Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
I

impression (suite)

• Sur les formes en relief, les parties qui ne doivent pas imprimer sont supprimées ou creusées : c’est le cas des caractères d’imprimerie, des bois gravés, des clichés typographiques. Les éléments imprimants sont tous à la même hauteur et enduits d’une mince couche d’encre d’épaisseur uniforme. Le procédé manuel classique est la gravure sur bois ; le procédé « industriel », l’impression typographique, ou typo tout court, dont la flexographie est une variante. Pendant des siècles, impression était synonyme de « reproduction de textes en typographie ». Le plus souvent, les images étaient imprimées à part, et même par un autre procédé : gravure en creux, puis, à partir du début du xixe s., lithographie ; pour cette raison, on les appelait des planches, et cette appellation subsiste encore.

• Les parties imprimantes des formes en creux sont gravées par enlèvement à l’outil ou par morsure à l’acide ; on les remplit d’encre, qui se déposera sur le papier en épaisseur variable selon leur profondeur. Les procédés manuels de cette famille sont connus sous le nom générique de taille-douce ; il existe une taille-douce mécanisée, industrialisée. Le procédé industriel est l’héliogravure, en abrégé hélio.

• Sur les formes planographiques, parties imprimantes et parties non imprimantes sont au même niveau ; un traitement spécial fait que l’encre est acceptée par les unes, repoussée par les autres. Le procédé classique est la lithographie, où la différenciation repose sur l’antagonisme entre l’eau et les corps gras. L’offset, procédé industriel, dérive directement de la lithographie. La phototypie fait également partie de cette famille.

• Le type des formes perméables ou poreuses est le tissu de soie ou le fin tamis métallique de la sérigraphie, dont les mailles laissent passer l’encre.

• À part l’offset, ces procédés impriment directement, c’est-à-dire que les formes décalquent leur encre sur le papier. Ils peuvent aussi imprimer indirectement, en faisant un premier décalque sur un support intermédiaire, généralement un cylindre garni de caoutchouc, lequel à son tour décalque l’encre sur le support à imprimer, ce qui permet d’imprimer sur des supports rugueux — tels que certains papiers, durs comme le fer-blanc — et de forme quelconque comme des bouteilles ou des cendriers. C’est l’impression-transfert, ou impression offset. En pratique, le terme offset (qui en anglais signifie « décalque ») s’entend surtout pour l’impression à partir de formes plano-graphiques, qui est en fait de la lithographie-offset. Mais il existe aussi un procédé typo-offset, auquel on donne le nom de letterset (terme anglais forgé à partir de letterpress et offset), ainsi que la taille-douce-transfert, l’hélio-offset, la sérigraphie-transfert. Le prototype de l’impression sans contact est la xérographie, où l’encre, qui peut être un simple colorant en poudre, passe de la forme d’impression au support à imprimer sous l’action de forces électrostatiques. En elle-même, la xérographie constitue un procédé d’impression. Mais le principe du transfert électrostatique s’applique aussi à partir de formes en creux et de formes perméables ; on a de l’hélio ou de la sérigraphie électrostatique. Une autre forme d’impression sans contact projette sur le papier de fines gouttelettes d’encre, dirigées de la même façon que l’est le rayon cathodique dans un tube de télévision. On envisage aussi de diriger des radiations pour révéler des propriétés latentes du papier et obtenir des images imprimées.

Chacun des procédés a ses emplois préférentiels, son expression personnelle : netteté classique de la typographie, vigueur des couleurs de l’héliogravure, modelé de l’offset. L’imprimeur aide ses clients à utiliser au mieux la grande diversité des possibilités en fonction de l’aspect de l’imprimé, de l’intérêt visuel qu’il doit susciter, de l’importance de sa diffusion.


Confection des formes d’impression

Les formes comprennent du texte et des illustrations. Les textes sont obtenus par la composition : dans l’ordre chronologique, composition manuelle, mécanique, photographique, systèmes de composition automatique, qui coexistent, car chaque méthode répond à des besoins particuliers différenciés. Jusqu’au milieu du siècle dernier, les illustrations étaient faites manuellement : gravure en relief à l’outil, gravure en creux à l’outil ou à l’acide, dessin lithographique. Les applications de la photographie et de la photomécanique, copie sur métal d’images photographiques, ont entraîné l’essor progressif de la photogravure, qui a été à l’origine de la rapide évolution des arts graphiques. C’est grâce à elle qu’il a été possible de reproduire le modelé des originaux, tout le dégradé des tonalités allant du blanc au noir, au moyen de la trame : si l’on regarde un imprimé à la loupe, on constate que les tonalités sont rendues par la juxtaposition de petits points colorés sur fond blanc ou de petits points blancs sur fond coloré. La photogravure fournit industriellement les clichés nécessaires aux impressions en noir ou en couleurs. Le groupement, l’assemblage des textes et des illustrations devant constituer ensemble une forme d’impression est le travail de montage, ou d’imposition*.


Impression en couleurs

Les livres imprimés par les premiers typographes ressemblent aux manuscrits des copistes. Comme eux, ils ont des initiales en couleurs. Dès son second ouvrage, le psautier de 1457, l’associé de Gutenberg, Peter Schöffer (v. 1425-1502), met des initiales en deux couleurs, obtenues par deux bois gravés s’encastrant l’un dans l’autre, qu’il encre séparément et assemble ensuite pour imprimer l’ensemble d’un seul coup de presse. Des méthodes analogues sont utilisées actuellement dans la technique d’impression en taille-douce dite « à la poupée », où l’artiste encre sa planche en plusieurs couleurs avec de petits tampons, et dans le procédé industriel Serge Beaune d’impression de taille-douce. De même, le procédé de coloriage à la main a conservé ses adeptes dans la variante légèrement mécanisée qui est le pochoir.