Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
G

greffe (suite)

La connaissance des mécanismes immunologiques du rejet des greffes permet un meilleur choix des donneurs grâce aux tests d’histocompatibilité, essentiellement fondés sur les groupes érythrocytaires et leucocytaires, et entrés dans la pratique courante. Les greffes et les transplantations imposent aussi le recours aux thérapeutiques immunosuppressives, dont le maniement reste délicat. Alors qu’il est impossible, pour l’instant, de supprimer totalement, sans risques, l’action des systèmes de défense immunitaire du receveur, la conjugaison d’une approche rigoureuse des compatibilités tissulaires et de la chimiothérapie immunosuppressive permet d’obtenir des résultats très satisfaisants, notamment dans le domaine des transplantations de reins.

P. V.

Grégoire de Nazianze (saint)

Père de l’Église grecque (Arianze, près de Nazianze, en Cappadoce, v. 330 - id. v. 390).


Grégoire de Nazianze, l’ami de Basile* et de Grégoire* de Nysse, appartient comme eux à l’aristocratie de Cappadoce, qui, en ce ive s., donne à la province ses évêques.

Son père, prénommé également Grégoire, adepte d’une secte judéo-païenne, se convertit au christianisme en 325 sous l’influence de sa femme Nonna. En 329, il est élu évêque de Nazianze. Il a déjà deux enfants : une fille, Gorgonie, qui se maria, et un garçon, Césaire, qui devint médecin.

Vers 330 vient s’ajouter un autre garçon, Grégoire. Il naît à Arianze, propriété de campagne de la famille. C’est un enfant bien doué, à qui on fera faire de bonnes études dans les universités, alors célèbres, de Césarée, d’Alexandrie et d’Athènes, où il se lie d’amitié avec Basile, le futur évêque de Césarée de Cappadoce. Son père, qui vieillit, souhaite l’avoir comme collaborateur. Grégoire n’ose le contrarier et se laisse ordonner prêtre (361 ou 362). Mais, après réflexion, il estime qu’on lui a fait violence en lui imposant le sacerdoce. Aussi, abandonnant son église, il se réfugie sur les bords de l’Iris, dans le Pont, auprès de Basile qui vient y fonder une communauté de moines. Il n’y restera pas longtemps. De nature émotive, il est de ceux que leur tempérament inquiet empêche de se fixer.

En effet, la vague des luttes ariennes a aussi atteint la petite ville de Nazianze. Le père de Grégoire a eu l’imprudence de signer une formule dite « de conciliation », celle du concile de Rimini (359) ; en réalité, elle n’est qu’un arianisme mitigé. Des troubles ont éclaté à l’instigation de quelques moines. Grégoire, théologien cultivé et habile, rétablit le calme et, par une nouvelle déclaration, orthodoxe celle-là, ramène la bonne entente.

En 370, Basile est nommé évêque de Césarée de Cappadoce : soucieux d’avoir dans sa province des évêques sur lesquels il puisse compter pour l’orthodoxie de la foi, il conçoit le projet de mettre Grégoire à la tête de l’évêché de Sasima (372). Grégoire, assez hésitant, consent à se laisser sacrer évêque. Sasima était, comme il l’écrira plus tard, « une bourgade misérable et tout à fait détestable », où les difficultés ne manquaient pas. Le nouvel évêque refuse de s’y rendre, il se retire dans la solitude, d’où le ramènent les instances familiales. Revenu à Nazianze, il assume les fonctions d’évêque auxiliaire jusqu’à la mort de son père en 374. Mais il ne désire pas lui succéder et se borne à assurer les affaires courantes. La perte de sa mère lui porte un nouveau coup ; sa santé n’est pas très bonne. Il quitte Nazianze, où plus rien ne le retient, et va chercher la paix chez les moines de Séleucie Trachée, en Isaurie.

La bataille d’Andrinople, en 378, dans laquelle périt Valens, va changer les destinées de l’Église d’Orient. À l’empereur, qui favorisait l’arianisme, succède un Espagnol orthodoxe, Théodose*. Les chrétiens de Constantinople font appel à Grégoire pour rétablir la vraie foi dans la capitale, où pendant quarante ans les seuls évêques ariens ont fait la loi. Grâce à l’appui de l’empereur, qui rend aux chrétiens orthodoxes les églises confisquées au profit des ariens, Grégoire se trouve être, de fait, évêque de Constantinople. De cette époque datent ses meilleurs discours, qui lui vaudront le titre de « Grégoire le théologien ». Le concile de Constantinople de mai 381 reconnaît et affermit ses droits.

Pourtant, en juin de la même année, Grégoire se démet de ses fonctions. L’opposition des jeunes évêques du concile à certaines de ses prises de position et les contestations des évêques d’Égypte et de Macédoine le remplissent d’amertume.

Revenu à Nazianze, diocèse toujours sans évêque depuis la mort de son père, il y exerce pendant deux ans la charge épiscopale, jusqu’à ce qu’il ait trouvé quelqu’un pour lui succéder. Puis il se retire à Arianze, la propriété de famille où il est né. Durant les sept années qui lui restent à vivre, il écrit, compose des poèmes, parle beaucoup de lui et de ses états d’âme.

I. T.

➙ Chrétiennes (littératures) / Église catholique / Patrologie.

 E. Fleury, Hellénisme et christianisme. Saint Grégoire de Nazianze et son temps (Beauchesne, 1931). / P. Gallay, la Vie de saint Grégoire de Nazianze (Vitte, Lyon, 1943) ; Grégoire de Nazianze (Éd. ouvrières, 1959). / H. F. von Campenhausen, Griechische Kirchenväter (Stuttgart, 1955 ; trad. fr. les Pères grecs, Éd. de l’Orante, 1963). / V. Tatakis, la Contribution de la Cappadoce à la pensée chrétienne (Institut français, Athènes, 1960). / R. R. Ruether, Gregory of Nazianzus, Rhetor and Philosopher (Oxford, 1969).

Grégoire de Nysse (saint)

Père de l’Église grecque (Césarée de Cappadoce v. 335 - Nysse v. 394).


Membre de cette célèbre famille cappadocienne d’où sont issus tant de personnages éminents du christianisme oriental, Grégoire de Nysse est toujours situé par les historiens dans le rayonnement de son frère Basile* le Grand.

Il naît quelque cinq ans après Basile. Sa famille ne fait pas pour ses études autant de frais que pour son aîné. Il tient le meilleur de sa formation, comme il le dira lui-même, de son père, Basile le Rhéteur, et de son frère Basile.