Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
I

impression (suite)

L’évolution des besoins d’impression d’images très détaillées sur des papiers très blancs et très lisses a conduit à mettre au point différentes sortes de papiers et cartons couchés, c’est-à-dire ayant reçu sur une face ou sur les deux une couche de produits minéraux (kaolin, blanc de baryte, etc.) en suspension dans une solution ou émulsion aqueuse d’un liant (caséine, résine synthétique, etc.). Le couché classique reçoit cette couche, en épaisseur relativement forte, lors d’un traitement ultérieur en dehors de la machine à papier ; le couché machine la reçoit, en épaisseur moindre, directement dans la machine à papier. On trouve des couchés brillants, très lisses, des couchés mats, sur lesquels des encres brillantes ont un excellent aspect, et des couchés haut-brillants, utilisés surtout pour des couvertures et des imprimés publicitaires. Des papiers gaufrés ou grainés s’impriment très bien en offset. Quant aux papiers de luxe, en pâte de chiffons, dits « pur fil », et qui ont une appellation d’origine (Rives, Arches, Hollande, etc.), ils servent pour des éditions restreintes de bibliophilie et pour les exemplaires numérotés d’un tirage d’édition.

L’unité de comptage du papier découpé en feuilles est la rame de 500 feuilles, divisée en mains de 25 feuilles. Le poids, exprimé autrefois en kilogrammes à la rame, l’est surtout, maintenant, en grammes au mètre carré ; l’épaisseur d’un papier courant est de l’ordre de 0,08 à 0,10 mm. Les forces les plus courantes vont de 52 à 72 g/m2 ; en dessous, on a les papiers minces ; en dessus, les papiers forts, puis, à partir de 200 g/m2, les cartes et les cartons. Les bristols sont des cartons légers, les véritables cartons étant constitués par plusieurs couches.

Matériaux les plus couramment employés comme supports d’impression, papiers et cartons sont loin d’être les seuls. Eux-mêmes se diversifient de plus en plus. Leurs produits de couchage contiennent des résines et des latex qui leur confèrent des propriétés différentes de celles du papier brut. Il existe des papiers plastifiés, mélanges de fibres végétales conventionnelles et de fibres synthétiques du type polyamide, et des papiers plastiques entièrement à base de fibres synthétiques, fabriqués en particulier à partir de sous-produits du pétrole. L’impression sur étoffes est au moins aussi vieille que celle qui est réalisée sur papier. L’impression sur fer-blanc remonte à plus d’un siècle. L’impression sur pellicules cellulosiques et sur plastiques se développe en même temps que l’industrie de l’emballage. Bien d’autres supports sont utilisés, depuis le parchemin et le cuir jusqu’au bois et au verre. Leur impression pose un problème de choix du procédé et un problème d’adaptation des encres. On peut préparer la surface à imprimer par un traitement ou un couchage qui la rend réceptive, formuler des encres compatibles avec le support (avec le plastifiant du plastique) et séchant d’une façon spéciale, protéger l’imprimé par un vernissage ultérieur ou faire l’impression au verso du plastique transparent qui protégera lui-même son impression.


Encres d’imprimerie

L’imprimeur des siècles passés fabriquait lui-même ses encres suivant des rites considérés comme des secrets, avec des vernis — qu’il obtenait en faisant cuire des huiles de lin ou de noix — et des pigments, du noir de fumée, des ocres, des sels de manganèse. En 1818, Pierre Lorilleux, pressier à l’Imprimerie nationale, installa la première fabrique d’encres et vendit ses produits aux autres imprimeurs.

Les encres d’imprimerie ont des formulations répondant aux exigences que posent la diversité des supports d’impression, les types de presses à imprimer et leur vitesse. Elles se composent, d’une part, d’un colorant, ou pigment, le même que celui des peintures, mais plus finement broyé : noir de fumée pour les encres noires, pigments organiques et plus rarement minéraux pour les encres de couleur ; d’autre part, d’un liant, ou vernis, qui assure le transfert ainsi que la fixation du colorant sur le support et auquel s’ajoute souvent un solvant dont le rôle est de donner à l’ensemble la fluidité nécessaire. La typographie et l’offset emploient des encres grasses dans lesquelles le liant joue un rôle primordial :
— encres journal, relativement liquides, à base d’huiles minérales lourdes ;
— noir labeur, pour impression de texte, et noir vignette, pour impression d’illustrations, à base d’huiles végétales cuites et de résines synthétiques ;
— encres de couleur classiques, où le noir de carbone est remplacé par un pigment coloré ;
— encres à séchage rapide et encres brillantes, pour machines à grande vitesse et impression de couleurs en superposition, ayant un liant composite formé par des résines synthétiques de propriétés physiques et chimiques soigneusement équilibrées.

Les encres pour héliogravure et flexographie sont très liquides et contiennent beaucoup de solvant.

Au contraire, les encres ou peintures pour sérigraphie sont de véritables pâtes.

Le problème du séchage des encres est primordial pour leur emploi, et donc pour leur fabrication. Du point de vue de l’imprimeur, les encres sèchent en deux temps :
— d’abord la prise, sorte de semi-solidification, grâce à laquelle l’encre ne se décalque plus, ne macule plus, les feuilles pouvant être manipulées et imprimées de nouveau ;
— ensuite la solidification, durcissement du film d’encre imprimé qui résiste alors à des sollicitations même brutales.

La façon dont l’encre pénètre sélectivement dans un support perméable, tel que le papier, ou s’accroche à la surface d’un support imperméable, métal, plastique, a une importance primordiale, et l’imprimabilité du support, fonction des relations support - encre - presse à imprimer, est déterminante pour son choix. Les encres d’imprimerie sèchent de diverses façons : pénétration dans le support pour les encres journal, évaporation du solvant pour les encres de flexographie et d’héliogravure, oxydation du liant par l’oxygène de l’air, oxydation accélérée par la présence de siccatifs pour les encres ordinaires typo et offset. Les encres modernes combinent ces possibilités. Une récente famille est celle des encres catalytiques ; sous l’action de la chaleur, ou sous l’action de radiations ultraviolettes, un catalyseur déclenche la réaction de solidification sans dégagement de solvant et sans émission de sous-produits gazeux, donc sans pollution. On a aussi essayé des encres séchant sous l’action de l’humidité, qui fait précipiter des résines, et même par surimpression d’une cire qui absorbe le liant.