Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
I

Inde (suite)

Principaux romanciers hindī contemporains

Yaśpāl (1901), conteur, romancier, dramaturge (marxiste) [Jhūtā sac] (Fausse Vérité).

Bhagavati Caran Varmā (1903), avocat devenu écrivain, auteur d’une adaptation de Thaïs (Citralekhā) [Bhūle Bisre citra].

Jainendra Kumār (1905), romancier, conteur, essayiste (Tyāgpatra) [Lettre de démission].

Kriśna Candar (1914), conteur et romancier satirique marxiste (hindī-urdū) [Gadhe kī atma kathā] (Autobiographie d’un âne).

Amrit Lāl Nāgar (1916), romancier et dramaturge (Bhūkh) [la Faim].

Bhairava Prasād Gupta (1918), romancier et conteur (Gangā Maiyā) [Gange, ô ma mère, trad. en français en 1967].

Rāngeya Rāghava (1922), poète et romancier (Kab tak pukarū) [Jusqu’à quand appellerai-je ?].

Mohan Rākeśa (1925-1973), conteur et romancier (Andhere band kamre) [la Chambre noire].

Dharmavīr Bhāratī (1926), romancier, poète, dramaturge (Sūraj kā sātvān ghora) [le Septième Cheval du soleil].

Rajendra Yādava (1929), conteur et romancier (Ukhare hue log) [les Déracinés] et (Sārā Akāś) [le Ciel tout entier].

Gulśan Nandā, romancier (Kaṭī paṭang).

Gurūdatta, jeune romancier (Yeh sab jhūth hai) [Tout cela n’est que mensonge].


Le théâtre

Le théâtre dans la littérature moderne est un des genres qui s’est le moins heureusement développé en Inde. Il a débuté à Calcutta au xixe s. par des pièces traitant de problèmes sociaux. Mais, très vite, l’influence du théâtre shakespearien s’est fait pesamment sentir. Hésitant entre le théâtre de la tradition sanskrite et le théâtre anglais classique, souffrant du manque de troupe théâtrale de métier, les pièces ont trop souvent été écrites plus pour être lues que pour être jouées. Le dialogue s’en ressent, devenant souvent lent et didactique. Les nombreuses pièces historiques ne sont accessibles qu’à un public extrêmement restreint. Seul le théâtre marathe, qui s’inspire soit du théâtre pārsī, soit d’une forme de théâtre religieux et folklorique venue du Sud, échappe en partie à ces défauts. Actuellement, la radio permet de développer les pièces en un acte, faciles à interpréter même pour des amateurs. Il y en a de très appréciables dans toutes les langues de l’Inde. À Bombay, à Delhi et au Pendjab, on essaie de mettre sur pied quelques troupes théâtrales de métier. Enfin, le cinéma (l’Inde est le deuxième producteur du monde) joue un rôle de plus en plus important. Malheureusement, les films de qualité sont encore rares, car le grand public y cherche plutôt une évasion par le merveilleux, l’artificiel, la sentimentalité et surtout la chanson de charme !

N. B.

 J. H. Garcin de Tassy, Histoire de la littérature hindoue et hindoustanie (Impr. royale, 1839-1847, 2 vol. ; rééd. 1870-1871, 3 vol.). / G. A. Grierson, The Modern Vernacular Literature of Hindustan (Calcutta, 1889) ; Linguistic Survey of India, vol. I et IX (Calcutta, 1916 ; rééd. 1967). / E. P. Rice, Kanarese Literature (Calcutta, 1921). / M. Winternitz, A History of Indian litterature (Calcutta, 1926 ; 3 vol.). / A. B. Keith, A History of Sanskrit Literature (Londres, 1928). / H. von Glasenapp, H. Bechert et H. W. Schomerus, Die Literaturen Indiens von ihren Anfängen bis zur Gegenwart (Potsdam, 1929 ; 2e éd., 1961 ; trad. fr. les Littératures de l’Inde des origines à l’époque contemporaine, Payot, 1963). / L. Renou, la Poésie religieuse de l’Inde antique (P. U. F., 1942) ; Sanskrit et culture, l’apport de l’Inde à la civilisation humaine (Payot, 1950) ; les Littératures de l’Inde (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1951 ; 2e éd., 1966) ; la Philosophie de l’Inde (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1970). / P. Chenchian et M. B. Rao, Telugu Literature (Calcutta, 1950). / R. C. Majumdar et coll., The History and Culture of the Indian People (Bombay, 1951 et suiv., 10 vol. ; nouv. éd., 1963, 11 vol.). / K. M. Munshi, Gujarat and its Literature (Bombay, 1954). / Contemporary Indian Literature. A Symposium (New Delhi, 1957 ; 2e éd., 1959). / Literatures in Modern Indian Languages (New Delhi, 1957). / R. Queneau et P. Josserand (sous la dir. de), l’Inde (Mazenod, 1959). / A. M. Esnoul, Râmânuja et la doctrine vishnouite (Éd. du Seuil, 1964). / M. Sadiq, A History of Urdu Literature (Londres, 1964). / R. A. Dwivedi, A Critical Survey of Hindi Literature (Bénarès, 1966). / S. M. Somasundaram Pillai, A History of Tamil Literature (Annamalainagar, 1968). / S. D. Vedalankar, The Development of Hindi Prose Literature in the Early 19th Century (Illāhābād, 1969).


La musique de l’Inde

La musique indienne est une musique d’improvisation savante, qui élabore une idée, dépeint un sentiment, crée un état d’âme chez l’auditeur.

« Chaque exécution est une création nouvelle à l’intérieur d’un cadre sévère de règles complexes et inflexibles. Seul le cadre se transmet, de sorte que le poids des grandes réalisations du passé ne paralyse jamais le créateur d’aujourd’hui. » (Alain Daniélou.)


Histoire

Les Purāṇa, anciennes chroniques historiques et mythologiques, décrivent Śiva enseignant la musique et la danse six mille ans avant notre ère.

Vers le IIIe millénaire, les Aryens védiques s’installent au nord de l’Inde, amenant avec eux une musique profondément différente de la musique autochtone, śivaïte. La littérature védique a un caractère sacré, notamment les quatre recueils du Gandharva Veda : le Rigveda (récitation), le Sāmaveda (mélodie), le Yajurveda (formules sacrificielles), l’Atharvaveda (sentiments).

Le soin apporté à la transmission des textes védiques et de leur psalmodie est lié à une croyance : toute erreur dans la récitation des textes aurait des conséquences désastreuses pour l’ordre de l’univers.

De cette époque date une des plus anciennes compilations de textes théoriques : le Nātya Śāstra, attribué au sage Bhārata, qui donnera son nom au système de la musique classique.

Pendant le Moyen Âge indien, les théoriciens établissent une classification des différentes cultures musicales (systèmes de Śiva, Bhārata, Soma, Hanumant).

De l’époque musulmane date la séparation de la musique en deux courants : musique du Nord hindoustāni, de tradition aryenne, et musique du Sud carnatic. C’est également à cette époque que naissent les écoles et les dynasties de musiciens virtuoses.

Pendant l’ère britannique, la musique se réfugie dans les cours des petits rājā indépendants. Là, les femmes retrouvent leur rôle important (en particulier en tant que chanteuses), rôle qui leur avait été retiré sous le règne des empereurs musulmans.