Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
G

Gymnospermes (suite)

Cordaïtophytes

Cet embranchement, fondé sur le genre Cordaites, exclusivement fossile, appartient à la flore de l’époque primaire. Certaines formes ont peut-être persisté dans le Secondaire. Ces plantes sont maintenant bien connues. Ce sont de grands arbres hauts de 30 à 40 m, élancés, portant une couronne de feuilles caractéristiques. Les feuilles sont coriaces, rubanées, à marges entières, longues de 25 à 60 cm, larges de 3 à 15 cm, à nervures parallèles renforcées par un fort tissu de soutien. Les stomates sont profondément enfoncés dans la feuille. Le bois secondaire (Cordaioxylon) est homoxylé, à structure araucarioïde, en connexion avec des moelles cloisonnées caractéristiques (Artisia).

Les inflorescences (Cordaianthus) sont unisexuées et portent des ovules (Cardiocarpus, Cycadinocarpus).

Les faisceaux nervuraires sont diploxyles, et le xylème centripète n’est pas représenté dans la tige, alors que, dans un genre plus primitif, Paroxyton, il est continu dans toute la longueur de la plante. On trouve dans le genre Mesoxylon une structure intermédiaire entre ces deux types extrêmes.


Ginkgophytes

Par Ginkgophytes, on désigne un groupe de végétaux surtout fossiles présentant une affinité avec l’actuel Ginkgo biloba, unique survivant du groupe.

Mettant à part certaines formes ginkgoïdes du Dévonien ou du Carbonifère (Platyphyllum, Ginkgophytopsis, Enigmophyton), placées dans l’ordre des Palaeophyllales, on peut affirmer que le groupe, dont les premiers représentants certains semblent dater du Permien, a eu un développement assez considérable à l’époque secondaire, comme le Phœnocopsis à vaste répartition, du Trias supérieur au Crétacé moyen.

Au Crétacé inférieur, le groupe atteint son apogée avec de nombreux genres : Culgoweria, Eretmophyllum et Pseudotorellia depuis le Jurassique, et des genres (Stephenophyllum, Woodwardia, Arctobaiera) qui ne se trouvent localisés que dans le Crétacé inférieur. Le groupe des Ginkgoales diminue rapidement au Tertiaire (genre Torellia du Paléocène-Éocène) et est restreint à une seule espèce dans la flore vivante. La morphologie foliaire se modifie considérablement au cours du temps.

Un genre ancien, Trichopitys, qui provient du Permien inférieur de Lodève, a des feuilles linéaires dichotomes formant des lanières étroites, puis le limbe semble devenir toujours plus abondant dans les formes plus récentes (Czekanoxskia, signalé du Rhétien au Crétacé inférieur ; Karkenia, du Crétacé inférieur).

Le genre Baiera, aux feuilles divisées en lobes très distincts et qui a peut-être un représentant dans le Permien, contient une vingtaine d’espèces du Rhétien au Crétacé inférieur. D’autres espèces aux feuilles plus entières, bien que datant du Permien (Saporta nervosa du Shanxi [Chan-si], Chine), sont assez proches du Ginkgo biloba actuel.


Coniférophytes fossiles

Les plus anciennes Coniférophytes fossiles datent du Stéphanien. Elles ont été l’objet d’une modification évolutive très nette qui a affecté aussi bien l’appareil végétatif que l’appareil reproducteur. Parallèlement à cette évolution morphologique, on peut noter également une évolution des exigences écologiques.

Les « Cèdres » du Crétacé avaient des cônes caducs (Cedrostrobus), alors que le Cedrus actuel perd ses écailles une à une. Cela montre une physiologie et une écologie différentes de celles des espèces actuelles. Une autre preuve de cette évolution se trouve également dans la présence très fréquente, dans les couches du Jurassique supérieur et du Crétacé inférieur, de bois fossiles aux structures généralisées, contenant à la fois des ponctuations abiétinéennes et des ponctuations araucariennes. Or, on sait que ces structures appartiennent à des groupes de Pinacées que le temps géologique a depuis longtemps séparés.


Évolution de la morphologie foliaire des Coniférophytes fossiles

Les Conifères du Stéphano-Permien et de l’époque secondaire montrent souvent, comme les espèces actuelles d’Araucariacées, des feuilles squamiformes fortement resserrées et plus ou moins imbriquées sur les tiges. Elles sont maintenant bien connues et sont définies également par leurs structures épidermiques sous les noms d’Ernestiodendron, Pagiophyllum, Brachyphyllum, etc.

En particulier, on a pu déterminer deux séries principales fondées sur la morphologie foliaire.

Ces deux séries sont les suivantes :
1o Buriandia heterophyllaCarpentieria frondosaLebachia laxifolia ;
2o Buriandia heterophyllaAgathis albaAraucaria sect. ColymbeaAraucaria sect. Eutacta.

On voit la situation importante occupée par le Buriandia du Conifère supérieur et du Permien inférieur de l’Inde et d’Amérique du Sud. Dans cette espèce au feuillage très polymorphe, la feuille très aplatie possède fréquemment un limbe abondant rejoignant les petites nervures issues de la triple dichotomie du faisceau unique pétiolaire. Dans certains cas, la nervation est plus simple avec seulement deux dichotomies ou même une seule dichotomie.

Dans cette première série, qui appartient à l’hémisphère Nord, le Carpentieria frondosa d’Europe centrale montre seulement deux dichotomies, et le Lebachia laxifolia a des feuilles avec une seule dichotomie et plus souvent une nervure simple. Le genre Lebachia est réparti en Europe et en Amérique du Nord.

Dans la deuxième série, qui appartient à l’hémisphère Sud, on observe une simplification plus grande du dispositif nervuraire de la feuille à la suite d’un « enfoncement » du système télomique primitif dans les tissus de la tige. En même temps, le nombre des dichotomies se réduit, et, du système à trois dichotomies, on passe au système trichotome et à la nervure simple.

Le genre Agathis existe encore dans l’Insulinde et le Queensland. Les Araucaria de la section Colymbea se trouvent en Amérique du Sud, alors que ceux de la section Eutacta existent encore en Australie et dans les îles voisines.