublée en deux ondes cohérentes

,
par le séparateur S. Les ondes
et
sont décalées latéralement d’une quantité d et présentent entre elles une différence de marche δ (fig. 22). Ces deux ondes interfèrent. L’onde Σ a été déformée localement par le passage à travers un objet de phase, par exemple. Le dédoublement étant supérieur à la dimension de l’objet, la déformation A1 de l’onde Σ1 interfère avec l’onde plane
et réciproquement. La variation de phase due à l’objet est transformée en variation d’intensité. L’objet est visualisé. On montre que, lorsque le dédoublement est faible par rapport à la dimension de la déformation de l’onde, la variation d’éclairement est fonction de la pente de la courbe de déformation.

• Interféromètres à polarisation. L’onde plane déformée Σ (fig. 23) tombe sur un système biréfringent B qui la dédouble en deux ondes : l’onde ordinaire et l’onde extraordinaire . On peut choisir les caractéristiques du biréfringent pour que les ondes et présentent un décalage latéral d et une différence de marche δ0. Un polariseur P placé à 45° des lignes neutres du biréfringent rend les ondes et cohérentes. Un analyseur P′ superpose les vibrations ordinaires et extraordinaires qui interfèrent. En lumière monochromatique, l’objet transparent se détache sur un fond uniforme par variation d’éclairement. La différence de marche δ0 peut être choisie assez petite pour que les interférences se produisent en lumière blanche. Le champ d’interférence prend alors une teinte uniforme qui dépend de δ0. L’objet se traduit par une variation de teinte. Polariseur et analyseur sont croisés ou parallèles : les teintes obtenues sont complémentaires. Opérant entre polariseurs parallèles, il est classique d’utiliser un biréfringent tel que la différence de marche entre , et soit pour λ = 0,565 μ. Le fond est alors pourpre (teinte sensible).

Le prisme de Savart est un système biréfringent utilisable. Il est constitué par deux lames de quartz N1 et N2 (ou de spath) taillées à 45° de l’axe optique et croisées (fig. 24). L’axe de N1 est dans le plan de figure, celui de N2 se projette selon une ligne parallèle. Après réfraction sur la première lame, à un rayon incident correspondent deux rayons dédoublés (un rayon ordinaire O, un extraordinaire E) polarisés à angle droit. Le rayon ordinaire O devient extraordinaire dans N2, c’est le rayon OE. De même, nous obtenons le rayon EO. Les lames N1 et N2 ont même épaisseur. Pour des rayons normaux au polariscope, la différence de marche est nulle entre les ondes émergentes. En inclinant légèrement le polariscope, on fait varier à volonté la différence de marche δ0.

La figure 25 représente un instrument interférentiel utilisant un polariscope de Savart. L’objet A est éclairé en lumière parallèle grâce au condenseur C. L’objectif O donne de la source S une image S′ placée au foyer du premier verre L de l’oculaire. Le polariscope Q est éclairé en lumière parallèle. Pour utiliser une source large, on place dans le plan de la source un Wollaston W dont les franges d’égale épaisseur coïncident avec les franges à l’infini du polariscope.

Albert Michelson

Physicien américain (Strzelno, Pologne, 1852 - Pasadena, Californie, 1931). Il créa un interféromètre de haute sensibilité, grâce auquel il effectua des mesures précises de la vitesse de la lumière, dans l’air et les liquides. Ses expériences, entreprises à Berlin en 1881, puis à Cleveland en 1887, en vue de mettre en évidence un éventuel déplacement de la Terre par rapport à l’éther, donnèrent un résultat négatif, qui fut à l’origine de la théorie de la relativité. En 1894, il évalua la dimension du mètre en longueur d’onde lumineuse. Par un procédé interférentiel, il mesura en 1917 les marées de l’écorce terrestre, puis, en 1920, le diamètre de certaines étoiles. (Prix Nobel de physique en 1907.)

M. C.

 W. H. Steel, Interferometry (Cambridge, Mass., 1967).

Internationales (les)

Associations internationales qui tendent à grouper les travailleurs en vue d’une action visant à transformer la société. On n’étudiera ici que les Internationales politiques. Pour les Internationales syndicales, v. syndicalisme.



Les origines

Lorsque la révolution industrielle* s’affirme, apparaît — dans la première moitié du xixe s. — l’idée d’une solidarité internationale.

Les ouvriers lyonnais adressent le 27 mai 1832, dans l’Echo de la fabrique, un manifeste à leurs « frères d’Angleterre ». En 1837, la Société des saisons de Barbes et Blanqui* noue des relations avec une association, le Bund der Gerechten, qui possède des sections en Allemagne et en Suisse. C’est de cette association que sort la Ligue des communistes, pour laquelle Marx* et Engels* rédigent le manifeste de 1848. En mars 1846, des « chartistes » anglais et des réfugiés politiques fondent à Londres la Society of Fraternal Democrats, qui noue des contacts avec l’Association démocratique, formée à Bruxelles. En 1850, Ledru-Rollin*, en exil à Londres, crée un Comité central démocratique européen, dont fait partie Mazzini*. En 1856, des réfugiés français, des réfugiés polonais, des chartistes et des communistes créent une International Association qui disparaît trois ans plus tard. Plusieurs de ses dirigeants se retrouvent à l’Association internationale des travailleurs.


L’Association internationale des travailleurs

C’est elle que nous appelons Ire Internationale, mais cette expression n’a pas cours à l’époque. En 1863, des syndicalistes londoniens invitent des délégués ouvriers français à participer à une manifestation en faveur de l’indépendance polonaise. Un meeting a lieu le 22 juillet 1863 avec cinq Français, dont H. Tolain et B. Perrachon. Le 28 septembre 1864, lors d’un meeting organisé à Saint Martin’s hall, l’Association internationale des travailleurs (A. I. T.) est créée. On désigne un comité qui compte 21 Anglais, 10 Allemands, 9 Français, 2 Italiens, 2 Polonais, 2 Suisses. Il est chargé de rédiger des statuts provisoires et une « Adresse ». Marx* va jouer dans cette élaboration un rôle prédominant.