Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
G

grimpantes (plantes) (suite)

Comme dans les cas précédents, le jeu de la pointe de la vrille effectuant des mouvements hélicoïdaux semble doué d’une certaine autonomie. Divers auteurs y voient un géotropisme latéral différent du géotropisme normal par son orientation. Mais on a pu mettre en évidence l’influence du tuteur sur les mouvements de circumnutation des vrilles de Passiflore ; celui-ci active la vitesse de déplacement de la pointe et perturbe le mouvement normal pour faciliter le contact. A. Tronchet a pu montrer sur une plante grimpante d’origine américaine, l’Eccremocarpus, des cellules capables de capter des stimuli tactiles et lumineux, et de déclencher l’enroulement autour d’un support. De même, certaines cellules épidermiques de Cucurbitacées portent des ponctuations tactiles très nombreuses ayant sans doute en même temps, comme les précédentes, des propriétés optiques. Après fixation, le contact avec le support serait déterminant pour provoquer la spiralisation de la vrille ; une irritation déclencherait des courbures, qui forment les spirales avec un point d’inversion entre les spires d’un sens et de l’autre.

Les organes en croissance rapide sont seuls détenteurs de ces diverses propriétés, et l’on pense que les gibérellines jouent un rôle important dans ces mouvements. (V. auxine.)

J.-M. T. et F. T.

grippe

Maladie infectieuse fréquente et contagieuse, évoluant par pandémies séparées par de petites épidémies ou des cas sporadiques.


La grippe est due aux trois types (A, B et C) de Myxovirus influenzœ, virus à acide ribonucléique monocaténaire (à une chaîne) et à symétrie hélicoïdale. C’est parfois une maladie redoutable du fait du virus lui-même (grippe maligne) ou des complications de surinfection (insuffisance respiratoire).


Épidémiologie

L’homme est le réservoir de virus le plus important. La maladie se transmet par contact interhumain à partir des malades, mais aussi à partir des sujets en incubation et des formes inapparentes. Le virus est retrouvé dans le mucus rhinopharyngé 48 heures avant le début et ensuite pendant une semaine au moins. La transmission est directe, mais aussi indirecte, favorisée alors par la brume et l’humidité.

La constitution antigénique des virus de la grippe a permis de distinguer les trois types A, B et C :
— les types B et C donnent de petites épidémies ou des cas sporadiques ;
— le type A comprend trois sous-types : A 0, A 1 et A 2, ce dernier responsable de la pandémie « asiatique » de 1958 ; les mutations fréquentes des virus du type A expliquent que les sujets puissent être atteints par les épidémies successives (A 2 Hongkong de 1968 était une variante antigénique des A 2 précédents).

Tous les sujets peuvent être atteints ; le nourrisson paraît protégé par les anticorps maternels, mais incomplètement, car l’immunité est spécifique du type de virus.


Signes cliniques


La grippe commune

Dans la grippe commune, l’incubation est silencieuse, le début brutal : malaise, céphalées, fièvre à 40 °C, douleurs diffuses. La fièvre reste élevée durant 4 à 6 jours ; elle s’associe à des manifestations respiratoires variées, isolées ou diffuses (pharyngite, catarrhe, bronchite).

L’évolution spontanée est généralement bénigne, et les signes cliniques régressent comme la fièvre, qui disparaît après une fréquente remontée passagère.

La grippe banale peut être atténuée (pharyngite simple) ou plus grave, avec des manifestations durables d’origine virale (à distinguer des surinfections), telles la pneumonie ou la péricardite.

Enfin, une symptomatologie digestive (« grippe intestinale ») ou méningée (simulant une méningite) peut être observée.


Les grippes graves

La grippe maligne, liée au virus seul, est le plus souvent mortelle en 48 ou 72 heures. Elle est dominée par les troubles respiratoires avec œdème pulmonaire souvent incontrôlable, favorisé par une atteinte cardiaque virale ; on peut également observer des signes hémorragiques et des manifestations encéphalitiques.

Les complications infectieuses sont fréquentes : dues au staphylocoque, au pneumocoque, au streptocoque ou au bacille de Pfeiffer, elles ont régressé depuis les antibiotiques, mais demeurent sévères chez les insuffisants respiratoires et les vieillards. À côté des surinfections des voies respiratoires supérieures de l’enfant (rhinopharyngites, otites et laryngites parfois très graves), elles sont représentées surtout par les complications broncho-pulmonaires (bronchites, broncho-pneumonies surtout).

Les défaillances cardiaques sont fréquentes au cours de la grippe chez les sujets âgés. La femme enceinte est également fragile, et la viabilité de la grossesse peut être mise en cause.

Le diagnostic biologique repose sur l’isolement du virus et sur la sérologie. En pratique, le diagnostic sérologique utilise :
— la réaction de fixation du complément, d’abord avec les antigènes spécifiques de type, puis avec des antigènes de sous-type ;
— la réaction d’inhibition d’hémagglutination (Hirst), qui a un grand intérêt pratique.

Deux titrages sont, dans tous les cas, nécessaires.

L’isolement du virus se fait par inoculation de prélèvement nasal ou pharyngé, en œuf embryonné ou en culture cellulaire. Après cet isolement, l’identification du virus est réalisée par la fixation du complément.

Ces méthodes ont pour intérêt essentiel de préciser les caractères antigéniques du virus responsable d’une épidémie : s’il s’agit d’un nouveau sous-type, il est possible de fabriquer un vaccin spécifique.


Traitement

Il n’existe pas de traitement curatif spécifique chimique. Le repos au lit, les antipyrétiques (aspirine), la vitamine C sont seuls indiqués. Il faut associer l’antibiothérapie en cas de surinfection.


Prophylaxie

La grippe a un grand retentissement économique : aussi de multiples travaux concourent-ils à sa prévention. La prophylaxie collective (désinfection, fermeture des écoles, etc.) est difficilement réalisable et peu efficace.