Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

Amérique latine (suite)

• L’Amérique centrale et les Antilles. Il est difficile de dégager des traits généraux dans cette région, où le relief est très morcelé. On peut distinguer cependant, dans l’arc des petites Antilles ou dans les cordillères de Panamá et de Costa Rica, le prolongement de la cordillère des Andes, tandis que les hautes terres du Guatemala et les zones plus tabulaires du Honduras ou de Cuba sont le prolongement des ensembles topographiques du Mexique du Sud.


Les grandes régions climatiques

L’étalement en latitude explique la grande variété de régimes climatiques. Il faut, cependant, souligner que la majeure partie des terres est affectée par des climats équatoriaux et tropicaux, alors que les climats subtropicaux et tempérés ne se manifestent qu’au sud du Brésil, c’est-à-dire à un moment où le continent se rétrécit rapidement, n’offrant que de faibles superficies aux climats non tropicaux. Les particularités du relief, combinées au jeu des différentes masses d’air, déterminent à l’intérieur de ce vaste ensemble tropical des zones climatiques très diverses.

• Le climat équatorial. Il affecte essentiellement le bassin amazonien, le bassin de l’Orénoque supérieur et la partie sud du massif des Guyanes. Ces régions sont toute l’année sous l’influence des masses d’air équatoriales ; aussi, les températures sont-elles toujours élevées, avec une moyenne annuelle qui se situe autour de 26-27 °C ; les amplitudes sont très faibles : 1,6 °C à Belém, 1,7 °C à Manaus. Les pluies, abondantes, se répartissent sur toute l’année (2 804 mm à Belém, répartis sur 250 jours) ; l’humidité est toujours très forte (86 p. 100 à Belém).

• Le climat tropical à saison sèche. Il constitue le deuxième grand type. Les températures moyennes restent élevées (de 20 à 28 °C selon la latitude et l’altitude) ; les amplitudes annuelles restent faibles, bien que marquées : 6,6 °C à Santos. Ce climat présente des aspects variés selon les régions. Du sud du Mexique jusqu’au nord de l’Amazonie, la saison sèche se situe de novembre à mars et correspond à l’hiver de l’hémisphère Nord.

Les petites Antilles offrent deux esquisses de saison sèche, dont l’une se situe en hiver et l’autre, nettement plus petite, aux mois de juillet et d’août. Mais, dans cette zone de l’hémisphère Nord, la différenciation climatique majeure réside dans l’opposition du versant atlantique et du versant pacifique : en effet, le versant atlantique reçoit les plus fortes précipitations, apportées par les alizés de l’hémisphère Nord, alors que le versant pacifique est protégé par les altitudes élevées de la plupart des terres de l’Amérique centrale : les précipitations peuvent ainsi varier de 2 500 mm à 1 500 mm dans les zones protégées.

Dans son ensemble, le plateau brésilien est affecté par un climat tropical à saison sèche, présentant des différences sensibles selon les régions : la zone côtière atlantique reçoit d’abondantes précipitations de novembre à mai ; la saison sèche, bien que sensible, n’est jamais dépourvue de pluies. À cette zone s’oppose l’intérieur du plateau, qui, de juin à septembre, ne connaît que d’infimes précipitations : moins de 20 mm et parfois même moins de 10 mm par mois.

Le Nordeste brésilien peut déjà être classé dans les climats semi-arides du fait de l’irrégularité de la distribution des pluies selon les années : lorsque le front intertropical n’atteint pas la région, celle-ci ne reçoit pratiquement pas de pluies d’été ; l’hiver, les dépressions issues du front polaire ne l’atteignent que rarement ; aussi, le Nordeste brésilien connaît-il parfois des séries d’années sèches, engendrant la misère et l’exode.

• Les climats arides et semi-arides. Le premier ensemble, caractérisé par une grande insuffisance des précipitations, recouvre la grande région du nord du Mexique : la zone pacifique de la basse Californie est presque totalement désertique ; les plateaux intérieurs, encore très secs, connaissent un total pluviométrique annuel inférieur à 500 mm ; du fait de leur altitude, les hautes chaînes reçoivent des précipitations plus abondantes. Un second ensemble, franchement désertique, est constitué par les côtes du Pérou et du Chili septentrional : l’aridité est liée ici à la présence de la masse d’air sec de l’anticyclone tropical pacifique, maintenu en permanence sur les régions. Dans les hauts bassins des Andes centrales, l’aridité relève davantage de l’altitude. La partie est du Chaco présente également un climat semi-aride, mais avec quelques pluies d’été, qui se raréfient vers l’est. Dans les régions préandines de la Pampa, c’est au contraire l’hiver qui connaît quelques précipitations, grâce aux dépressions nées au niveau du front polaire. Enfin, la barrière andine, qui fait écran aux grands vents d’ouest, explique le caractère aride de la Patagonie.

• Les autres climats. Ils n’affectent que des zones de superficie réduite dans la partie méridionale de l’Amérique du Sud. Le sud du Brésil, l’Uruguay et le nord-est de l’Argentine connaissent un climat subtropical humide, avec des pluies d’été et d’hiver, et parfois de violents coups de froid. Un climat méditerranéen affecte une mince bande côtière qui va de Santiago à Valdivia, avec un été chaud et sec et un hiver frais et humide. L’étroite bande côtière du Chili méridional, au sud de Valdivia, reste toute l’année sous l’influence des dépressions issues du front polaire pacifique et, par suite, connaît un climat océanique avec des précipitations abondantes et des températures assez basses.

• Les climats de montagne. Outre l’influence qu’elles ont sur le climat des autres régions, les Andes constituent un ensemble où les conditions climatiques générales sont perturbées et les températures systématiquement abaissées du fait de l’altitude. On passe ainsi, au niveau des Andes de l’Équateur, d’un climat très chaud au pied des versants à un climat chaud jusque vers 2 000 m d’altitude, puis à un climat tempéré de 2 000 à 3 500 m, à un climat froid vers 4 000 m et à une zone de neiges éternelles à partir de 5 000 m.