Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
H

hygrométrie

Mesure de l’humidité relative de l’air atmosphérique.


On la caractérise par l’état hygrométrique de l’air e = f/F, rapport de la pression partielle f de la vapeur d’eau dans l’air à la pression de vapeur saturante F de l’eau à la même température. L’état hygrométrique varie entre 0 et 1, car la pression partielle d’une vapeur dans un mélange gazeux ne peut, à chaque température, dépasser la pression de vapeur saturante du liquide dont cette vapeur est issue (v. vaporisation) ; m1 et M1 étant les masses de vapeur d’eau contenues dans 1 m3 d’air, respectivement d’état hygrométrique e et saturé à la même température, on a e = m1/M1, mais seulement de façon approchée, car la vapeur d’eau n’est pas un gaz parfait.


Mesure de l’état hygrométrique

• La méthode pondérale permet le calcul du rapport m1/M1. On calcule m1 en mesurant l’augmentation de masse de tubes contenant une substance desséchante et dans lesquels on fait passer un volume connu d’air ; M1 est donné par des tables, dites « de Regnault ». La méthode est précise, mais longue ; elle est seulement utilisée pour étalonner des hygromètres d’emploi plus commode.

• L’hygromètre d’Alluard, dit « à condensation », permet de déterminer le point de rosée de l’air humide, température t′ à laquelle on doit refroidir cet air pour voir apparaître une rosée, c’est-à-dire un début de condensation de son humidité. Un récipient en laiton R contient de l’éther et un thermomètre, ainsi qu’un dispositif de circulation d’air destiné, en activant l’évaporation de l’éther, à abaisser la température du récipient au-dessous de la température ambiante t. La face antérieure de R est dorée et polie ; elle est entourée d’une plaque de comparaison P d’aspect identique, mais non refroidie. Quand le point de rosée de l’air ambiant est atteint, R se couvre d’une buée bien visible ; on lit alors t′ sur le thermomètre de R. Une table fournit la valeur de F′, correspondant à t′, ainsi que celle de F, correspondant à t ; d’où, puisque F′ = f, e = F′/F. Les résultats fournis par cet hygromètre sont satisfaisants.

• Un psychromètre comporte deux thermomètres. Le réservoir de l’un est nu, l’autre est entouré d’une mousseline à laquelle est fixée une mèche qui trempe dans l’eau, laquelle monte par capillarité jusqu’au réservoir. L’évaporation de l’eau dans l’air ambiant refroidit la mousseline (comme elle refroidit l’eau d’un alcarazas), et l’indication t′ du thermomètre mouillé est inférieure à celle t du thermomètre sec. Le flux de chaleur emprunté au thermomètre mouillé par l’évaporation est, d’après la loi de Dalton* : Φ = A(F′ – f)/H. Lorsque t′ se maintient constant, le même flux de chaleur est transmis de l’extérieur vers le thermomètre. Comme il est, d’après la loi de Newton*, proportionnel à la différence t – t′, on a
f = F′ – BH(t – t′),
où H est la pression atmosphérique, et B une constante que l’on détermine par comparaison avec un hygromètre pondéral. L’emploi du psychromètre est commode, mais sa précision est médiocre.

• L’hygromètre à cheveu utilise le fait qu’un cheveu, dégraissé et soumis à une traction constante, s’allonge de 2,5 p. 100 quand l’état hygrométrique de l’air ambiant passe de 0 à 1 ; la sensibilité est accrue par amplification mécanique. La précision est médiocre, car le cheveu se dilate aussi, bien que plus faiblement, par élévation de la température ; la fidélité laisse également à désirer. Cet hygromètre est gradué par comparaison ; il se prête à l’enregistrement continu de l’état hygrométrique.

• Une indication grossière sur l’état hygrométrique est fournie par certains sels cristallisés (CoCl2), dont la couleur change avec l’état d’hydratation, lequel dépend de l’humidité de l’air ambiant.

La connaissance de l’état hygrométrique est utile en météorologie et dans l’industrie ; elle est un élément non négligeable du confort dans les habitations.

R. D.


Deux biographies


Émile Alluard,

physicien français (Orléans 1815 - Clermont-Ferrand 1908). Il inventa un hygromètre à condensation et fonda au puy de Dôme le premier observatoire météorologique de montagne.


Horace Bénédict de Saussure,

naturaliste et physicien suisse (Conches, près de Genève, 1740 - id. 1799). Il effectua une série de voyages botaniques et géologiques, notamment l’ascension du mont Blanc, découvrit de nombreux minéraux et créa divers appareils, dont l’hygromètre à cheveu. (V. aussi alpinisme.)

Hyksos

De l’égyptien Heka Khasout, « princes des déserts », nom que l’on donne, d’après l’historien Manéthon (iiie s. av. J.-C.), au peuple qui domine l’Égypte de 1670 à 1560 et à ses rois (XVe et XVIe dynasties pharaoniques).



Sources de l’histoire des Hyksos

Les Égyptiens ont peu parlé, après coup, de cette domination étrangère et se sont contentés de la peindre sous les couleurs les plus noires. Comme l’époque des Hyksos est incontestablement partie intégrante de la IIe période intermédiaire (v. 1770-1560), c’est-à-dire d’une phase de déclin économique, les monuments de ces rois étrangers, dont les inscriptions pourraient nous renseigner, sont peu nombreux. Restent les noms et titres royaux donnés par la multitude des scarabées « hyksos » ou « asiatiques », qui inaugurent dans ce domaine un décor de spirales, de rosaces ou d’entrelacs d’origine égyptienne.


Les origines des Hyksos

La grande majorité de leurs noms, quand ils ne sont pas empruntés à l’Égypte, indique une origine cananéenne (nom de la langue sémitique et de la civilisation qui dominent depuis les xixe-xviiie s. en Palestine et sur le littoral du couloir syrien). Les Hyksos sont des groupes guerriers, venus vraisemblablement de cette région pauvre et arriérée qu’est alors la Palestine, pour conquérir la riche vallée du Nil, où le pouvoir royal (XIIIe dynastie, v. 1770-1630) est alors très faible. Peut-être se sont-ils appuyés sur la masse d’esclaves amenée du couloir syrien en Égypte au cours du Moyen Empire (2052 - v. 1770). Leur spécialisation dans les activités guerrières explique la facilité de leur conquête, mais il est faux qu’ils aient triomphé grâce au char de guerre attelé de chevaux, qui ne devient courant en Asie comme en Afrique qu’au xvie s.