Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
I

imprimerie (suite)

L’impression de livres et d’images ne se monte plus qu’à 12 p. 100 environ du chiffre d’affaires global, car la concurrence étrangère est vive en ce domaine. Celle de périodiques est plus importante (plus de 20 p. 100), comprenant les hebdomadaires, les bimensuels, les mensuels, les bimestriels, les trimestriels et les semestriels, les magazines et les revues d’information générale ou spécialisée à diffusion nationale, les publications locales ou régionales à diffusion limitée.

Les imprimés publicitaires groupent : les affiches, y compris celles de propagande ; les catalogues et les brochures, qui exigent en général un degré élevé d’élaboration technique ; les encarts, qui comportent généralement un graphisme publicitaire au recto et un texte au verso, que l’on adresse par la poste ou qui sont encartés dans une revue ; les dépliants et les prospectus. Les emballages peuvent être en carton ou en papier ; ceux qui sont réalisés en un autre matériau sont le plus souvent imprimés par des spécialistes. Les habillages sont des imprimés sur papier (étiquettes et collerettes notamment), de petites dimensions, apposés sur des boîtes, des bouteilles, etc. L’appellation travaux de ville ne s’applique plus qu’aux imprimés composés à la demande de particuliers : cartes de visite, faire-part, etc., qui n’entrent que pour moins de 0,5 p. 100 dans le chiffre d’affaires global. Les imprimés comptables (documents de comptabilité financière ou industrielle, relevés de production) sont utilisés à l’intérieur de l’entreprise, et les imprimés commerciaux (lettres, factures, bordereaux, etc.), à l’extérieur de l’entreprise. Une branche nouvelle, en fort développement d’ailleurs, est celle des imprimés en continu (formulaires, liasses, cartes statistiques, tickets), dont la fabrication exige un matériel spécial et dont la consommation augmente à mesure que la mécanisation et l’automatisation pénètrent dans les travaux d’administration et de gestion. Les imprimés administratifs (notices, circulaires, polices, cartes d’identité, etc.) ont pour objet d’établir des liens juridiques entre des personnes et des organismes. Les imprimés techniques (notices d’emploi, plans, catalogués) décrivent un processus technique ou dressent un inventaire. Les imprimés spéciaux groupent cartes à jouer, partitions musicales, tandis que les imprimés de papeterie réunissent agendas, cahiers, reliures. Les imprimés fiduciaires englobent titres, actions et obligations, chèques, etc.

Travaux de ville, administratifs, de commerce, titres et bulletins de vote mis à part, les imprimés de toute nature sont soumis au dépôt légal, suivant la loi du 21 juin 1943 et le décret de la même date. L’imprimeur ou le dernier façonnier qui a eu l’ouvrage en main avant la livraison à l’éditeur doit adresser dès l’achèvement du travail trois exemplaires datés et signés au lieu de dépôt ; à Paris, ce lieu de dépôt est la Bibliothèque nationale. L’imprimeur doit faire figurer sur les travaux soumis au dépôt légal les mentions constituant le nom d’imprimeur, ou grébiche : nom de l’imprimeur ou du producteur et lieu de sa résidence, mois et millésime de l’année de création ou d’édition, les mots Dépôt légal, suivis de l’indication du trimestre et le numéro d’ordre de la série des travaux chez l’imprimeur ou chez l’éditeur.


Évolution

Les imprimeurs du xviie s. faisaient partie, en compagnie des auteurs et des libraires, de ce qu’on appelait alors la « République des lettres ». Ils étaient les seuls fournisseurs de l’unique information imprimée et n’avaient pas de concurrents directs. Aujourd’hui, ils ne sont plus les seuls fournisseurs d’informations pour l’Industrie de la connaissance, en pleine expansion ; à côté de l’information imprimée existent l’audio-visuel, le microfilm, la bande magnétique, la mémoire d’ordinateur. La publicité télévisée entre en concurrence avec la publicité imprimée, le microfilm avec le livre, la vidéocassette avec le périodique d’information.

Un des aspects de l’évolution de l’imprimerie est l’apparition de matériel léger de reproduction et d’impression, techniquement très raffiné et d’un emploi très simple, qui trouve sa place parmi le matériel de bureau et grâce auquel le client de l’imprimeur de métier peut lui-même produire certains imprimés. L’imprimerie de la eur est soumise à la concurrence de la reprographie, dont le développement est spectaculaire et qu’on peut, à juste titre, considérer comme une branche des industries graphiques. Il existait déjà depuis longtemps des imprimeries administratives des collectivités, dont la plus importante est l’Imprimerie nationale, et des entreprises publiques ; sont venues s’y ajouter les imprimeries intégrées des entreprises privées, en nombre sans cesse croissant. Mis à part celui, discutable, de l’économie, les avantages des imprimeries intégrées sont la rapidité et le secret ; un rapport confidentiel peut être imprimé du jour au lendemain à quelques centaines d’exemplaires. Mais l’imprimeur de métier conserve l’avantage de la qualité et celui de la diversité des services qu’il peut rendre ; il peut répondre à la demande d’impressions en couleurs, faire de longs tirages. Un nouveau type d’imprimerie est l’imprimerie instantanée, petite entreprise bien située, possédant un matériel très moderne et où le client pressé voit sa commande exécutée très rapidement.

Un trait commun à tous les types d’imprimerie, mis à part les imprimeries artistiques, où subsiste la tradition du beau travail manuel, est la pénétration de l’automatisation et de la rationalisation. Certes, dans le passé, les arts graphiques ont fait d’énormes progrès, mais tous étaient à la portée du maître imprimeur et de ses ouvriers. Les progrès techniques étaient incorporés à l’équipement, aux matériaux, dont l’emploi était plus ou moins laissé à la discrétion de l’utilisateur, qui possédait des connaissances pratiques de base suffisantes. Les appareillages électroniques transforment l’exécutant en programmateur. Les systèmes de production, ensembles cohérents de méthodes et de machines, exigent des connaissances de base plus étendues. L’homogénéisation de techniques autrefois diversifiées demande des connaissances polyvalentes. La formation professionnelle des jeunes imprimeurs évolue dans un double sens : d’une part, approfondissement des connaissances théoriques de base ; d’autre part, polyvalence des possibilités. De son côté, la direction des imprimeries obéit de plus en plus aux principes de l’organisation moderne : préparation poussée du travail, rationalisation des méthodes, contrôle de qualité et contrôle de gestion, formation permanente et recyclage. L’appellation arts graphiques s’applique encore aux imprimeries artistiques artisanales, celle d’industries graphiques convient mieux à l’ensemble de la profession.