Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
H

hypertension artérielle (suite)

 C. Laroche, Comment traiter l’hypertension artérielle (Flammarion, 1955). / P. N. Deschamps, l’Hypertension artérielle (Heures de France, 1960). / J. C. Edwards, Management of Hypertensive Diseases (Saint Louis, Missouri, 1960). / W. M. Manger, Hormones and Hypertension (Springfield, Illinois, 1966). / J. Trémolières, Infarctus et hypertension (E. S. F., 1971).

hypnose

État particulier, voisin du sommeil et caractérisé par une inhibition partielle de la conscience et des contrôles volontaires.


Le terme d’hypnotisme a été créé par James Braid (1795-1860) de Manchester en 1843 pour désigner un procédé permettant de plonger un sujet réceptif dans un sommeil artificiel par des moyens divers, variant suivant les époques, les doctrines, les personnalités des hypnotiseurs.

Hypnose est un terme plus récent : l’hypnose s’oppose au sommeil naturel, dont le réveil peut être provoqué par toute stimulation suffisante ; le sujet hypnotisé ne doit, en effet, se réveiller que sur l’ordre de celui qui le dirige. Par ailleurs, léthargie signifie « sommeil dont on ne peut pas être tiré », et narcose « sommeil provoqué par l’administration de substances chimiques diverses ou de courants électriques spéciaux ». La narco-analyse est un procédé d’investigation psychologique utilisant les hypnotiques (généralement des barbituriques*), le sujet étant interrogé au moment du réveil (v. névrose).


Historique

Vers 1773, Franz Anton Mesmer (1734-1815) fait, sous le nom de magnétisme animal, de ce que nous appelons maintenant l’hypnotisme une méthode de traitement général de toutes les maladies, en pratiquant des « passes » et en utilisant le « baquet ». Le succès de ce « fluidisme » est immense, jusqu’en 1784. Le marquis A. M. J. de Puységur (1751-1825), élève dissident de Mesmer, admet que tout se ramène à la volonté, tout en soutenant, pratiquement seul, la doctrine du magnétisme animal, condamnée par les facultés. Il décrit le somnambulisme provoqué, dont, cinquante ans plus tard, Eugène Azam (1822-1899), de Bordeaux, montre qu’il s’accompagne d’anesthésie (et d’hyperesthésie, de catalepsie et de quelques autres phénomènes portant sur le sens musculaire et l’intelligence).

Vers 1882, J. M. Charcot (1825-1893) lève l’interdit officiel sur l’hypnotisme. Ses élèves, Paul Richer (1849-1933), Désiré Magloire Bourneville (1840-1909), Paul Regnard (1850-1927), vont développer la doctrine dite « de l’école de la Salpêtrière ». La controverse célèbre entre Charcot et Bernheim (1837-1919) reflète le renouveau d’intérêt qui rajeunit l’hypnotisme, bien altéré malgré les deux années de cours public de magnétisme de l’abbé de Faria (v. 1756-1819), Portugais de Goa, et les travaux de J. P. F. Deleuze (1753-1835), de Henri-Marie Husson (1772-?), de Frédéric Dubois (1799-1873), juste avant le « braidisme ». L’école de Nancy — Ambroise Auguste Liébeault (1823-1904), Bernheim, Henri Étienne Beaunis (1830-1921) — prend une grande influence à partir de 1884. Contrairement à la conception Charcot, elle ne considère pas l’hypnotisme comme étant d’origine pathologique : à sa base se trouve la suggestion, donc un facteur psychologique pur. Hypnotisable ne signifie plus « hystérique » ; tout le monde peut être influencé, mais plus ou moins. L’intérêt thérapeutique est d’autant plus grand que l’influence peut exister encore après le réveil (suggestion posthypnotique). C’est là peut-être ce qu’il en reste de plus positif encore aujourd’hui. Mais, à l’époque, l’école de la Salpêtrière, surtout avec Alfred Binet (1857-1911) et Charles Samson Féré (1852-1907), remet au goût du jour le magnétisme animal.

À partir de 1900, l’hypnotisme intéresse de moins en moins. Ses défenseurs luttent les uns contre les autres et changent trop vite d’opinion. Pierre Janet* (1859-1947) empêche solitairement le déclin absolu de l’hypnose en France jusqu’en 1926. Les autres continuent à enseigner un hypnotisme accommodé au goût du jour, c’est-à-dire associé à une psychothérapie hypnotique suggestive. D’autres encore essayent de prouver, comme Charles R. Richet (1850-1935) et Cesare Lombroso (1835-1909), la réalité « scientifique » de phénomènes parapsychiques (transmission de pensée) : le mystérieux reprend la place qu’il avait abandonnée. En revanche Janet, promoteur de la psychologie expérimentale, enseigne que l’hypnothérapie n’a pas grande valeur comme thérapeutique isolée, qu’elle n’a guère de vertus curatives, car elle est mal adaptée à l’étiologie si diverse des maladies. Par contre, il l’applique avec succès à certaines affections fonctionnelles et soutient qu’il ne faut pas l’abandonner sous prétexte qu’elle est un traitement symptomatique. Le subconscient tient une grande place dans son livre l’Automatisme psychologique (1889). La psychanalyse et l’hypno-analyse se trouvent en germe dans ses idées. Mais celles-ci n’ont pas le retentissement de celles, comparables, de Freud.

Toutes ces voies parallèles sur lesquelles a cheminé la pensée hypnotique aboutissent à une certaine confusion. Même au IIe Congrès international de l’hypnotisme expérimental de 1965, on retrouve une dualité des idées, le dilemme psychologisme-fluidisme ayant dominé trop longtemps l’histoire de l’hypnotisme.

J. V.


L’hypnose en thérapeutique psychiatrique

L’hypnose thérapeutique est provoquée artificiellement et, de ce fait, est très différente du sommeil normal. C’est une sorte d’engourdissement de la conscience qui permet une certaine forme d’attention et une conservation relative des perceptions sensorielles. Le sujet en état d’hypnose garde un contact avec son interlocuteur. Il peut effectuer certains gestes, marcher, parler, accomplir des actes automatiques. En règle générale, l’hypnotisé se montre docile vis-à-vis de son hypnotiseur. Il répond à ses questions, obéit à ses suggestions et exécute certains ordres. En fait, cette soumission n’est pas absolue comme on le croit habituellement, et l’on ne fait pas faire n’importe quoi à un hypnotisé. Celui-ci peut parfaitement résister à des conseils qui heurtent trop profondément ses tendances, ses sentiments ou ses convictions morales.

Tous les individus ne sont pas également sensibles à l’hypnose. Certains résistent à la suggestion et ne parviennent pas à atteindre cette sorte d’engourdissement de la conscience que comporte tout état d’hypnose.

Sur le plan pratique, les moyens utilisés pour hypnotiser un sujet sont les suivants : prise directe du regard, fixation d’un point brillant, compression des globes oculaires avec mouvements respiratoires profonds, création d’un climat spécial autour du patient avec des moyens audiovisuels variés.