Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
G

Guadeloupe (suite)

Le commerce extérieur, dont les trois quarts se font avec la métropole, est de plus en plus déficitaire : le rapport exportations/importations est tombé de 44 p. 100 en 1965 à 32 p. 100 en 1969. La Guadeloupe devient ainsi de plus en plus dépendante de la métropole. On assiste cependant à une élévation du niveau de vie. Le VIe Plan, faisant porter l’effort sur la création d’emplois et les industries, tente de corriger cette évolution économique déséquilibrée.

J.-C. G.


La littérature

V. francophones (littératures).

 A. Lacour, Histoire de la Guadeloupe (Besson et Chantemerle, 1960). / G. Lasserre, la Guadeloupe, étude géographique (Union fr. d’impression, Bordeaux, 1962 ; 2 vol.).

Guardi (les)

Famille de peintres vénitiens.


Giovanni Antonio (Vienne 1699 - Venise 1760) et son frère Francesco (Venise 1712 - id. 1793) en sont les représentants les plus notoires. Leur carrière s’est déroulée entièrement en Vénétie, sinon à Venise, et ne semble pas leur avoir valu, de leur vivant, la réputation qui les entoure depuis le début de notre siècle. Il est admis que Francesco est le seul auteur des paysages vénitiens, ou vedute, qui ont rendu célèbre le nom de Guardi. En revanche, la paternité des tableaux à grandes figures reste matière à controverse.


Les Guardi, peintres de figures

Qu’ils soient d’Antonio, de Francesco ou des deux frères associés, les tableaux d’histoire des Guardi doivent leur originalité à l’exécution plutôt qu’à l’invention. On y remarque certes l’influence des maîtres du rococo vénitien — Sebastiano et Marco Ricci*, Giovanni Antonio Pellegrini (1675-1741) —, comme en témoignent les couleurs claires, les formes capricieuses ; une parenté artistique lie aussi les deux frères à d’autres peintres de l’Italie du Nord, au métier libre et brillant : Francesco Maffei (v. 1620-1660), de Vicence ; Giuseppe Bazzani (1690-1769), de Mantoue. Mais il y a chez les Guardi une touche particulièrement légère et frémissante qui réduit les formes à des taches de couleur. On en peut juger par quelques tableaux d’autels, peints pour des églises provinciales : une Vierge à l’Enfant entourée de saints à Vigo d’Anaunia (Trento), une Vierge du rosaire à Belvedere di Aquileia (Udine), etc. Encore plus séduisante, une suite de petits tableaux racontant l’Histoire de Tobie décore la tribune d’orgue de l’église de l’Angelo Raffaele, à Venise. Fantaisie et brio se retrouvent dans les peintures à sujets profanes, surtout celles qui illustrent avec une verve romanesque des épisodes de la Jérusalem délivrée (collections particulières à Londres, musée national de Copenhague, National Gallery de Washington). On connaît aussi des scènes de genre qui fixent des aspects de la vie vénitienne ; les plus célèbres sont le Ridotto (nom d’un établissement de jeu) et le Parloir des religieuses, l’une et l’autre peintes vers 1750 et conservées au musée vénitien de la Ca’ Rezzonico.


Francesco Guardi, peintre de « vedute »

C’est cependant aux vues de Venise et de la lagune que Francesco doit vraiment sa gloire. Dans ce genre fondé par Luca Carlevarijs au début du siècle, puis illustré par Canaletto*, qui lui fut longtemps préféré pour son exactitude minutieuse, il ne connut un certain succès qu’à la fin de sa carrière : et cela surtout grâce à l’Anglais John Strange, qui lui servit de courtier auprès de la clientèle britannique. Il est facile d’opposer l’un à l’autre les deux grands paysagistes vénitiens, bien que Guardi ait souvent emprunté le canevas de ses compositions à son rival. La perspective rigoureuse et la précision limpide de Canaletto, ordonnateur d’un spectacle immobile, font place chez Guardi, plus « peintre », à une vision sensible aux apparences les plus fugitives. Le dessin papillotant et la touche vibrante éludent les contours, brisent les formes pour les dissoudre dans une fête de couleurs qu’animent les jeux changeants de l’atmosphère et de l’éclairage. L’architecture compte souvent moins que le ciel, très vaste, et l’eau, parcourue de reflets. La vie est présente grâce à une multitude de petits personnages prestement campés, parfois par de simples touches de couleur. Ces vedute sont nombreuses et réparties entre maintes collections publiques ou privées d’Europe et des États-Unis. Parmi les plus belles, on retiendra les deux immenses vues du bassin Saint-Marc conservées à Waddesdon Manor, en Angleterre.

Le rôle des figures prend une importance particulière dans certaines suites de tableaux qui font revivre l’éclat des fêtes vénitiennes. On connaît surtout la série que F. Guardi a peinte à l’occasion de l’avènement du doge Alvise IV Mocenigo, élu en 1763, et qui se trouve partagée entre les musées du Louvre, de Toulouse, de Nantes, de Grenoble et de Bruxelles. D’autres tableaux, plus petits, font au contraire une moindre place aux figures. Il s’agit surtout de vues composites, ou « caprices », qui, cependant, expriment avec sincérité la poésie de la lagune.

Les dessins de Francesco Guardi, conservés notamment au Metropolitan Museum de New York, sont à la plume et au lavis d’encre de Chine comme la plupart des dessins vénitiens du xviiie s. Leur écriture enlevée traduit avec une sensibilité très personnelle les jeux de la lumière et la vie des personnages.

B. de M.

 G. Fiocco, Francesco Guardi (Florence, 1923). / M. Goering, Francesco Guardi (Vienne, 1944). / V. Moschini, Guardi (Milan, 1952).

Guarini (Guarino)

Architecte italien (Modène 1624 - Milan 1683).


Entré à quinze ans chez les théatins de Modène, sa ville natale, Guarini partit bientôt pour Rome étudier la théologie, la philosophie, les mathématiques et l’architecture : il y fut fortement influencé par les réalisations en cours de Borromini* pour les trinitaires et les philippins. L’ordre des clercs réguliers auquel il appartenait, dit « des Théatins » (teatini) en raison du siège épiscopal de Teate (Chieti) et fondé par saint Gaétan de Thiene, s’attachait à diffuser l’esprit de la Contre-Réforme dans les villes d’Italie, d’Espagne et d’Europe centrale.