Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
G

gustation (suite)

La saveur sucrée appartient aux sucres et à certains alcools, mais avec des variations considérables d’une espèce animale à l’autre ou même d’un individu à l’autre. Les isomères stériques ont souvent des goûts différents. Certains sels (acétate de plomb) et des molécules organiques non glucidiques (saccharine) ont également un goût sucré. Les sucres ont souvent un arrière-goût amer qui montre la parenté de ces deux saveurs élémentaires.

La saveur amère appartient à des molécules organiques sans parenté structurale évidente. Les alcaloïdes (atropine, quinine, caféine, cocaïne, morphine, strychnine...) sont tous amers, mais l’amertume peut être masquée ou supprimée par adjonction de sucre.


Le mécanisme de la gustation

Comme pour l’olfaction, le mécanisme de la perception gustative est encore mal connu. On admet que le potentiel du récepteur a pour cause la dislocation de protéines réceptrices par les molécules gustatibles et l’entrée massive d’ions Na+. Pour expliquer la discrimination des « saveurs », on a longtemps postulé l’existence de quatre types de récepteurs distincts, un par saveur élémentaire. Chez l’Homme, en effet, la sensibilité gustative est maximale à la pointe de la langue pour les substances sucrées et salées, dans la région postérieure pour les substances amères et sur les zones marginales pour les substances acides et salées. Mais les enregistrements par micro-électrodes, effectués sur le nerf lingual, ont montré que chaque fibre nerveuse, qui innerve partiellement plusieurs bourgeons, répond à deux, trois ou quatre saveurs primaires, quoique avec des intensités différentes. La discrimination résulterait de la comparaison simultanée (sommation spatiale) des réponses des diverses fibres gustatives.

R. B.

 Y. Zottermann (sous la dir. de), Olfaction and Taste, t. I : Proceedings of the First International Symposium held at Stockholm (Oxford, 1963). / T. H. Hayashi (sous la dir. de), Olfaction and Taste, t. II : Proceedings of the Second International Symposium held in Tokyo (Oxford, 1967). / G. E. W. Wolstenholme et J. K. Churchill (sous la dir. de), Taste and Smell in Vertebrates. A Ciba Foundation Symposium (Londres, 1970).

Gustave Ier Vasa

(Lindholm 1496 - Stockholm 1560), roi de Suède (1523-1560).


Né dans une famille de gentilshommes d’Uppland, Gustave Eriksson Vasa est élevé à la Cour des administrateurs de la Suède d’alors, les Sture, qui gouvernèrent le pays de 1470 à 1520. Le dernier, Sten Svantesson Sture le Jeune, est tué dans une bataille livrée au roi de Danemark Christian II, qui, avec l’appui de l’archevêque d’Uppsala, Gustav Eriksson Trolle (1488-1535), s’empare du pays et se fait proclamer roi de Suède (1520).

Le massacre des opposants, appelé le bain de sang de Stockholm, soulève le pays contre lui. Parmi les victimes se trouve Erik Johansson Vasa, le père de Gustave. Ce dernier, alors prisonnier au Danemark, parvient à s’enfuir et, avec l’aide des bourgeois hanséatiques de Lübeck, il gagne son pays et s’emploie à soulever contre l’envahisseur les paysans de la Dalécarlie (1521). Avec eux, il assiège Stockholm et repousse l’armée de l’archevêque Trolle. Appuyé par les Lübeckois, il réussit à s’emparer de Stockholm et à chasser les Danois de Suède. Le 6 juin 1523, le Riksdag (les états) le proclame roi de Suède.

La Suède est alors un royaume dévasté par l’invasion étrangère : le pays, affaibli, semble à bout de forces. Il n’y a ni argent, ni armée, ni marine. Ce sera l’œuvre de Gustave Vasa de remettre la Suède en état, tâche aussi importante que l’héroïque libération du pays.

Réaliste et opportuniste, Gustave s’emploie à mener son entreprise de reconstruction à bonne fin. Il s’efforce d’abord de briser la puissance politique et économique de l’Église de Suède. Aidée par les théologiens Olaus Petri (Olof Petersson, 1493-1552) et Laurentius Andreae (Lars Andersson, v. 1470-1520), la doctrine de Luther se répand, et, insensiblement favorisé par le roi, un glissement s’effectue dans le pays du catholicisme au protestantisme.

Plus concrètement, Gustave ôte aux évêques tout pouvoir temporel ; il décrète la mainmise de l’État sur une partie des biens et des dîmes ecclésiastiques pour remédier à la situation des finances. Enfin, à l’assemblée des états à Västerås en 1527, il fait décider que les biens de l’Église reviendront à l’État, qu’une partie en sera affectée à l’entretien du clergé, que les évêques remettront au roi leurs châteaux forts et qu’ils seront désormais nommés et confirmés par le roi. C’est la rupture avec Rome, qui sera consommée au concile d’Örebro (1529).

Ces décisions ne vont pas sans résistances, en particulier celles de l’archevêque de Linköping, Hans Brask, et du représentant de la noblesse, Ture Jönsson, sénéchal de Vestrogothie. Pour les briser, le roi doit mettre son abdication dans la balance et en appeler au peuple. Il doit également lutter contre les forces de la Contre-Réforme, qui n’entendent pas laisser sans résistance la Suède échapper au catholicisme ; en 1524, l’amiral danois Sören Norby s’allie aux partisans des Sture, puis un soulèvement populaire éclate en Dalécarlie.

En 1532, l’ancien roi de Danemark Christian II, appuyé par son beau-père Charles Quint, essaie de reconquérir ses royaumes. L’ancien archevêque d’Uppsala, Gustav Trolle, profite du mécontentement des populations privées de leurs anciennes cérémonies religieuses pour fomenter des troubles en Dalécarlie : c’est la « révolte des cloches » (1532).

Gustave vient à bout de toutes ces rébellions et assied sa domination sur le pays. En 1544, il fait déclarer la couronne héréditaire dans sa famille. Le roi doit ensuite écarter de lui ses premiers soutiens, Laurentius Andreae et Olaus Petri ; il signifie par là sa volonté de reprendre en main la direction de l’Église nationale.

Sa politique étrangère est tout orientée vers l’affermissement de l’indépendance du pays. En 1534-1536, il soutient le roi du Danemark Christian III contre ses vieux alliés de Lübeck ; il y gagne la suppression des privilèges économiques des Hanséates en Suède. Ce conflit, appelé guerre du comte, marque le commencement de la décadence de la capitale de la Hanse.

À la fin de son règne, Gustave soutient aussi une guerre contre le tsar de Russie Ivan IV le Terrible, qui veut s’emparer de la Finlande et de la Livonie. Le roi suédois se rend en Finlande, fortifie ses frontières et, en 1559, conclut une trêve avec la Russie.