Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
H

hypertension artérielle (suite)

Le rétrécissement de l’isthme aortique

Encore dénommé « coarctation aortique », il détermine une hypertension de la partie supérieure du corps qui constitue une réponse de l’organisme à la mauvaise irrigation de la moitié inférieure du corps (v. aorte).


L’hypertension artérielle essentielle

Elle n’a pas de cause évidente : elle est encore fréquente (60 p. 100 environ de toutes les hypertensions), et son diagnostic est un « constat d’échec » lorsqu’on a éliminé les causes précédentes.


Les complications de l’hypertension artérielle


Les complications neurologiques

• Les manifestations transitoires. Elles peuvent entraîner une amaurose (c’est-à-dire une cécité subite et passagère), une hémiplégie*, une aphasie*, enfin parfois une perte de connaissance.

Ces troubles transitoires annoncent souvent des accidents sévères, et notamment les hémorragies.

• Les accidents hémorragiques. L’hémorragie cérébrale est la complication majeure de l’hypertension artérielle. Son début est très souvent brutal, marqué par une perte de connaissance brusque avec coma. C’est l’« attaque », ou ictus apoplectique, accompagnée d’une hémiplégie. L’évolution est sévère, souvent mortelle, quoique les régressions avec séquelles soient possibles.

Les ramollissements cérébraux par thrombose artérielle sont fréquents chez l’hypertendu ; ils peuvent causer des hémiplégies classiquement moins sévères que celles des hémorragies cérébrales.

Les hypertensions artérielles peuvent être aussi à l’origine de convulsions par œdème cérébral.


Les complications cardiaques

L’hypertension artérielle peut provoquer une insuffisance ventriculaire, dont l’accident majeur est l’œdème aigu au poumon. À la longue s’installe une insuffisance cardiaque globale, ou grande asystolie.

Par ailleurs, l’hypertension est un facteur de risque de l’athérosclérose coronaire, pouvant déboucher sur l’angine de poitrine et l’infarctus* myocardique.


Les complications rénales

Les lésions rénales causées par l’hypertension artérielle entraînent une insuffisance rénale avec élévation du taux de l’urée sanguine et parfois coma urémique terminal.


Traitement de l’hypertension


Traitement de la cause

• Traitement des hypertensions d’origine rénale. La néphrite après angine comporte un traitement non pas spécifique, mais symptomatique ; il est sage de supprimer le foyer infectieux amygdalien (ablation des amygdales).

Les infections urinaires nécessitent un traitement énergique par les anti-infectieux urinaires ou par les antibiotiques. Si l’infection est unilatérale, l’ablation du rein malade entraîne souvent la guérison totale de l’hypertension artérielle. En cas de calcul urinaire, le traitement est double : médical (cure de diurèse surtout) et chirurgical (ablation du ou des calculs). La tuberculose rénale justifie le traitement médical spécifique, complété parfois de l’ablation du rein malade.

• Traitement des hypertensions d’origine surrénalienne. Il fait appel à une chirurgie, délicate le plus souvent, comme c’est le cas pour le phéochromocytome. Les résultats sont souvent spectaculaires. Le rétrécissement de l’isthme aortique relève d’une intervention chirurgicale visant à rétablir une circulation normale entre l’amont et l’aval de la lésion.


Traitement symptomatique

• Traitement médical. Le mode de vie joue un rôle non négligeable. Il faut conseiller une vie calme à l’abri des « stress » (des contraintes psychiques).

Il est capital de suivre un régime pauvre en sel (diminuer, voire supprimer les charcuteries, les laitages, les boissons gazeuses). On a recours aux diurétiques*, qui, en augmentant l’élimination urinaire du sodium (sel), entraînent une élimination importante d’eau et font baisser la tension.

Par ailleurs, il existe de nombreux médicaments ayant pour objet de faire diminuer les chiffres de pression artérielle : ce sont les hypotenseurs, dont les plus connus sont les dérivés du Rauwolfia serpentina, les ganglioplégiques, l’alpha-méthyl-dopa. Les cures thermales sous surveillance médicale peuvent être recommandées, notamment à Royat et à Bains-les-Bains.

• Traitement chirurgical. Deux types d’interventions, le plus souvent associées du reste, sont efficaces :
— la sympathectomie dorso-lombaire avec splanchnicectomie (ablation du nerf sympathique et splanchnique), intervention qui détermine une vasodilatation artérielle et fait ainsi tomber la tension artérielle à un chiffre qui restera bas ;
— la surrénalectomie subtotale, qui supprime toutes les hormones surrénaliennes, facteurs d’hypertension artérielle.

Le traitement symptomatique est réservé aux hypertensions sans cause décelable, à celles dont la cause est peu ou pas accessible à une cure radicale : c’est dire que, dans de nombreux cas, on doit se résigner à pallier les effets de l’hypertension. Il faut souligner que la chirurgie de cette maladie est exceptionnelle et réservée aux échecs du traitement médical.

L’hypotension artérielle

C’est le phénomène inverse de l’hypertension artérielle, c’est-à-dire la baisse des chiffres de la pression artérielle au-dessous de la normale.

Lorsqu’elle est brutale et importante (au-dessous de 7 cm de mercure pour la maximale), il s’agit d’un collapsus : c’est la « chute de tension » des hémorragies, de l’état de choc, des grandes brûlures, des accouchements. Lorsqu’elle est modérée, elle est peu gênante, de bon pronostic : elle relève d’insuffisance surrénale, d’autres affections endocrines et de varices des membres inférieurs (gênant le retour du sang au cœur).

On doit insister sur une forme particulièrement fréquente : l’hypotension orthostatique, où la baisse tensionnelle est provoquée par la station ou le passage en position debout.

Elle peut être soit primitive (vieillard par exemple), soit secondaire à des varices des membres inférieurs ou à l’absorption de drogues (antidépresseurs, hypotenseurs).

On la rencontre encore dans les suites d’intervention chirurgicale ou d’accouchement ainsi qu’après les maladies infectieuses.

Ces hypotensions orthostatiques réagissent à l’administration des dérivés de l’ergot* de seigle.

J.-L. S.