Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

Amérique latine (suite)

• Pays dont les secteurs de production présentent une grande diversité. Trois grands États offrent un type d’économie plus complète ; ce sont le Mexique, l’Argentine et le Brésil. Le principe de l’économie de matières premières reste ici largement valable, mais il s’est développé en même temps un important secteur d’économie moderne, où toutes les branches de la production industrielle sont représentées.

Ce développement de l’industrie, uniquement concentrée dans les zones urbaines et mal articulée sur le reste de l’économie, n’a cependant pas eu un véritable effet d’entraînement permettant d’enrayer le sous-développement. La production industrielle, mal adaptée aux exigences du marché national, ne suffit pas à absorber une main-d’œuvre de jour en jour plus nombreuse. Elle reste, d’autre part, tributaire des capitaux étrangers.


Les grands ensembles régionaux

La combinaison de ces différents découpages (grands ensembles naturels, grands ensembles politico-économiques) permet de dégager un certain nombre d’ensembles régionaux, qui sont dus à l’interaction des conditions naturelles, des modalités historiques de mise en valeur et des conditions économiques actuelles. On peut ainsi distinguer quatre types de régions :

• Les régions vides, dominées par la nature. C’est le cas de l’Amazonie, des plaines du bassin de l’Orénoque, du Grand Chaco, du massif des Guyanes, de l’intérieur du plateau brésilien et enfin de la Patagonie. Le potentiel économique de ces régions reste inexploité en raison du caractère répulsif du milieu naturel et de la faiblesse numérique des groupements humains. La mise en valeur, sporadique et précaire, se réduit le plus souvent à un élevage extensif de bovins ou d’ovins (bassin de l’Orénoque, Grand Chaco, Patagonie). C’est dans ce type de régions que subsistent quelques tribus nomades d’Indiens, qui vivent de la chasse et de la cueillette.

• Les régions spéculatives. Il s’agit des régions où prévaut une « économie de matières premières » organisée en fonction de l’exportation : régions de plantation sur la base d’une monoculture (cacao de l’État de Bahia par exemple) ; régions d’élevage extensif, comme dans le Mato Grosso ou le Paraguay ; exploitation minière, comme les plaines désertiques du nord du Chili.

• Les régions d’économie traditionnelle. Il s’y maintient un précaire équilibre entre l’homme et la nature. Les hautes terres andines et le Nordeste brésilien, par exemple, restent sous le joug des structures économiques et sociales héritées de la colonisation, et se caractérisent par la misère d’une masse rurale analphabète au service des grands propriétaires fonciers.

• Les régions de croissance. Il s’agit le plus souvent de zones urbaines, qui apparaissent comme des pôles d’activités modernes. À Caracas ou à Lima, à Mexico, ces foyers urbains restent isolés ; ils attirent de nombreux ruraux sans pour autant les absorber tous dans des activités productives ; ils n’aboutissent pas à un développement véritable sur le plan national. Dans le sud-est du Brésil s’organisent de véritables régions de croissance grâce au développement des activités industrielles dans les trois grandes villes de São Paulo, de Rio de Janeiro et de Belo Horizonte. On assiste déjà à une certaine transformation des structures agraires dans les zones environnantes. Mais cela concerne essentiellement la ceinture suburbaine, et les dangers de la monoculture d’exportation subsistent encore dans le reste de ces régions. Buenos Aires et la Pampa offrent également l’image d’une économie mieux articulée et modernisée. Dans toutes ces régions, pourtant, l’afflux des migrants, qui viennent des autres parties du territoire national, maintient une situation de sous-emploi partiel et de grande misère.

Il apparaît donc que le sous-développement pèse sur l’ensemble de l’Amérique latine. Même les zones d’activités industrielles ne peuvent se comparer à celles des pays européens, car elles s’inscrivent au sein d’une situation économique et sociale caractéristique des sociétés sous-développées, impliquant l’exode des masses rurales vers les grandes villes, un accroissement démographique accéléré, un sous-emploi chronique et surtout des structures sociales archaïques et contraignantes ; autant d’éléments qui non seulement contribuent à compromettre les conséquences de cette croissance, mais encore qui rendent chaque jour plus inquiétants les grands problèmes qui pèsent sur l’Amérique latine.

Le marché commun centre-américain

Il regroupe les cinq pays de l’isthme membres de l’Organización de Estados Centro Americanos (ODECA) : Guatemala, Honduras, Salvador, Nicaragua et Costa Rica. Il intéresse 14 millions d’habitants.

Les étapes de sa formation

Bien que l’idée d’un marché commun ait été émise lors de la fondation de l’ODECA en 1951, ce n’est qu’en 1958 que s’inaugure la phase des réalisations pratiques, par la signature, à Tegucigalpa (Honduras), d’un traité multilatéral de libre-échange, qui instaure une zone de libre-échange pour une liste de marchandises négociées. Dès février 1960, les leaders de l’intégration (Salvador, Guatemala et Honduras) signent à trois le traité d’association économique. C’est le précurseur du traité général d’intégration économique, signé en décembre 1960, à Managua (Nicaragua), traité qui marque la naissance effective du marché commun. Celui-ci repose sur deux piliers : le commerce libre des marchandises originaires du territoire de « Centre Amérique », et une frontière douanière commune vis-à-vis des produits du reste du monde. Après de longues hésitations, le Costa Rica y adhère en 1962 et le code des douanes commun aux « Cinq » entre en application en 1965.

Les organes institutionnels

À la tête de l’exécutif, le Comité de coopération économique de l’isthme exerce ses fonctions depuis 1952. Il est devenu l’organisme conseiller et directeur du processus d’intégration. Il est subdivisé en sous-comités pour le commerce, les initiatives industrielles, le logement, l’agriculture. Il confie l’exécution de ses recommandations à deux conseils : le Conseil économique et le Conseil exécutif.