Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
I

infarctus (suite)

• Les thromboses et les complications emboliques. Elles comportent :
a) l’extension des caillots sanguins siégeant dans les coronaires (il en résulte une aggravation ou une récidive de l’infarctus) ;
b) les thromboses de la paroi ventriculaire gauche, avec embolies artérielles (cerveau, viscères, par exemple) ;
c) les thromboses veineuses des membres inférieurs, avec leurs redoutables complications d’embolie pulmonaire. Ces différents accidents ont bénéficié de l’apport et de l’utilisation préventive des anticoagulants.

• La mort subite. Elle est l’apanage des infarctus sévères, mais parfois aussi des infarctus non compliqués.

On peut parfois la juguler par les techniques récentes de réanimation (v. cœur).


Infarctus pulmonaire

L’infarctus du poumon est provoqué par l’embolie dans une branche de l’artère pulmonaire d’un caillot provenant d’un foyer de phlébite des membres inférieurs (le caillot franchit le cœur droit, où il ne rencontre pas d’obstacle). Le point de départ peut également être une lésion du cœur droit (valvule tricuspide), d’où se détache un caillot. Des infarctus peuvent également se former par thrombose sur place au cours des différentes affections du poumon.

Dans l’infarctus pulmonaire par embolie, le début est brutal, marqué par une violente douleur thoracique et une gêne respiratoire aiguë, bientôt suivie d’un crachat hémoptoïque. La zone de poumon atteinte est pyramidale, centrée par l’artère obstruée, et d’autant plus importante que le caillot est plus gros.


Infarctus du rein et du foie

Ces organes « pleins » peuvent être le siège d’infarctus dus à une thrombose locale (au cours d’une maladie propre à l’organe) ou à une embolie (caillot provenant d’une lésion du cœur gauche). La symptomatologie peut être trompeuse, et les petits infarctus de ces organes passent parfois inaperçus.


Infarctus du cerveau

Cette lésion, très fréquente, est plus couramment nommée ramollissement cérébral. Elle est consécutive à l’artériosclérose ou à une embolie provenant du cœur gauche (maladie mitrale, par exemple). Suivant la localisation et la dimension de la lésion, on observe des troubles neurologiques variés, au premier rang desquels se trouvent les hémiplégies*.


Infarctus du mésentère

Dans cette affection, beaucoup plus rare, il s’agit le plus souvent d’une thrombose d’une branche de l’artère mésentérique. La portion correspondante de l’intestin se nécrose et, après une crise abdominale douloureuse suraiguë, l’évolution se fait rapidement vers la péritonite, en l’absence d’une intervention chirurgicale pratiquée d’urgence. Le traitement comporte la résection de l’anse atteinte.


Infarctus dans les organes génitaux

On observe des infarctus au niveau de l’utérus et des trompes (dits « apoplexies utéro-annexielles »), qui nécessitent l’hystérectomie. Le placenta peut également être atteint : c’est l’apoplexie utéro-placentaire, qui menace gravement la grossesse.

J.-L. S. et J. B.

➙ Anticoagulants / Artère / Cœur / Coronaires (artères).

 R. R. Greening, Symposium on the Radiology of Ischemia (Philadelphie, 1967). / T. R. Harrisson et T. J. Reeves, Principles and Problems of Ischemic Heart Disease (Chicago, 1968). / G. R. Rager, L’infarctus ne tue pas (Flammarion, 1969). / R. Bernard, les Arythmies dans l’infarctus (Maloine, 1970). / J. Trémolières, Infarctus et hypertension (Expansion scientif. fr., 1971).

infection

Ensemble des effets consécutifs à l’agression d’un être vivant par un germe microbien (Bactérie, Virus), plus ou moins virulent.


La physiopathologie de l’infection dépend de deux facteurs : le terrain et le germe en cause. Certains germes très virulents sont responsables d’infections graves. D’autres, sans pouvoir pathogène chez un sujet normal, sont causes d’infections chez un sujet en mauvais état général. Actuellement, le problème de l’infection se complique pour deux raisons : l’existence de souches bactériennes résistantes et sélectionnées par les antibiotiques ainsi que la modification du terrain du fait de la multiplication du nombre de malades atteints d’affections graves (hémopathies, cancers) ou soumis à des explorations ou à des thérapeutiques de pointe, qui sont de ce fait très fragiles et réceptifs.


Épidémiologie de l’infection

L’infection peut être d’origine humaine ou animale. On connaît de nombreuses maladies animales transmissibles à l’Homme de manière régulière ou accidentelle, qu’il s’agisse de la peste, de la rage, de la brucellose, du charbon, etc. Dans l’infection humaine, il existe plusieurs types de vecteurs des germes. Certains sujets sont en phase d’incubation de la maladie, d’autres sont des porteurs malades, certains enfin sont convalescents. Plus importants sur le plan épidémiologique sont les porteurs sains (transitoirement ou chroniquement) et les porteurs chroniques, qui peuvent transmettre un germe très longtemps après une infection ancienne.


L’origine de l’infection

• Il peut s’agir d’une hétéro-infection. La contagion peut ici être directe si le sujet se contamine à la source de l’infection, humaine ou animale, alors qu’il était jusqu’ici indemne (grippe transmise par la salive ou pasteurellose transmise par une morsure). La contagion peut encore être indirecte : la transmission du germe se fait par l’intermédiaire d’un support inerte (vêtement), par l’eau souillée par les déjections infestées par le vibrion cholérique ou le Virus poliomyélitique, ou par l’air vecteur de poussières contenant des Bacilles. Certaines maladies peuvent être transmises directement ou indirectement (peste, variole).

• L’auto-infection est également possible : le sujet peut entretenir son infection (enfant réensemençant son impétigo par grattage ou sujet disséminant également par grattage d’une lésion vaccinale les lésions de la vaccine).