Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
G

Grèce (suite)

Après la Seconde Guerre mondiale, la Grèce reprend son évolution. Certains artistes bénéficient de bourses et parfois s’installent à l’étranger. Des livres d’art circulent ; quelques expositions de caractère international sont présentées à Athènes (Léger, Matisse, Moore, l’école de Paris, la peinture américaine, etc.) et deviennent des points de repère pour les jeunes. Une période de grande fermentation s’ouvre dans deux directions : d’un côté, la recherche de la « grécité », avec des peintres comme N. Nikoláou (né en 1906), G. Móralis (né en 1916), G. Sikeliótis (né en 1917), le graveur V. Katráki (née en 1914), les sculpteurs Kh. Kaprálos (né en 1909), A. Sókhos (né en 1888), etc. ; de l’autre, l’aventure sur des chemins de l’art moderne, avec les peintres A. Kondópoulos (né en 1905), G. Spyrópoulos (né en 1912), Kh. Lefákis (1906-1968), A. Tsínghos (Tsingos) [1914-1965], G. Maltézos (né en 1915), N. Sakhínis (né en 1920), Kh. Karás (Caras) [né en 1930], etc., les sculpteurs G. Zogolópoulos (né en 1903), A. Apérghis (Apergis) [né en 1909], K. Loukópoulos (né en 1908), A. Myloná (née en 1923).

Maintenant que les frontières géographiques ne constituent plus de limites strictes pour l’évolution culturelle des peuples, les artistes de la « dispersion » représentent un capital important de l’art grec contemporain. Des artistes grecs vivent en France, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Italie, en Espagne, aux États-Unis, tels les peintres M. Prassinos (né en 1916), Danil (né en 1924), J. Gaïtis (né en 1923), N. Georgiadis (né en 1925), J. Christoforou (né en 1921), D. Perdikidis (né en 1922), Nikos (né en 1930), Pavlos (né en 1930), V. Caniaris (né en 1928), C. Tsoclis (né en 1930), C. Xenakis (né en 1931), J. Kounellis (né en 1936), les sculpteurs J. Avramidis (né en 1922), C. Andreou (né en 1917), C. Coulentianos (né en 1918), Philolaos (né en 1923), G. Sklavos (1927-1967), Takis (né en 1925), Theodoros (né en 1931), etc. Si l’art grec contemporain n’a pu suivre un parcours cohérent et se présenter sur la scène européenne avec une personnalité claire, s’il se perd dans la diversité, cela constitue aussi sa vérité, qui est l’image d’un peuple vivant, aux prises avec sa destinée.

K. A.

 A. Procopiou, Histoire de l’art, 1750-1950 (en grec, Athènes, 1969). / T. Spiteris, Arte dopo il 1945, Grecia (Bologne, 1971).


Les grands moments de l’histoire grecque ancienne


V. 1200 av. J.-C. : invasions doriennes

Vers 1200, les Doriens*, peuples indo-européens, vinrent s’installer en Grèce et y supplanter la civilisation brillante des Achéens*, qui les avaient précédés. C’est le début de ce que l’on appelle le Moyen Âge grec, qui n’est, en fait, que la maturation d’un génie propre à un peuple qui avait besoin de digérer les acquisitions des périodes précédentes pour bâtir une civilisation originale qui saura s’imposer peu à peu à l’ensemble de la Méditerranée.


776 : fondation des jeux Olympiques

Quelque divisés que fussent les Grecs au long de leur histoire, ils surent toujours trouver des centres de rassemblement : les jeux Olympiques, célébrés en l’honneur de Zeus, furent l’un des endroits où s’affirmèrent la vigueur du peuple grec et sa foi dans la valeur de sa civilisation.


V. 750 : débuts de la colonisation vers l’Occident

À la fin du Moyen Âge grec commença une période d’expansion du peuple grec. Les cités étouffaient dans un cadre trop étroit, qui laissait peu de place à l’initiative individuelle. Pour se donner de l’air, bien des gens préférèrent émigrer peu à peu ; les États, se rendant compte de l’utilité de semblables expéditions, les organisèrent et les patronnèrent, soutenus souvent par l’oracle de Delphes*, qui, au nom de la solidarité panhellénique, se voua à un rôle de conseiller des fondateurs de villes nouvelles. Si le mouvement de colonisation fut provoqué par des tensions sociales existant à l’intérieur des États, il hâta par contrecoup le développement d’une classe de marchands qui fit évoluer avec rapidité la cité grecque.


V. 740-668 : guerres de Messénie

La cité de Sparte* ne fit que très lentement son unité. Les Spartiates étaient installés en Laconie depuis l’époque des invasions doriennes, mais ce n’est qu’au viiie s. av. J.-C. qu’ayant mis en usage la Constitution dont ils firent à Lycurgue l’honneur d’être l’initiateur ils purent envisager de mettre la main sur les riches terres de Messénie, nécessaires à leur survie. Durant la seconde campagne (682-668), un nouvel art de la guerre, rompant avec la tradition individualiste du héros toujours prêt à rechercher l’exploit personnel, fit du soldat l’élément discipliné d’une phalange où chacun protégeait son voisin et trouvait assistance auprès de lui : ce type de combat d’hoplites lourdement armés sera adopté par chaque cité, et son extension accompagnera l’évolution sociale de l’aristocratie à une sorte de gouvernement de tous ceux qui pouvaient faire les frais d’une armure.


V. 657 : Cypsélos, tyran à Corinthe

À Corinthe*, vers 657, Cypsélos instaura la tyrannie aux dépens de l’aristocratie des Bacchiades. (Ce terme de tyrannie désigne un gouvernement personnel parfois violent, mais exercé en général pour le bénéfice du peuple.) Sous son autorité et celle de ses successeurs, Corinthe développa son activité économique, participa avec succès à la colonisation de l’Occident et devint ainsi le principal centre de la vie économique en Grèce, aidée en cela par sa position unique (sur l’isthme).


V. 594 : Solon, archonte à Athènes*

La législation de Dracon (seconde moitié du viie s.) avait donné aux Athéniens les premiers éléments d’un droit positif dont chacun pouvait se réclamer : c’était faire cesser le règne du bon plaisir des chefs de familles nobles. Solon*, archonte doté de pouvoirs extraordinaires, sut limiter encore leur puissance en abolissant les privilèges de la naissance au profit d’une organisation timocratique.