Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
H

Hominiens (suite)

Le tableau suivant résume les diverses synonymies correspondant aux deux espèces, plus le nom de celui qui a décrit l’espèce, la date et le principal gisement.
Australopithecus africanus, R. Dart, 1924 ; Taungs
Plesianthropus transvaalensis, R. Broom, 1936 ; Sterkfontein
Australopithecus prometheus, R. Dart, 1948 ; Makapansgat
Meganthropus africanus, H. Weinert, 1950 ; Garusi
Homo habilis Leakey, P. V. Tobias et Napier, 1964 ; Oldoway.
Australopithecus robustus, R. Broom, 1938 ; Kromdraai
Meganthropus palæojavanicus, G. H. R. von Koenigswald, 1942 ; Sangiran (Java)
Paranthropus crassidens, R. Broom et J. T. Robinson, 1949 ; Swartkrans
Zinjanthropus boisei, L. S. B. Leakey, 1959 ; Oldoway
Paraustralopithecus æthiopicus, C. Arambourg et Y. Coppens, 1967 ; Omo.

• Industrie. Plusieurs gisements renferment des galets de pierre rendus tranchants par perte d’un éclat sur les deux faces ; ces galets taillés appartiennent à la pebble culture. Dans les niveaux supérieurs, la technique est améliorée : on y trouve des bifaces, des coups de poing.

Les os d’animaux (90 p. 100 d’Antilopes) sont aussi utilisés ; ils ne sont pas simplement brisés, mais éclatés, principalement les os longs, selon une technique qui permettait d’en faire des armes. Les Australopithèques pratiquaient certainement la chasse.


Genre Homo

Il comprend trois grands groupes, les Archanthropiens, les Paléanthropiens et les Néanthropiens ; les deux premiers sont exclusivement fossiles ; les Archanthropiens datent du début du Pléistocène moyen ; les Paléanthropiens existent du Pléistocène moyen au début du Pléistocène supérieur (Würmien ancien). Les Néanthropiens sont fossiles et actuels ; ils apparaissent dans la seconde moitié du Pléistocène (Würmien récent).

• Les Archanthropiens. Les Archanthropiens furent tout d’abord découverts en Extrême-Orient ; un premier crâne humain protoaustraloïde de Wadjack est trouvé à Java en 1889 ; Eugène Dubois y récolte ensuite un fragment de mandibule (1890), puis il découvre à Trinil (1891) une calotte crânienne et un fémur montrant des caractères humains ; il en fait l’Anthropithecus erectus, qui devient en 1894 le Pithecanthropus erectus. Les découvertes reprendront à Java en 1938 : crâne d’un enfant à Modjokerto (Homo modjokertensis) et de nouveaux crânes de Pithecanthropus. Des recherches plus récentes (1960, 1963, 1965) mettent au jour de nouvelles pièces (mandibules, crânes) à Java et dans la région de Sangiran ; au total, sept crânes de Pithécanthropes sont connus.

En Chine, l’Allemand Haberer remarque dans la pharmacopée chinoise une dent qui sera étudiée à Munich (1903) et qui beaucoup plus tard sera reconnue par Franz Weidenreich comme appartenant au Sinanthrope. À partir de 1921, d’autres dents sont découvertes à Zhoukoudian (Tcheou-k’eou-tien) [42 km au sud-ouest de Pékin], et, de 1928 à 1937, le même gisement fournira les restes de 45 individus. Davidson Black les nomme Sinanthropus pekinensis. Dès 1949, de nouvelles fouilles reprises à Zhoukoudian apportent plusieurs dents, une mandibule (1959). Une mandibule, un crâne et des dents découverts dans un autre gisement à Lantian (Lan-t’ien) [1959, 1963, 1964] sont décrits sous le nom de Sinanthropus lantianensis.

De l’Extrême-Orient, les découvertes passent à l’Afrique. Deux Français, Camille Arambourg et Robert Hoffstetter découvrent en 1954 à Ternifine (près de Mascara) trois mandibules, un pariétal, des dents décrits comme appartenant à Atlanthropus mauritanicus. Ces résultats permettaient de situer chronologiquement le Telanthropus capensis (R. Broom, 1949) provenant de Swartkrans et qui paraissait plus évolué que les Australopithèques.

Louis Seymour Bazett Leakey (1903-1972) trouvait (1960) en Afrique orientale, à Oldoway, des restes nommés Hominidé 9.

Les trop rares os trouvés en Israël (1959) ne permettent pas d’identification précise.

Jusqu’à présent, il est impossible d’affirmer que les Archanthropiens vécurent en Europe ; des fossiles humains (mandibule de Mauer, occipital et dents de Vértesszőllős en Hongrie), parfois rattachés aux Archanthropiens, sont vraisemblablement plus récents et appartiennent au groupe des Paléanthropiens.

Placés dans le genre Homo, les Archanthropiens diffèrent suffisamment de l’Homme actuel pour être rangés dans une espèce différente ; ils correspondent à Homo erectus, et une dénomination trinominale précisera les fossiles des divers gisements. L’espèce globale H. erectus se présente donc ainsi :
H. erectus erectus = Pithecanthropus erectus, E. Dubois, 1894.
H. erectus pekinensis = Sinanthropus pekinensis, D. Black, 1927.
H. erectus lantianensis = Sinanthropus lantianensis, Woo, 1964, 1966.
H. erectus mauritanicus = Atlanthropus mauritanicus, C. Arambourg et R. Hoffstetter, 1963.
H. erectus Leakeyi = Hominidé 9, Leakey, 1960.
H. erectus capensis = Telanthropus capensis, Broom, 1949.

Caractères physiques d’« Homo erectus ». La taille des Archanthropiens oscille entre 1,58 m, d’après les fémurs du Sinanthrope, et 1,78 m d’après ceux du Pithécanthrope. La morphologie des os des membres est très proche de celle des os humains.

Le crâne, allongé et surbaissé, présente deux épaississements osseux, le torus supra-orbitaire et le torus occipital ; les indices crâniens correspondent à la dolichocéphalie. Une carène sagittale se dessine nettement. L’épaisseur des parois crâniennes, de 10 à 11 mm en moyenne, augmente au niveau des superstructures et atteint de 12 à 23 mm.

La face, orthognathe dans la région supérieure, devient prognathe dans la région inférieure. Les orbites, vastes, sont séparées par la large racine des os nasaux. Les os des pommettes sont saillants. Le maxillaire inférieur, assez robuste, présente un dimorphisme sexuel ; sa face antérieure porte une légère saillie annonçant le menton. L’arcade dentaire dessine une parabole assez étroite et longue. La dentition est humaine ; les couronnes des prémolaires et molaires sont basses par rapport à leurs deux autres dimensions et à la longueur des racines, qui sont très développées. Le volume endocrânien mesure 850 à 950 cm3 en moyenne ; il est donc supérieur à celui des Australopithèques, mais il n’atteint pas celui de l’Homme actuel. Le lobe frontal, bien développé, diffère peu de celui de l’Homme actuel. Le trajet des vaisseaux méningés ressemble assez à celui du nôtre ; cependant, la branche temporale, nettement plus importante, constitue un caractère primitif. Le cortex cérébral se développe, mais son achèvement s’effectuera plus tardivement. Les fémurs sont longs et caractérisés par la rectitude de la région diaphysaire.