Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
I

Indiens (suite)

General Allotment Act, ou Dawes Act, qui attribue 160 acres à chaque famille indienne dans les territoires de l’Est et qui confère la nationalité américaine à ceux qui abandonneront leurs tribus et « adopteront les us et les coutumes de la vie civilisée ». Mais l’effet produit est l’inverse de celui qui est visé : les territoires des tribus indiennes passent à des propriétaires blancs pour près de la moitié de leur surface durant la cinquantaine d’années qui suivent.

1889-1907

Le Territoire indien est ouvert à la colonisation blanche et devient État d’Oklahoma en 1907.

1913

Les territoires des Pueblos deviennent territoires indiens et toute transaction de terre est interdite.

1924

Le Congrès confère la citoyenneté américaine à titre individuel à tous les Indiens vivant aux États-Unis.

1934

Indian Reorganization Act. L’Acte lui-même est pris par l’administration Roosevelt et soumis à chaque tribu indienne, qui peut le refuser. Il prévoit que les terres appartiennent collectivement aux tribus, qu’elles ne peuvent être divisées en propriétés individuelles et que redeviendrait propriété collective indienne tout allotissement individuel qui ne serait plus exploité individuellement.

1973

Occupation (27 février - 8 mai) de Wounded Knee par 200 Sioux Oglalos demandant, entre autres, le réexamen de tous les traités signés par les Indiens et les États-Unis.

D. C.


Les Indiens du Mexique et de l’Amérique moyenne

Pendant la période coloniale et jusqu’à nos jours, un profond métissage s’est opéré entre les Indiens et les immigrants d’origine européenne. Les Indiens ont adopté, mais à des degrés divers, la religion, les techniques, la langue des conquérants. Le Mexique et l’Amérique moyenne possèdent donc une culture mixte, hispano-indienne. Au cours des dernières années, la multiplication des routes et l’industrialisation croissante ont accéléré le processus d’assimilation et réduit les différences existant entre les habitants. Pourtant, certains groupes se distinguent du reste de la population et peuvent être considérés comme des communautés indiennes, dont les traits distinctifs sont les suivants : les caractères somatiques non européens y prédominent ; la culture matérielle et la culture spirituelle comportent une forte proportion d’éléments indigènes ; les membres de ces communautés parlent une langue indienne et ont le sentiment d’appartenir à un groupe isolé au milieu des populations voisines.

C’est la langue qui détermine dans les recensements l’appartenance à une communauté indienne. Au Mexique, il y a encore 46 langues indigènes, alors qu’on en comptait 125 au moment de la conquête et, sur un total de 50 000 000 d’habitants, près de 3 000 000 parlent une langue indienne. Sur ce nombre, un peu plus d’un million ne parlent que la langue vernaculaire, les autres parlant leur langue et l’espagnol (langue nationale). Les langues les plus importantes sont le nahuatl (670 000), le maya (328 000), le zapotèque (226 000) et l’otomi (200 000). Le pays le « plus indien » de l’Amérique centrale est le Guatemala, où 67 p. 100 des habitants parlent des langues appartenant à la famille maya, alors que le pourcentage des habitants parlant une langue indigène est de 40 p. 100 au Honduras et au Salvador, de 10 p. 100 au Panamá, de 4 p. 100 au Nicaragua et 2 p. 100 au Costa Rica. Les principales langues de l’Amérique centrale (non compris le maya) sont le macrochibcha, le subtiaba, le mangue, le lenka, le pipil et le nicarao.

Dans leur immense majorité, les Indiens vivent de la culture du maïs. Leurs terres sont en général moins bonnes que celles des populations qui les entourent, et leurs méthodes de culture ont souvent gardé un caractère traditionnel. En Terre froide ou en Terre tempérée, le maïs, semé avant la saison des pluies, est récolté en octobre. En Terre chaude, c’est le système de la roza qui est utilisé : on coupe la forêt, on laisse sécher, puis on brûle la végétation en mai, avant le début de la saison des pluies. Le maïs est alors semé et récolté en novembre. Sur le même champ, on sème de nouveau du maïs, qui est récolté en avril, et cela pendant trois ans, puis on laisse pousser la végétation.

Dans les régions marécageuses de la vallée de Mexico, les Aztèques* avaient créé un système de culture intensive qui consistait à obtenir de la terre arable en accumulant du limon de la lagune sur des claies de roseaux et des bouts de bois. Peu à peu, ces jardins flottants se fixent au fond. Ces chinampas existent encore à Xochimilco, près de Mexico.

Les plantes cultivées avant l’arrivée des Espagnols le sont encore de nos jours : le maïs, base de l’alimentation, le haricot noir, le piment, la tomate, la calebasse, le chayote, le cacao, l’avocat. En Terre chaude, on cultive la patate douce et le manioc doux ; en région sèche, l’agave, ou maguey. Le blé, le riz, la canne à sucre, le café, les agrumes datent de l’époque postcolombienne.

L’aliment le plus important est le maïs, aussi bien pour les métis que pour les Indiens. Le piment, le haricot noir, la tomate tiennent aussi une grande place dans l’alimentation. La consommation de viande est limitée aux repas de fête. Le maïs est préparé de différentes façons : par exemple en galettes, ou tortillas (maïs bouilli dans une eau contenant de la chaux, puis moulu et réduit en pâte). Les Indiens les plus pauvres, en dehors des repas de fête, ne mangent que des tortillas accompagnées de piment. Les populations méridionales consomment de la patate douce et du manioc.

Sur les hautes terres du Mexique, la principale boisson est le pulque, suc fermenté de l’agave. Dans d’autres régions, on boit de l’alcool de canne à sucre. Le café et le chocolat sont servis dans les repas de fête.

À quelques exceptions près (Mayas du Yucatán, Tzeltales et Tzotziles du Chiapas), les Indiens vivent dans des contrées isolées et moins propices à une agriculture riche que les autres régions. Sur un territoire aussi vaste, l’habitat est varié. Le type de village le plus courant comporte d’une part un centre, avec une place entourée de boutiques et où a lieu le marché une fois par semaine, l’église et la présidence municipale, et, d’autre part, des petites maisons dispersées dans la campagne, parfois à plusieurs kilomètres du centre.