Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
H

horoscope (suite)

Une complication supplémentaire vient de l’utilisation, depuis la Première Guerre mondiale, de l’heure d’été, en avance de 60 minutes sur l’heure solaire. Une vérification est nécessaire pour les périodes estivales, les dates d’application de l’heure d’été n’étant pas toujours les mêmes dans les divers pays intéressés. En France, l’heure légale demeure en permanence au régime d’été depuis la fin de 1945.

• Temps sidéral et temps légal. Le mouvement diurne entraîne chaque méridien terrestre et lui fait accomplir un tour complet en 24 heures sidérales. Les heures sidérales à retenir n’ont pas tout à fait la dimension de celles qui sont indiquées par une horloge, lesquelles sont basées sur l’intervalle de temps séparant deux passages successifs du Soleil au même méridien. Comme la durée de ce jour solaire réel varie entre 23 h 59 mn 39 s et 24 h 00 mn 52 s, il a fallu recourir à la fiction d’un Soleil moyen effectuant les 360° de sa trajectoire apparente, d’un mouvement uniforme, en une année de 365,25 jours. L’heure légale solaire est alors la 24e partie d’un jour solaire moyen. Le jour sidéral est plus court que le jour solaire moyen de 3 mn 56 s.

Les éphémérides donnent chaque jour, à midi ou à minuit, dans une colonne intitulée TS, la différence cumulée existant entre le jour civil et le jour sidéral à partir du point vernal (0° du Bélier), pris pour origine des coordonnées. Cette valeur TS doit être corrigée en fonction de la rotation de la Terre intervenue entre l’heure origine (midi ou minuit) et l’heure du thème. On néglige habituellement une autre correction, théoriquement nécessaire, celle qui résulte de la longitude du lieu par rapport à celle de Greenwich : cette correction serait inférieure à la minute.

Si l’on divise en 360° le cercle de l’équateur céleste à partir du degré 0 du Bélier (point commun à l’écliptique et à l’équateur) et si l’on utilise cette graduation pour repérer les éléments du thème, les longitudes équatoriales ainsi obtenues se nomment ascensions droites. Or, l’ascension droite du milieu du ciel, exprimée en temps, n’est autre que le temps sidéral de naissance (TSN). Ce temps sidéral de naissance ou cette ascension droite du milieu du ciel, pour une latitude géographique donnée, est la variable d’entrée dans les tables de maisons. On constate que, pour un heure sidérale donnée, le milieu du ciel (MC) reste le même pour toutes les latitudes. La même remarque s’applique pour le fond du ciel (FC).

• Calcul des maisons à l’équateur et dans les lieux situés aux latitudes australes. Dans le cas particulier d’un lieu situé à la latitude 0° (équateur terrestre), le calcul des maisons se réduit à la détermination du milieu du ciel (MC). Toutes les maisons ayant une étendue angulaire de 30° à cette latitude, il suffira de tracer les cuspides avec un décalage de 30° à partir de la pointe de la Xe maison (MC). Pour les latitudes australes, on utilisera les tables établies pour les latitudes boréales, mais on ajoutera 12 heures au temps sidéral de naissance calculé. La valeur TSN + 12 heures est la variable d’entrée dans les tables, à la latitude N. correspondant à la latitude S. considérée. On obtiendra alors des cuspides auxquelles il faudra respectivement ajouter 180° pour construire le thème : AS deviendra DS, MC deviendra FC, etc.


Calcul d’exemple des maisons d’un thème

Calculons les maisons pour une naissance survenue à Rome (latitude géographique 42° N.) le 26 août 1880, à 5 heures du matin, heure locale. Les éphémérides (pour cette époque) ont pour heure origine midi. La date devient donc 25 août 1880, 17 heures. Le temps sidéral du jour à midi est
TS = 10 h 16 mn 30 s.
La correction de ce temps sidéral, en raison de la rotation de la Terre, est de 17 h 2 mn 47 s. Toutes réductions numériques effectuées, le temps sidéral de naissance TSN est
TSN = 3 h 19 mn 17 s.
Avec ce temps sidéral de naissance d’entrée, il faut choisir dans la table des maisons la page correspondant à la latitude de Rome, que l’on prendra égale à 43° avec une approximation suffisante.

Dans la colonne TS, on note les deux valeurs encadrant le temps sidéral de naissance calculé, ce qui donne :

Pour TSN = 3 h 19 mn 17 s, la proportionnalité conduit aux valeurs finales suivantes (en longitudes zodiacales) :
Xe maison : 52° 14′
XIe maison : 88°
XIIe maison : 121°
Ascendant : 148° 58′
IIe maison : 171° 17′
IIIe maison : 198° 44′
IVe maison : 232° 14′
Ve maison : 268°
VIe maison : 301°
VIIe maison : 328° 58′
VIIIe maison : 351° 17′
IXe maison : 18° 44′

Le sujet du thème (Guillaume Apollinaire) a donc son ascendant dans le signe du Lion à 28° 58′ de ce signe.


Calcul d’exemple des positions planétaires

Il faut entrer dans les éphémérides avec l’heure de Greenwich, donc soustraire de l’heure locale romaine la différence (50 mn), ce qui donne 16 h 10 mn. Entre les positions planétaires du 25 et celles du 26 août 1880, il faut calculer le pas de chaque planète en 24 heures afin de déterminer, par proportionnalité, l’avance ou le recul de l’astre par rapport à la position du 25 août midi (suivant que la marche est directe ou rétrograde). Dans l’exemple considéré, on trouve pour 16 h 10 mn les longitudes suivantes :
Soleil : 153° 16′ 28″ (Vierge)
Lune : 46° 26′ (Taureau)
Neptune : 44° 19′ (Taureau) rétrograde
Uranus : 159° (Vierge)
Saturne : 28° 45′ (Bélier) rétrograde
Jupiter : 19° 03′ (Bélier) rétrograde
Mars : 172° 48′ (Vierge)
Vénus : 165° 08′ (Vierge)
Mercure : 135° 23′ (Lion)


L’horoscope dans les thèmes annuels

Une méthode de prévision des événements de l’année consiste à calculer par les éphémérides, pour la date de l’anniversaire, l’heure de passage du Soleil à la longitude exacte qu’il occupait à la naissance. L’heure ainsi calculée est formulée en temps civil du méridien de Greenwich. On la traduit en heure locale pour le lieu de l’anniversaire. On calcule le temps sidéral de naissance comme pour une naissance, et ce chiffre conduit à déterminer les maisons. De même que, pour une naissance, on calcule les positions des planètes en fonction de l’heure du méridien de Greenwich du retour solaire. Il y a donc bien dans ce thème de révolution solaire un horoscope, c’est-à-dire une droite partant de la sphère locale et définissant sur le zodiaque un degré ascendant.

A. S.